27 août 2008

Fin

Je ne voudrais pas tomber dans le lacrymalo-larmoyant sirupeux, ni dans le "soyons digne, restons fort, ne faiblissons pas" mais j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Quoi? Qui? Où? Quoi? Comment? Qu'est-ce? Une mauvaise nouvelle? Laquelle? Christian Jeanpierre continue de commenter les matchs de foot sur TF1? Non, amis lecteurs, pire que ça. Julien Courbet présente une émission sur France 2? Non, encore plus affligeant. Stieg Larsson a eut le temps d'écrire un quatrième tome de Millenium avant sa mort?Ah non, pitié, mes chers amis, déjà que les trois premiers sont les livres les plus ennuyeux et les plus mal écrits que j'ai lu depuis lontemps, j'espère bien qu'aucun manuscrit ne sera retrouvé par une veuve éplorée au fond d'un tiroir poussiéreux (sérieusement, si vous n'allez pas encore lu les insipides Millénium, surtout, ne les achetez pas, en plus c'est très cher. C'est très mauvais, on dirait une version papier de "L'Inspecteur Derrick". Du reste, ce n'est pas très étonnant, ce mauvais bouquin suédois, comme disait Proust, ou Rika Zaraï, je ne sais plus très bien: "les bons auteurs scandinaves, on peut les compter suédois d'une main"). Alors, quoi? Les Russes ont franchi le Rhin? BHL a commis un nouvel article sur le conflit géorgien? Christine Angot va nous vendre pendant des mois son dernier livruscule? Jean-Michel Aphatie est devenu communiste?Yves Calvi a perdu deux cheveux sur le front? Marianne a refait un numéro spécial "Sarkozy et les épagneuls bretons, enquête sur une relation trouble-Show bizz: révélations sur les folles soirées des stars à Maubeuge-François Bayrou est-il un héros courageux dans la droite lignée de Jeanne d'Arc, Napoléon et Charles de Gaulle? Le témoignage exclusif de Régis Debray et le sondage CSA/Marianne-Les politiques le taisent, les médias le cachent: le scandale des petits suisses avariés, Ségolène Royal prend position-Ils disent n'importe quoi et ne le reconnaissent jamais: les prévisionnistes de "Paris-Turf"-Et notre supplément spécial été: philosophie et érotisme, Nietzche aimait-il les blondes? Editorial spécial de Maurice Szafran" ? Alain Rémond va arrêter d'écrire? Mais non, voyons, pas si grave, tout de même. Alors, vous ne voyez pas? Bien, puisque vous êtes aussi lent à comprendre qu'un athlète français à terminer sa course sur une piste de course d'un stade pékinois, je vais vous le dire clairement: ce blog va s'arrêter.


Oui, je sais, dis comme ça, c'est un brutal, mais que voulez-vous, en ces périodes de crise et de récession, de guerre froide, et de croisade en Afgahnistan, que voulez-vous, il faut être franc et direct. Oui, mes amis, une bifurcation imprévue dans cette longue route sinueuse de ma vie, où je marche les dos courbé par le vent mauvais qui m'emporte de ça de là, pareil à la feuille morte, poussé par le souffle incandescent du Destin triomphant, guidant mes pas vers le gouffre obscur de nos vanités mortelles, cette longue route où le chemin est droit, mais la pente est forte, putain, c'est beau comme du Frederic Beigbeder, suivi d'un seul housard que j'aimais entre tous pour sa grande bravoure et pour sa haute taille, car Booz s'était couché, de fatigue attablé, mais combien de marins, combien de capitaines qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, et jamais un coup de dés n'abolira le hasard,souvent sur la montagne à l'ombre du vieux chêne, au coucher du soleil, tristement je m'assieds, ô temps, suspends ton vol!Un seul être vous manque et tout est dépeuplé! Mais Ronsard me célébrait, du temps que j'étais belle, et d'ailleurs, mignonne, allons voir si la rose ce matin avait déclose, et nous partîmes cinq cent, mais par un prompt renfort, nous fûmes trois mille en arrivant au port, Rodrigue, as-tu du coeur? France mère des arts, quand reverrai-je hélas, de mon petit village fumer la cheminée, et la bobillette cherra? Car souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,et puis un loup qui n’avait que les os et la peau tant les chiens faisaient bonne garde, ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde et lui tint à peu près ce langage :« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage,vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. » -C'est un peu court, jeune homme, répond Monsieur du Corbeau, car au village, sans prétention, j'ai mauvaise réputation, et longtemps je me suis couché de bonne heure, parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite, que je n'avais pas le temps de dire: "je m'endors", j'ai traversé le pont de Cé, et dans les rues de la ville, il y a mon amour, puisque ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale, et demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai, mais sur le tableau noir du malheur, je dessine le visage du bonheur, car sur mes cahiers d'écoliers, j'écris ton nom, liberté.


Bref, aussi brusque et éprouvant que cela puisse paraître (enfin, n'exagérons rien), comme je le disais avant que d'obscurs souvenirs lagarde-et-michardiens ne m'assaillent (ça me fait penser: allez visiter le Quai Branly, si vous avez l'occasion, le batiment est très beau, et il y a des superbes masques de guerriers massaïs, c'est magnifique et faussement naïf comme un livre de Kundera), un changement imprévu dans le cours de ma modeste existence (rien de grave, hein, au contraire) m'oblige à quitter quelques temps mon doux sol natal, me privant d'un accès régulier et facile aux joies immenses de cette terra incognita obscure mais merveilleuse qu'est l'informatique, sans laquelle, malheureusement, je ne puis entretenir la flamme du philorémondisme triomphant, bon dieu que cette phrase est longue, tout ça pour dire, enfin, que le seul et unique blog francophone exclusivement consacré à Alain Rémond (attention, moment d'auto-satisfaction intense) ne sera plus alimenté avec cette rigueur hebdomadaire et cette ponctualité légendaire qui faisait toute sa réputation, espaçant ainsi son rythme de publication, à des fréquences mensuelles, voire pluri-annuelles (est-ce une tautologie?a vous de voir), seulement pour les grands évènements rémondiens, parutions de livres, passages télés, envies soudaines et irrépressibles de raconter ma vie à mes amis lecteurs, etc, . Pardon, lecteurs, vous qui me lisez depuis déjà de longs mois, pardon de vous abandonner ainsi, et, ayant toujours à l'esprit le soutien que vous m'avez témoigné dans cette trop brève aventure, je m'aplatis de remords et d'humilité devant vous, comme un président français devant son homologue chinois. Oui, pardon, à toi, lecteur inconnu et plus ou moins anonyme derrière son écran d'ordinateur, pardon à toi Alain Rémond, qu'une imprudence folle me pousse çà tutoyer, et qui ne mérite pas une telle défection, pardon à toi aussi Jean-Edmond Le Crouchard, flamboyant président du Haut Conseil pour le Rayonnement Intergalactique d'Alain Rémond, dont j'ai oublié depuis bien longtemps de donner des nouvelles, comme me le faisait récement remarquer un lecteur fidèle, pardon à toi Nicolas Sarkozy, à toi François Fillon, humbles et magnifiques chevaliers triomphants de l'hydre socialo-bolchévique, dont j'ai souvent (soyons honnêtes) sous couvert de feinte admiration, égratigné la couche d'or fin recouvrant votre statue impériale au Panthéon des Grands Français Immortels, pardon à toi, Guy Konopnicki, pardon à toi Jean-François Kahn,qu' une lâche bassesse, qu' une immonde mesquinerie m'ont poussé à quelque fois vous tournés en dérision, oui, pardon, pardon à tous ceux que j'ai pu horripilé, fâché, vexé, mécontenté. Mais merci à vous, qui me lisez. Merci à toi, Marcel Gotlib, pour tout ce que j'ai appris à ta lecture. Connaissez vous, au moins, Marcel Gotlib, bande de petits chenapans? C'est un vieux monsieur, (eh oui, je l'ai rencontré, que croyez-vous, héhé, j'ai des relations), un vieux monsieur avec un affreux accent parisien, qui faisait, il y a longtemps, des bandes dessinées, dont les lectures successives et répétées de ma part n'arrivent pas à leur enlever le caractère hautement comique qui s'y attache, me plongeant, pour chacune de leurs cases, dans un état proche de l'hilarité furieuse. Je le dis, je le pense, Marcel Gotlib est, (avec Alain Rémond, of course), un monument de l'humour français. Il a un regard absurde sur la vie et s'amuse perfidement à détruire patiamment chacun des petits mythes de son pays. Cela vient peut-être du fait, que à l'âge de huit ans, il vit son père raflé par notre bonne gendarmerie française (Monsieur Gotlib avait bien entendu été préalablement dénoncé par un voisin, un honnête citoyen, un certain Bruce Horteufoux, je crois). Que voulais-je bien dire en parlant de Gotlib? Pas grand chose, simplement lui rendre hommage, parce qu'enfin, si l'on ne peut parler des choses et des gens que l'on aime sur son blog, à quoi ça sert, un blog, hein, je vous le demande? Je vous ai donc mis, comme vous pourrez le constater, quelques planches de ce génial dessinateur, cliquez dessus pour un gros plan (oui, je sais, elles sont affreusement estropiées, on dirait un budget de la Sécu après un plan de rigueur, mais bon). Oui, amis lecteurs, je pourrais vous parler encore un peu de Marcel Gotlib, Pierre Desproges, Ben Schott, Jean-François Zygel, Chris Esquerre, ou même de mon voisin, qui est au moins aussi épatant que ces cinq-là. Mais voilà, le devoir m'appelle, et le train sifflant s'avance en gare. Et bien, mes amis, ce sera, je crois, le mot de la fin.


Pas terrible, comme chute, non?






24 juin 2008

Poste

Pour ce qui sera ma dernière chronique avant un repos estival bien mérité (selon mon point de vue, du moins, vous je ne sais pas ce que vous en pensez), je n'aborderai pas, comme d'ordinaire, un grand sujet de société, un thème de l'actualité politico-médiatique, et je ne ferai pas de commentaires sur la dernière chronique d'Alain Rémond.

Non, aujourd'hui, l'enjeu sera plus modeste. En effet, j'ai vécu lundi dernier une curieuse aventure que je m'en vais vous narrer pas plus tard que maintenant.

Ca se passe vers la fin de la matinée, à 11h 17, environ. Le lieu du drame est une agence de La Poste, tout à fait banale. Les différents protagonistes de cette étrange affaire sont (dans l'ordre d'apparition) moi-même, une dame, un couple de personnes âgées et une employée de La Poste, et peut-être aussi le Dieu de la Malchance.

Nous sommes donc lundi à 11h17. Devant poster une grosse enveloppe marron volumineuse avec tout un tas de papier dedans, je franchis d'un air tranquille le seuil de l'agence postale. Jusqu'à récemment, n'étant pas très au courant des différentes modalités d'achat de timbre, je devais, d'un air contrit, soupirant, grognant contre la Vénérable Institution du Courrier, patienter de longues minutes dans une file d'attente sinistre composée de clients d'aussi bonne humeur que moi, attendant que l'unique guichet sur les trois prévus soit libre. Bref, un cauchemar, pire qu'un match France-Italie.

Or, je me suis aperçu il y a peu de temps de l'existence d'une sorte de machine magique, atteignable sans file d'attente à rallonges, qui vous donne joyeusement une petite vignette spécialement adaptée au poids exact de votre lettre. Merveilleuse invention, plus belle découverte humaine depuis peut-être l'ouvre-boîte.

C'est donc avec un esprit libre et dégagé que je m'approche de ladite machine. Première tuile: il y a une dame devant moi. Pas grave, pensai-je naïvement, c'est l'affaire de trois minutes maximum. Je mesure à présent combien la vie réserve un lot incroyable d'affreuse déception. Car l'achat par cette dame de son malheureux timbre se doubla de complications si ténébreuses, que j'hésite à vous en faire le récit ("j'hésite", certes, mais pas top longtemps quand même parce que c'est un excellent sujet de chroniques).

La dame, en effet, a beau mettre une pièce de un euro pour payer son timbre à 0,52 euros, dans le petit espace prévu à cet effet, puis valider sur l'écran tactile, la pièce en question retombe immédiatement dans la fosse où, normalement, la dame devrait trouver sa monnaie, et son timbre.

Elle a beau recommencer, re-recommencer, re-re-recommencer, rien n'y fait, toujours rien, sa lettre reste désespérément privé de son oblitération idoine.

Je raconte comme ça, d'un air détaché, mais la dame, et moi-même, n'avions pas franchement le sourire devant cette incompréhension de la Machine pour l'Homme.

Sur ces entre faits, entrée de nouveaux personnage. Fin de l'Acte I, début de l'Acte II.

C'est un couple de personnes d'un certain âge. D'un point subjectif et extérieur, l'homme paraît très remonté, la femme, plutôt agacée.

L'homme s'approche de la dame à la machine. Ca ne sert à rien de s'acharner, explique-t-il posément, la machine, par un sort extraordinaire, refuse de rendre la monnaie. Il faut donc mettre le compte exact , ce que l'homme désigne sous le terme ancestral de faire l'appoint. C'est pour cette raison, continue-t-il, qu'il revient lui-même du marchand de journaux, où il a réussi à obtenir des pièces de centime pour arriver pile poile à la somme due, et donc, si cela ne dérange pas le monsieur (moi) ni la dame (la dame), il voudrait bien passer devant.

Or, je dois dire que la dame, de façon assez compréhensible, ne se laisse pas marcher sur les talons. Elle réessaie encore deux ou trois fois, arguant qu'il y a écrit en gros "cette machine rend la monnaie", ce dont ladite machine semble se glorifier justement avec assez peu de dignité. Le couple de personnes âgées s'énerve, eux, ils ont l'appoint, le mari rouspète, la femme ronchonne. Notre problème attire l'attention de toute la Poste.

Là, entrée du dernier protagoniste: une employée qui rentre justement à ce moment-là. Elle vient de la banque. Comment? La machine ne marche pas? A mais oui bien sûr, s'écrit elle en souriant, il n'y a plus de monnaie! Elle revient précisément de la banque, où elle est allé en chercher!

Et d'un sourire légèrement condescendant, elle toise la dame et le monsieur, dont elle moque la persévérance et l'incompréhension devant le refus de coopérer de la machine, et peste contre nous-mêmes, clients qui râlons pour un rien, renversement des rôles légèrement curieux. "PTT, Petit Travail Tranquille", ironise dans un souffle le monsieur, qui peut enfin, après quelques manœuvres techniques, acheter son timbre (poli, je le laisse passer après la dame). Moi même, je suis ravi, 20 mn après mon arrivée, d'entendre le bling-bling des pièces de ma monnaie sur le métal froid de la machine, tout droit sorti d'un casino monégasque.

Conclusion sur cette historiette: la Poste est mal aimée, c'est vrai, mais des fois, elle ne fait vraiment rien contre.

C'était ma minute: convertissons nous à l'idéologie de Jean-Marc Sylvestre.



16 juin 2008

Licenciement

Lundi dernier, rentrant d'une harassante demi-journée de travail, j'allumai négligemment ma télé, tombant par hasard sur le journal télévisé de Canal +. Autant dire que je n'ai pas été déçu. Dès les premières images, une sourde interrogation me déchira le subconscient (c'est très douloureux, soit-dit en passant). Car, quelles sont-elles, je vous le demande, ces images? De viellies archives, avec les trois lettres INA dans un petit encadré. On reconnaît le jeune mais déjà malicieux Patrick Poivre d'Arvor, présentant le journal d'Antenne 2, sa voix couverte par un commentaire compassé narrant la lente ascension du journaliste "...et Patrick Poivre d'Arvor devient très vite populaire....un symbole, le présentateur le plus écouté d'Europe...21 ans à la tête du journal de TF1...passioné de littérature...drames personnels....affaires sulfureuses...", bref, ce genre de résumé d'existence, présentation nécrologique de la vie d'un défunt célèbre que les médias nous servent à chaque décès de Grands Hommes. D'où mon questionnement inquiet: Patrick Poivre d'Arvor serait-il donc mort? Comme ça, là, par surprise, à 60 ans seulement? Diantre! Heureusement pour la liberté de la presse, je comprends que PPDA n'est pas mort mais seulement viré.


PPDA viré. A peine la nouvelle continue, qu'on nous inflige une loghorrée d'obscénité sans fond. C'est d'abord les médias qui se délectent de la nouvelle, la plaçant en une de tous les journaux, la mettant au menu de chaque débat, de chaque émission, de chaque chronique. On raconte les moindres détails, les coulisses, les dessous de l'affaire, ce qui s'est vraiment passé, Paris-Match, allant même jusqu'à avec une délicieuse élégance publier la phot exclusive du journaliste découvrant sur son portable le texto fatal (en attendant que le site internet du "Nouvel Obs" n'en publie le contenu: "Si Laurence Ferrari revient, j'annule ton contrat"). C'est ensuite l'intéressé, lui-même, PPDA qui s'érige en parangon de l'impertinence envers le pouvoir politique (défense de rire) et ses amis, invités dans les talk-shows, qui relaient cette prétendue insolence journalistique. C'est aussi les commentateurs qui se demandent si oui, ou non Nicolas Sarkozy y est bien pour quelque chose. "Ah! On ne voit ça qu'en France, cette paranoïa! Le président n'a rien fait" décréte jean-Michel Aphatie. Ce sont les débatteurs cathodiques qui s'interrogent sur le devenir de la marionnette des guignols, réplique latexifiée de PPDA, un débat capital pour l'avenir de notre pays. L'AFP, institution vénérable du journalisme sérieux et responsable, qui pond une dépêche pour confirmer en urgence la reconduite de la marionnette au poste de présentateur du journal satirique.


A y réflechir, je crois que c'est peut-être TF1 le plus indécent de l'histoire. Remercier ainsi, après 21 ans de services (qu'on les juge bons ou mauvais), d'un coup d'un seul, sans entretien, sans préavis, en plein mois de juin, ce n'est vraiment pas le sommet de la courtoisie et de la distinction. En plus, selon toute vraisemblance PPDA ne s'y attendait pas. Récemment, je me souviens d'avoir lu dans "Paris Match" (j'étais chez le coiffeur) un article du genre "Pourquoi Poivre d'Arvor est indéboulonnable". Cruel coup du sort.


Pour finir, je me contenterai de citer Pierre Desproges (oui généralement c'est ce qu'on fait quand on est en manque d'inspiration, merci de me l'avoir fait remarquer) qui portraiturait ainsi son interlocuteur: "Patrick Poivre d'Arvor,homme éperdu de l'éternel chagrin des enfants du siècle, un homme qui vit sa mort jour après jour en adorant la vie, un homme qui va, l'écharpe au vent mauvais, frisonnant dans l'éprouvante amertume des sous bois de l'automne, où le loup de Vigny fint d'exhaler son impossible râle. Un homme enfin, déchiré par les contradictions insupportables de sa personnalité de demi-dieu vivant, moitié Châteaubriand, moitié Jean-Claude Bourret."


A la semaine prochaine.

10 juin 2008

Livre

Il y a quelques jours, j'entendais Alain Rémond dans ma radio raconter qu'une fois, interviewé par un journaliste belge, il s'aperçut au bout de quelques questions que le présentateur n'avait pas lu son livre (encore une chose qui n'arriverait jamais en France).


Autant dire tout de suite que je n'ai absolument aucun complexe à parler du dernier livre de mon chroniqueur préféré, "Le cintre était sur la banquette arrière" (Seuil), que moi, j'ai lu. A tel point que je me remets à peine de cette bouleversante narration de l'enfance bretonne d'Alain Rémond, dans les années 50.

-Ah bon? Ce n'est pas un recueil des chroniques de "Marianne", parues entre Juin 2003 et le 5 Janvier 2008 ?

Si, bien sûr, c'est exactement ce que je viens de dire. Donc, Alain Rémond publie un recueil de se chroniques de "Marianne" (dans lesquelles à ma connaissance, il n'est pas interrompu par un interlocuteur tatillon).

-Vous parlez de moi?

Non, non, pas du tout. Qu'est ce que je disais? Oui, le recueil des chroniques d'Alain Rémond, que j'ai lu, évidemment. A tel point que j'en ris encore, de ces merveilleux billet sur les sujets variés de la vie quotidienne. Les mois et les années défiles, et on se replonge dans les problèmes de banquette arrière, de cintres, de brocantes, d'Yves Pichon, de cintres, de Bretagne, de météo pourrie, de dynamo, de textique, d'armoire Ikéa, de baleine de parapluie, bref, toutes les délicates questions de société que se posent nos sociétés occidentales.


Le plus étrange cependant avec ce recueil de chroniques (car Alain Rémond, lui, arrive à liquider son stock de chroniques en les publiant), derrière le plaisir de la lecture, c'est de s'immerger dans un temps assez proche sur l'échelle de l'histoire géologique de la planète Terre, mais qui nous semble une éternité pour nos pauvres mémoires oublieuses. Ah, oui, en 2003! Raffarin Premier Ministre! Ah dis donc, c'était quelque chose! Ah oui, Laurent Fabius qui parle des carottes râpées! Ah tiens, je ne m'en souvenais plus, le pauvre, il est mort depuis, non? Ca alors, Chirac président? Ben tiens, c'était pas sous la Troisième République? Oh, mais alors Sarkozy était ministre? Oh lalala, c'est drôle, j'avais oublié! Les émeutes en banlieues? C'était vraiment en 2005? Pas au siècle dernier? L'affaire de la fausse agression antisémite du RER? Le débat sur le voile? Sur la Constitution? La campagne présidentielle? C'est marrant comme la mémoire est sélective!Tiens, François Bayrou était invité à la télévision? Non! Et Dominique Voynet aussi? On a vraiment changé d'époque, etc.


Pour finir, en plus d'être d'hilarantes "méditations amusées sur l'état du monde" et un puissant rétroviseur sur ces cinq dernières années médiatico-politiques, le livre, précision si vous doutiez encore de l'utilité de l'acheter, ne coûte que 17 euros. Qu'est ce que c'est 17 euros, je vous le demande? Un décilitre d'essence! Un paquet de pâtes! Trois baguettes de pain! Autrement dit: rien du tout. Alors n'hésitez pas. Foncez.


A la semaine prochaine.

01 juin 2008

Blog

Cette semaine, la lecture de « Marianne » nous révèle d'agréables surprises. Ainsi, dans la rubrique « Idées », quelques blagues philosophiques (oui parce que quand « Marianne » publie des blagues, c'est philosophique, que croyez-vous, ce n'est tout de même pas « l'Express »), blagues que je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire: « Docteur, prévient la secrétaire, un homme invisible vient d'entrer en salle d'attente.-Je suis surchargé, répond le docteur. Dîtes lui que je ne peux pas le voir! », « Un savant et sa femme font un tour en voiture à la campagne. Oh, regarde! S'écrie la femme. Ces moutons ont été tondus!-Oui, répond le scientifique, de ce côté » ou encore « Un Américain entre dans un bar, un superbe perroquet exotique juché sur son épaule. Whaou! Fait le barman. Vous l'avez déniché où?-En Amérique, répond le perroquet, des types comme lui, on en trouve des millions ».


Des blagues hilarantes donc, mais pas seulement: il y aussi, dans la rubrique d'Alain Rémond, quelques indiscrétions confidentielles (vous savez, les petites phrases ou anecdotes qu'on trouve dans les pages « Politique » de la grande presse) que le chroniqueur distille pour s'en moquer, du genre: « Tel ministre a dit de tel député que.... » ou « Des témoins privilégiés ont vu tel personnage important du gouvernement déjeuner avec tel membre éminent de l'opposition.... ». Bref, comme le dit l'auteur lui-même: « Du ragot de chez ragot ». Or, personnellement, je trouve cela ignoble: si Alain Rémond publie des ragots, que va faire Jean-Marc Morandini? Une émission sur France 5, peut-être? Non, je plaisante, mais enfin tout de même.


Mais le plus surprenant, dans cette chronique, ce sont les derniers phrases qui la conclue: (Alain Rémond apostrophe ses lecteurs: « Qu'a-t-il voulu dire par là? Pour le savoir, chers lecteurs, branchez vous sur mon blog ultraconfidentiel. Comment ça, je n'en ai pas? Vous êtes surs? »


Alors là, je dis « Non! » (pas trop fort quand même, j'ai des voisins à l'ouïe hypersensible). Je dis « Non! » et j'ajoute aussitôt: « C'est un peu fort de café » (car j'aime employer des expressions totalement désuètes et vieillottes, mais aussi, ce qui ne gâche rien, barbouiller mes chroniques de parenthèses hors de propos). Alain Rémond tenant un blog? Ca serait inouï! Il aurait donc réussi à vaincre le démon Informatique au point d'alimenter un site oueb et accessoirement, de me piquer mon fond de commerce? Excusez moi d'en douter. Mais d'un autre côté, il est tout à fait possible qu'Alain Rémond n'ait dit cela uniquement parce qu'arrivé en fin de chronique, là, pressé par le temps, il ait à la hâte griffonné ces quelques lignes abscondes, pour rejoindre illico presto Guy Konopnicki qui racontait ses vacances au Vénzuéla à Jean-François Khan devant la machine à café. Possible mais pas probable car Alain Rémond qui bâcle une chronique, je n'ose y croire. Donc voilà, bystère et moule de gomme, je m'en pers en conjectures et en hypothèses que de suppositions en suppositions je ne puis écarter tant l'incertitude et le mystère sont grands, et ici, Patrick, selon les sources proches du dossier tenant à rester anonyme, il pourrait y avoir un dénouement rapide à cette tragique affaire, mais encore une fois, l'incertitude règne ici , et donc voilà, je n'en sais pas plus mais je périphrase encore quelques instants pour garder l'antenne parce c'est pas tous les jours que je passe à la télé en duplex de Vierzon-sur-Loire.


Reste mes amis, une dernière hypothèse: Alain Rémond pourrait bien parler de ce blog-ci. Et bien après en avoir discuté avec les plus hautes autorités religieuses, politiques, civiles et militaires présentes dans mon bureau, à savoir, mon chat et moi, j'ai courageusement pris la décision d'écarter cette hypothèse. En effet, ce blog n'est, je crois, pas celui d'Alain Rémond (à moins que je soie moi-même, sans le savoir Alain Rémond et que j'aie un esprit incroyablement machiavélique, mais ça m'étonnerait tout de même un peu) et en plus, il n'est pas « ultraconfidentiel ». Donc, toujours autant de mystère. Ca serait une bonne affaire pour l'Inspecteur Derrick. Enfin, je crois.


A la semaine prochaine.

26 mai 2008

Pantalons

Alain Rémond est une espèce en voie de disparition. C'est ce que l'on apprend cette semaine dans « Marianne ». Pourquoi? Me diront les lecteurs curieux; An bon? Feront les lecteurs incrédules et Quand est-ce-qu'on mange? s'interrogeront les lecteurs gourmands. Je ne répondrai si vous le voulez bien qu'à la première de ces questions: Alain Rémond mesure 1,72m, ce qui est tout à fait honorable, car comme le dit Corneille dans « Le Cid chez les Ch'tis », je cite de mémoire: « aux âmes bien nées, sur la valeur n'influe pas la longueur des pieds ». Donc, Alain Rémond est un moyen Grand Homme, qui met du W33-L30 en ce qui concerne la longueur de ses pantalons (car si l'élégance et la distinction sont naturelles chez Alain Rémond, mettre des pantalons ça fait quand même plus classe).


Il fait du W33-L30 pour 1,77m? J'aurais dit un petit W-33-L32, moi!me diront les lecteurs tailleurs-couturiers (car je sens bien que des lecteurs tailleurs-couturiers me lisent par milliers. J'aime beaucoup les tailleurs. D'ailleurs, quand j'étais petit, mon père était tailleur, mais ma mère, elle était là, c'est le principal). Mais où veux-je donc en venir? Voulais-je simplement vous communiquer les mensurations épatantes d'Alain Rémond comme ça, pour le plaisir, pour que la France entière sache que son tour de taille est digne d'un athlète filiforme? Non, c'est uniquement une donnée d'un vaste problème: pour faire court, Alain Rémond ne trouve plus de pantalons à sa taille car lui dit-on «les gens portant du L-30 sont de moins en moins nombreux, d'où une baisse de rentabilité à fabriquer des pantalons de cette taille et une tendance à la disparition du L-30 », et d'où aussi son cri du coeur déchirant: « Je suis une espèce en voie de disparition ». Oui, je sais, mes amis, les déboires d'Alain Rémond, c'est triste, comme le cyclone birman et le séisme chinois, mais moins quand même, parce que je n'ai jamais vu un paysan birman ou un écolier chinois un tant soit peu fichu d'écrire une chronique sur les cintres, alors, bon, tout de même.


De ce fait, je pourrais aussitôt entamer, sur ce sujet brûlant: la disparition des L-30, l'éternel couplet trostkisto-besancenotiste: « oui c'est honteux, rentabilité à tous prix, les grands patrons s'engraissent sur le dos des petites gens, profit faramineux, cadeaux fiscaux, paquet fiscal, taxer les stocks-options.... » je préférerais plutôt m'interroger sur les raisons profondes cette situation, à savoir que la France grandit. De plus en plus. Très vite. Les grands nous envahissent. Moi par exemple, je suis quand même très grand. Très très grand. Enfin juste assez grand pour me prendre la tête dans le lustre du salon, nom de dieu nom de dieu.


Quant à Alain Rémond, si je puis me permettre, je n'ai qu'un seul conseil à lui donner: se faire prêter des pantalons par Nicolas Sarkozy. Je ne vois que ça.


A la semaine prochaine.


19 mai 2008

Cannes

« -Bonjour, bienvenue amis téléspectateurs dans notre émission, exceptionnellement en direct de de la plage du Martinez de Cannes, enfin presque puisque nous vous accueillons dans l'hôtel Formule 1 de Mandelieu-la-Napoule! (applaudissements du public)Ce soir encore, à l'occasion bien sûr du Festival de Cannes, on aura du beau monde pour parler cinéma avec notamment Olaf Peklowski, réalisateur du magnifique « Minuit moins 5 » documentaire slovaque sur les conditions d'arrachage des dents de sagesse en Europe de l'Est et dont on parle pour la Palme d'Or, James Sherwood et Mike Dubsky, respectivement acteur principal et réalisateurs américains du très attendu dernier volet des « Aventures des Aventuriers Aventureux, épisode 6 »qui sera présenté demain hors-compétition, lesquels toucheront leur oreillette pour signaler des problèmes techniques et prononceront la traditionnel phrase de tous les acteurs étrangers en visite chez nous: « Yes, I like a lot France, Paris, Tour Eiffel, baguette, I love.... », et puis, Jeanne Chalon, jeune et jolie espoir du cinéma français, qui est à l'affiche de « Parle-moi d'amour à Deauville puisque je t'aime un peu pour le meilleur et le pire » une comédie avec Pierre Arditi et Audrey Tautou, un autre réalisateur, vieux et très apprécié de Télérama qui présente ici son dernier film d'auteur ennuyeux et très bien mais dont j'ai malheureusement oublié le nom, Jacques Villemeny pour son dessin animé magnifique « Ivan, l'enfant-sauterelle, contre la Sorcière des Ténèbres » accompagné d' Alain Chabat qui double le héros, Arthur, l'homme-ragondin musqué d'Amazonie occidentale, l'humoriste Gad Elmaleh, qu'on fera tous semblant de ne pas reconnaître puisqu'il vient déguiser lourdement pour une imitation à mourir de rire d'un restaurateur chypriote du XVIIIeme de sa connaissance, Jennifer Hushley pour l'adaptation cinéma de la série culte « Chérie, j'ai envie d'avoir des poissons rouges », Stéphane Bern qui nous dira que le festival, c'était quand même mieux avant, un jeune chanteur issu de la télé-réalité qui bougera les lèvres sur le play bac de sont tub « Truc de ouf », un DJ et sa femme, un membre du jury que nous allons harceler en toute impudeur pour savoir quelles sont ses impressions sur les films déjà projetés, un écrivain-philosophe fêtard qui nous dira qui il a vu au bar du « Jimmiz », un duo de comiques que nous nous efforcerons de trouver drôle, un critique cinéma snob de la presse écrite, un acteur favori pour la palme d'or mais qui ne l'aura pas à la surprise générale, Franck Rihcard l'agitateur polémique qui choquera nos consciences en direct sur le plateau, Michèle Mercier, qui joue une cliente de La Poste dans « Bienvenue chez les Chtis » et qui nous dira quelles ont été ses impressions de tournage, et puis un écrivain auteur d'un livre sur Mai 68 puisqu'il faut bien en parler. Ha! Cannes éternelle magie du cinéma! »

12 mai 2008

Gallo

« Horniy, j'an soe horniy dou cou-la !
-
Qhi qé n-i a corr, don ??!??”
- “ Avizz ! n’an vennla corr unn vnaeü a pâssae, pa” E yèll-si qé d’anségnae o son daï unn vouèliéy de gouéziaù qi taen a s'antt-pourgalae olmon la rabinn. »


Vous n'avez sans doute rien compris à ce dialogue (Fabien Lécuyer, in La souaètt dou bouaé-jouaerr) . Rassurez vous. C'est normal. Vous venez de lire de la littérature écrite en gallo, la langue des Bretons, notre sujet du jour. Or, pour déchiffrer le gallo, il faut être capable, si l'on ne fait pas partie des quelques initiés, de démêler un sombre et complexe écheveau syntaxique et langagier, tâche dans laquelle même de brillants esprits comme Pierre et Marie Curie n'auraient probablement pas réussi. Ainsi, comment donc retrouver l'écheveau au gallo, dans les Curie (1), sans en faire tout un foin? C'est mes chers amis toute la question.


Le gallo, comme je le disais, est la langue parlée en Basse-Bretagne, en Haute-Bretagne, ou même en Moyenne-Bretagne, en Bretagne-du-Milieu sans parler de la Bretagne-en-haut-un-peu-vers-la-gauche ou de la Bretagne-deuxième-porte-à-droite, et enfin, dans un bureau de « Marianne », par Alain Rémond car, en effet, le chroniqueur parle le gallo, il l'écrit même, la semaine dernière, dans sa rubrique, par exemple, ce qui a suscité un nombre tout a fait impressionnant de réactions de lecteurs indignés et éffarouchés par la qualification de « patois » qu' Alain Rémond a employé pour définir le gallo., si j'ai envie de faire une phrase encore plus longue.


Donc, le gallo n'est pas un patois, mais une langue, une vraie, reconnue par l'Union Européenne, et tout et tout. Alain Rémond le saura et a d'ailleurs rectifié sa petite erreur (vous avez bien lu: Alain Rémond et « erreur » sont dans la même phrase, incroyable mais vrai) dans sa chronique de cette semaine. Personnellement, (lecteurs impatients, c'est le passage où je donne mon avis) je n'ai rien contre les patois. Cette façon qu'ont les paysans analphabètes voir communistes d'outre-périphériques de converser en braillant des mots affreux m'est très sympathique. D'ailleurs, je parle moi-même quelques dialectes provinciaux. Oui, tout à fait, je connais par exemple parfaitement le patois du Gard, le fameux patois nîmois .(2)


Pour finir, je dois dire que pour ma part, j'attends impatiemment un « Bienvenue chez les Gallos », déclinaison bretonne du succès de Dany Boon, avec Alain Rémond dans le rôle titre. Ca serait bien. Rêvons un peu...


A la semaine prochaine.



(1)Ce brillant jeu de mot a été déposé au titre de la Loi su la Propriété Intellectuelle, article B-687, alinée E52, chez Maître Lefranc, du cabinet « Lefranc, Lefranc et Dupré », Paris VIIIeme.

(2)Ce jeu de mots ci est d'un ami nîmois que je tiens à remercier particulièrement non pas pour tenter piteusement de masquer le vide effarant de cette chronique, mais parce que c'est vraiment sincère.

05 mai 2008

Critique

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Alain Rémond sort un nouveau livre. Ca s'appelle « Le cintre était sur la banquette arrière », une petite anthologie de ses billets hebdomaires de « Marianne ». Alain Rémond a une chance extraordinaire: il n'a même pas besoin d'écrire ses livres. Il n'a qu'à rouvrir ses tiroirs qui grincent, exhumer ses dossiers poussiéreux, chercher dans ses placards fatigués, pas dans sa penderie, cintres obligent, et en extirper quelques une de ses hilarantes chroniques qu'il envoie fissa à son éditeur-bien-aimé-l'augmentation-faudrait-y-penser.


Le nouveau livre d'Alain Rémond, je dirais mieux, « le nouveau Rémond », comme on dit « le nouveau Nothomb », « le nouveau Houellebecq », « le nouveau Sarkozy », etc... est donc un recueil de chroniques parues dans " Marianne ", vendu à un prix dont la modicité vous fera sourire. Je précise que je ne l'ai pas lu, vous non plus, car on ne pourra l'acheter que le 30 Mai, jour qui, hasard heureux, se trouve exactement à quatre mois trois semaines et deux jours de l'anniversaire de mon grand-oncle, il y a de ces coïncidences, quand même, et qu'est ce que je sers à Madame Bouchard, le bonjour de ma part à Bouchard, ah ça, m'dame, y a plus de saison, on vit une drôle d'époque, une hirondelle fait pas le printemps, comme je dis toujours petit à petit l'oiseau fait son nid, laissez donc, ça tombera pas plus bas.


Ce livre, je ne l'ai pas lu, mais monsieur Antoine Perraud, si. Monsieur Antoine Perraud est journaliste. Sa passion dévorante pour la littérature et un besoin irrésistible de faire son intéressant le pousse, comme beaucoup, à commettre régulièrement quelques réflexions sur le monde des livres, dans son blog de Mediapart, le site participatif mais payant, faut pas déconner.


Or, Monsieur Perraud, je le bouscule un peu mais c'est sûrement quelqu'un très bien, n'a pas trop aimé le livre d'Alain Rémond. Enfin, pour être rigoureux comme Jean-Pierre Elkabach, je dirais que c'est plus nuancé. C'est à dire que dans l'ensemble, le livre lui a plutôt plu, mais en fait, il trouve que ça fait immédiatement plus branché si il adopte pour en parler cette distance condescendante de critique littéraire à qui on ne la fait pas, cette ironie de salon qui jauge en pouffant le travail des autres, en trouvant deux bons mots méchants qu'on pourra répéter au « Masque et la Plume ».


Mais, je suis peut-être injuste car Monsieur Perraud, entre deux digressions hasardeuses, ne parle pas tant du livre que de l'auteur. Un auteur qu'il épingle une ou deux fois de façon lourdingue, à l'aide de sa plume émoussée et de citations hors-contexte, puis, Fouquier-Tinville repenti, se ressaisit heureusement aussitôt, et attendri, complimente emphatiquement l'écrivain en usant de métaphores quasi-homèriques, deux points ouvrez les guillemets attention, c'est beau comme du Hervé Villard: « Comme un personnage de Jacques Tati transplanté dans un spot publicitaire, tel un enfant né juste avant l’élection de Vincent Auriol qui se retrouve juste après celle de Nicolas Sarkozy, Alain Rémond, Peter Sellers de la chronique qui aurait lu Barthes (NDLR: Monsieur Perraud parle visiblement de Roland, pas de Fabien), continuera de mordre la vie à belles dents tant qu’il y aura un contrôleur, dans un tortillard à l’approche d’Auray, pour nous gratifier, par voie de haut-parleur, du message suivant : « Avant de descendre du train, veuillez vous assurer de la présence effective du quai. »


Conclusion chers lecteurs, amis fidèles et nouveaux venus, toujours les bienvenus: je n'en ai pas. De conclusion, j'entends, très bien même, merci les sonotones Robert Hossein. Tout juste vous recommanderai-je, si le courage de mes convictions m'y poussait, de lire le dernier Alain Rémond, pour vous faire une idée. Mais ça serait sûrement une basse incitation commerciale.


A la semaine prochaine, ou plutôt, A lundi si le coeur vous en dit (je tente le superbanco).

27 avril 2008

Mai

Imaginez. 40 ans après Mai 68, une nouvelle révolte éclate en France. Les étudiants et lycéens entrent en grève. La jeunesse veut du changement, de la liberté, les fleurs qui rient et les oiseux qui chantent et puis aussi la nouvelle Play-Station parce qu'y a Steven, le type de terminale S qui sort avec Julie qui m'a dit qu'elle était très bien. Bref. Darcos, t'es foutu-la-jeunesse-est-dans-la-rue, Pecresse, pas mieux. Peu à peu, le mouvement s'amplifie. Se radicalise. La Sorbonne est occupée. Paris tremble. Le Pape aussi, mais ça compte pas. En geste de solidarité pour les étudiants, Bernard-Henri Lévy déclare Saint-Germain-des-Près République Populaire dans une tribune du « Nouvel Observateur ». Les rangs des manifestants grossissent. L'opinion les soutient. Paniqué, le Président réunit ses collaborateurs dans son bureau, et François Fillon, pour servir le café. La décision, radicale, est prise: Brice Hortefeux videra ses charters de sans-papiers maliens pour tenter de les remplir de racaille gauchiste. Indignation. Polémique. Bernard Kouchner démissionne en direct à la télévision. Le SMS que le Président lui envoie, pour le retenir, « Si tu reviens, j'annule tout », dévoilé par Airy Routier, ne suffit pas à faire changer d'avis le French Doctor. Carla Bruni exprime dans « L'Express » sa solidarité avec le mouvement étudiant. C'est la crise. On est mi-mai, et le pays vacille.


Le Quartier Latin s'embrase. A la Mairie du V eme, les Tibéri sont séquestrés. Les images des cortèges sans cesse plus fournis passent en boucle à la télévision.En voyant les actualités, Eric Zemmour fait une syncope: le choc est trop fort. Heureusement pour lui, et malheureusement pour SOS Racisme, c'est bénin. Aussitôt, pourtant,Jean-Pierre Elkabach annonce le décès du journaliste à l'antenne d'Europe 1, déclenchant une grogne furieuse chez ses employés. La station se met en grève, bientôt imitée par toutes les grandes rédactions parisiennes. Jean-Pierre Pernault est en fuite. Jean-Marc Sylvestre se cache. Jean-Michel Apathie s'exile. La contestation prend de l'ampleur.


Dans les rangs des étudiants, on se cherche un chef. On croit le trouver quand Olivier Besancenot rencontre par hasard Cohen-Bendit au salon Rotschild du « Fouquet's », mais, la jeunesse se prend à rêver d'un autre, symbole de toutes les injustices, de toutes les humiliations qu'ils subissent: David Martinon, bientôt surnommé « David le Rouge » qui fait son grand come-back . Surprise et étonnement. Le jeune rebelle met au défi la police et le gouvernement chaque jour devant les caméras, en tête des cortèges. Du côté du pouvoir, justement, on s'inquiète. L'exécutif a peur. On hésite. On se tâte. On parle de nouveaux accords de Grenelle, confiés à Denis Gauthier-Sauvagnac, mais le projet tourne court. Au 20 h, on annonce gravement que le Président s'est rendu à Badeno-Badeno (Lybie) avec un avion prêté par Vincent Bolloré. L'interrogation est à son comble, la France doute.


Sarkozy parti, Lionel Jospin se propose, pour prendre la tête d'un gouvernement provisoire. Mais la situation politique est soudainement bouleversée. Alors que dans les usines, Gentil Xavier Bertrand réussit peu à peu à remettre les feignasses de cégétistes au boulot, les troupes estudiantines de David le Rouge se déchaînent. Trop. Face aux CRS, les étudiants ravagent le Boulevard Saint-Michel. Les voitures sont brûlées, les arbres arrachés, les pavés, descellés. L'opinion, soudain, change d'avis comme le proclame le Figaro en une de son édition du 30 Mai: « Selon un sondage Opinion-Way: 85% des Français sont contre la violence: Sarkozy est conforté. »Du coup, le Président revient et provoque des législatives anticipées. Pour l'UMP, c'est un triomphe. La révolte s'arrête net, la jeunesse repart bachoter et les ouvriers reprennet le travail. Mai 2008 a tourné court. A croire que c'est une manie.


A la semaine prochaine.

20 avril 2008

Var

Vu que tout le monde parle de sa région à lui, Dany Boon du Nord-Pas-de-Calais, ou même Alain Rémond de sa Bretagne natale, cette semaine dans « Marianne »; et vu que jusqu'à preuve du contraire, j'ai le droit de faire à peu près ce dont j'ai envie sur mon blog, il n'y a strictement aucune raison pour que ne puisse pas parler de ma région à moi-même personnellement, de ce département où chantent les cigales et où poussent les immeubles, au charme exotique envoûtant, le plus beau de France, vous voyez forcément duquel je veux parler, surtout que c'est écrit en bien gros au dessus de cette chronique, oui, amis lecteurs, intéressons-nous aujourd'hui au Var (83).


En effet, j'habite le Var, non pas pour de basse raisons touristico-climatiques mais parce que c'est un des rares endroits de notre beau pays où l'on peut être sûr de ne pas avoir de voisins communistes, c'est plus pratique, le libraire nous fait un prix de groupe pour « Le Figaro ».


Donc, le Var. Le Var se situe au Sud de la France, dans la partie la plus civilisée du territoire français. Néanmoins, aussi surprenant que cela puisse paraître, le Var est franchement limitrophe du Grand Nord. En effet, arrêtez donc un Varois dans la rue, pas trop fort, en le tenant par le déambulateur, et demandez-lui où se situe pour lui le Nord. Immanquablement, celui-ci vous répondra (si vous avez la chance de tomber sur un Varois qui ne soit pas sourd) la chose suivante: au dessus, environ, d'une ligne Montpellier-Grenoble, la neige tombe, l'hiver dure quatorze mois et les autochtones se nourrissent de phoques qu'ils pêchent en perçant la banquise.

Déjà, le Varois divise généralement son beau département en trois partie: la côte, régulièrement envahie par les hordes sales et bruyantes de Congés Payés gras et laids, le Moyen-Var, territoire encore à peu près civilisé et enfin, le Haut-Var, zone mystérieuse, noyée sous une forêt épaisse où s'ébrouent des sauvages cannibales dans des cascades d'eau turquoise.

Fort de cette assurance tranquille, le Varois mène une vie calme et douce dans sa belle villa les pieds dans l'eau , où il bronze en lisant les différents représentants journalistiques des sensibilités politiques varoises: « Var Matin », pour l'UMP; « Var Matin », pour l'UMP, et enfin « Var Matin », pour l'UMP. Régulièrement, le Varois choisit quel candidat UMP sera son maire, ou son conseiller général. Parfois, malheureusement, l'UMP perd l'élection et c'est un bolchevik Divers-Droite qui gagne. Les élus varois de droite, pardon je bafouille, sont des gens très bien et très sérieux. Ils ne font pas de culture (bahhhhhh, un truc de gauchistes) ou de social (bêrk!) par contre, ils ravissent leurs électeurs en plantant artistiquement des palmiers et en illuminant des guirlandes de Noël. Cependant, les élus varois sont assez dépressifs, et il leur arrive trop souvent de se suicider de deux balles dans le dos.


Les Varois parlent le Varois. Exemple: la phrase française « Je voudrais un café, s'il vous plait » se traduit en varois par « Non merci, vu les prix, je prends de l'eau ». En français, on dit « Excusez-moi monsieur, puis-je vous aider, vous semblez avoir besoin d'aide » alors qu'en varois on préférera « Non, désolé, débrouillez-vous, je donne jamais rien, moi, je suis pas intéressé. »; « jeune » se dit chez nous « moins de 50 ans »; « génial! Si on allait à la plage! » se traduit par «oh, non! encore? »; «horrible fachiste» par «sympathique militant légèrement radical» et « logements sociaux », euh.. le mot n'existe pas.


N'importe qui peut pas devenir Varois: il faut obligatoirement remplir les conditions suivantes a)être riche b) être vieux c) être de droite (certains me diront que les deux premiers critères induisent le troisième, c'est mesquin, chers amis). Je signale quand même que des dérogations sont exceptionnellement accordés aux citoyens corses, et aux membres de l'UDF. De ce fait, les Varois sont tous vieux et riches. Attention, quand un jeune riche mais vulgaire habite dans le Var, ce n'est pas un varois: c'est Nicolas Sarkozy qui vient au Fort de Brégançon.


Enfin, le Varois dispose d'un cadre de vie tout à fait exceptionnel, assez peu comparable à celui d'un habitant de Vierzon. En effet, le Varois peut aller à la Mer, visiter de superbes villages, tester ses connaissances pyrotechniques dans des fôrets où gambadent sous les cigales de rigolards et ventrus sangliers, ou même François Léotard.

Voilà, chers amis, c'était ma minute « j'habite un endroit plus joli que vous, et j'ai envie d'en parler ». Merci de m'avoir écouté.

A la semaine prochaine.

13 avril 2008

Tibet

Vous avez remarqué? Le monde médiatique français fonctionne éternellement de la même façon. Toujours. C'est inamovible. Tout commence par un événement spectaculaire et dramatique. Dernier exemple en date, les JO. La Chine. Le Tibet. Les athlètes chinois qui, dans un louable souci de changement et d'innovation, remplacent les cibles du tir à la carabine par des moines bouddhistes. Un bonze tibétain remplace-t-il avantageusement une cible de tir à la carabine? Oui, à condition, que le bonze tibétain ne soit pas au courant. Mis au parfum, le bonze rechigne, bouge, et bon, pour tirer dans de bonnes conditions, il faut quand même une cible un minimum immobile. Bref. La Chine massacre nos amis les Tibétains, événement tragique auquel s'intéressent tous les grands médias sérieux et indépendants, ou même TF1.


Première temps: des ames éplorées s'indignent tandis que des esprits indignés s'éplorent. Ainsi, au dessous d'une ligne Perpignan-Ajaccio,dès que le sang coule, que des dictateurs répriment, que la démocratie est mise à mal et la liberté sous les verrous, aussitôt accourent sur les ondes hertziennes ces Robert Ménard, Renaud, éternel rebelle qui ne tolérera jamais par exemple une quelconque augmentation des tarifs du Café de Flore, Cali, Bernard-Henri Lévy, qui regrettera toute sa vie de ne pas avoir pu assister au génocide arménien, il en aurait fait trois best-seller, Bernard Kouchner (ah, plus trop, bizarrement), et j'en passe et des plus cathodiques qui viennent, scandalisés par notre passivité molle, nous inciter, nous qui ne faisons honteusement rien, à rejoindre des causes grandioses où l'on pourra enfin et à peu de frais racheter notre pauvre conscience.Pour eux, trouver une situation inacceptable et révoltante chez Ardisson, entre une vendeuse d'albums et un acteur qui répète que si tout le monde trouve son film à succès complètement nul, c'est « parce que c'est typiquement français, comme réaction », ce rôle d'agitateur humanitaire télévisuel peut constituer un véritable métier ou un simple passe-temps pour artistes engagés, entre deux concerts dans le Massif central et un dîner chez Séguéla.


Deuxième temps: les politiques réagissent. En général, Ségolène Royal sort une proposition qui fait doucement rigoler les porte-paroles de l'UMP plus si triomphante que ça et les analystes politiques rigoureux, qui sur RTL, qui chez Calvi, qui dans « Le Monde ». Ensuite, immanquablement, Rama Yade fait une gaffe, Fillon la rattrape et le mari de Carla Bruni, lui, s'empare de l'affaire: « Je ne tolérerai pas de tels agissements. Parce que, c'est quand même extraordinaire, hin, parce que, qu'est ce que je dois faire M'ame Chabot? Alors, moi je vous le dis, je n'ai qu 'un message à adresser à nos amis les Chinois: « Cassez vous du Tibet, pov'con. » »Les dirigeants socialistes populaires et légitimes et constructifs, comme euh....enfin....euh, François Hollande et ses copains interpellent le gouvernement. « C'est un nouveau constat d'échec pour Nicolas Sarkozy et François Fillon....pendant la campagne électorale le président avait promis...du temps de Lionel Jospin, ah ça, c'était différent...et je constate que sur ce sujet sensible.... la majorité est divisée... »


Troisième temps: les ronchons qui débarquent au bout de quelques temps, en face des indignés professionnels, en nous racontant totalement le contraire. Et bien non, pas du tout, ce n'est pas aussi simple que cela, vu de France, bien sûr, c'est facile, etc. Tout d'un coup, en l'espace de deux déclarations de Jean-Luc Mélenchon, d'une intervention d'Eric Zemmour et trois articles de « Marianne »,ça fait soudainement plus chic d'avoir la pensée opposée sur un sujet pourtant consensuel. Les Tibétains sont des feignasses, les Chinois des victimes du racisme de la pensée unique. Comme leurs amis les scandalisés professionnels, les rétablisseurs de vérités-honteusement-tues-par-les-médias-bien-pensants infligent alors à nos yeux fatigués et à nos oreilles dubitatives leur vision iconoclaste de telle situation internationale ou événement planétaire Trouver la part d'ombre enfouie, retourner les situations, inverser le rôle des « gentils » et des « méchants », voilà leur unique passion. Ils sont « anti-conformistes ». Qu'est ce qu'un anti-conformiste, me direz-vous? Et bien quand quelqu'un tient des propos racistes, on dit qu'il est raciste. Quand Eric Zemmour tient des propos racistes, on l'acclame en tant qu' « anti-conformiste ». Nuance.


Dernier temps, enfin: On oublie. Le Darfour, la Birmanie, et bientôt, donc le Tibet, tous connaissent lentement et inexorablement ce curieux phénomène. Peu à peu, on passe à autre chose. Les morts s'entassent toujours mais les médias français n'en parlent plus. Au 20h, les reportages concernent d'autres sujets. BHL ré-ajuste sa chemise. Robert Ménard tente de trouver un sujet qui lui assure 2minutes de plus chez Ruquier. Kouchner s'achète un nouveau sac de riz. Georges Frêche retourne à ses préoccupations languedocciennes. Déjà, les débatteurs de Pascal Clarck boive leur café autour d'un autre sujet. La France se rendort, en attendant la prochaine fois. Comme toujours.


A la semaine prochaine.

07 avril 2008

Abréviations

Cette semaine, Alain Rémond, dans une incroyable chronique, qui ferait même rire François Fillon, nous fait part d'une de ses passionnantes lectures, « Sigles, abréviations et faux-amis, dans les domaines du logement, de la retraite, du social et du médico-social » de M. Yves-Philippe de Laporte. M. de Laporte s'est en effet amusé pendant de longues années à recenser tous les organismes étatiques aux acronymes les plus divers (n'en tirons aucune conclusion sur l'état de la vie sociale de M. de Laporte). Ce qui laisse songeur Alain Rémond, qui, lui, a ses petits préférés, comme la MARTHE (Mission d'Appui à la Réforme de la Tarification de l'Hebergement en Etablissement pour personnes âgées), le PLAISIR (Planification Informatisée des Soins Infirmiers Requis), le PEDALO (Programme Excel des Aides au Logement), l'UPATOU (Unité de Proximité, de Traitement et d'Orientation des Urgences) ou encore le COCUBU (Commission du Contrôle Budgétaire).


Des acronymes poétiques et loufouques, c'est bien, mais il y a mieux. Il y a russe. Il y a le Niiomtplaboparmbetzhelbetrabsbomonimonkonotdtekhstromont, une vénérable institution soviétique, dont l'acronyme, 56 lettres, le plus long du monde, pourrait être traduire en français par : « Le laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composées-monolithiques et monolithiques du département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l'institut de recherche scientifique de l'organisation pour la mécanisation de bâtiment et l'aide technique de l'académie du bâtiment et de l'architecture de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques ».


A l'heure qu'il est, merci messieurs les tombeurs de Mur et d'URSS, il est malheureusement probable que cet auguste laboratoire n'existe plus. Il a du disparaître en 1989, en même temps que les rêves de Robert Hue. Est-ce une bonne chose (le fait que le laboratoire ait disparu, pas les rêves de Robert Hue, suivez un peu, je vous en prie)? Probablement: pour le directeur de l'institut, que je nommerai arbitrairement avec de ridicule idées reçues, Monsieur Piotr Villonivitch, ça a du être un grand soulagement. Pourquoi, me direz vous, car vous êtes de bonne volonté et vous voulez que cette chronique sorte lentement des sables où elle menace de s'enliser, lentement également, hin, pourquoi? Mais c'est très simple. Prenez la vie quotidienne de cet homme. Vous n'imaginez donc pas le calvaire qu'endurait M. Villonovitch? Le coût de ses cartes de visites (78cm X 45cm), par exemple. Et puis les petites humiliations en société: « Et toi alors, Piotr, tu fais quoi dans la vie? ». Dans l'administration « Camarade Villonivitch, pouvez vous indiquer sur notre formulaire votre profession, sur la ligne en pointillés. Merci. » . Le chemin de croix de ses enfants dans la cour de l'école: « Mais, vas-y, dis le ce qu'il fait ton père, hin! Pourquoi tu le dis pas? ». Un vrai supplice, vous-dis-je. Donc, tant mieux. Reste quand même une dernière interrogation: qu'est donc devenu M. Villonovitch? Je pense personnellement, et si j'étais vous, je me ferais confiance, qu'il doit être désormais président du PaRaDem. Ou peut-être est-ce le directeur de l'UCRLTC (Union des Chroniqueurs qui Rament Lamentablement pour Trouver une Chute). Mystère.


A la semaine prochaine

30 mars 2008

Moustache

Quand j'ai vu le titre de la chronique d'Alain Rémond, « adieu moustache », je me suis dit, tiens, serait-ce donc là un nouveau décès tragique? (oui, je m'auto-interroge intérieurement, c'est très sympa, vous devriez essayer). Après Thierry Gilardi et Françoise de Panafieu, encore une disparition prématurée? (Au passage, je fais décidemment bien des parenthèses hors de propos, à l'occasion du décès du sympathique commentateur sportif, on nous a repassé plusieurs grands matchs de foot, dont un de 1995, où le PSG marquait des beaux buts en construisant des actions, et où Nantes jouait en 1ere division. C'est à ce genre de détails qu'on voit que l'on a changé de siècle). Alain Rémond aurait-il perdu un être cher? Vastes questions dont j'ai eu les réponses deux lignes plus bas.


Et bien, en fait, pas du tout. Alain Rémond parlait simplement de ce qui constitue l'un des plus importants phénomènes socio-culturo-psychologique du XXIe siècle,je veux bien sûr parler, vous l'aurez compris puisque c'est dans le titre, de la disparition sournoise mais certaine de la moustache. En effet, le taux de gens moustachus tend subrepticement de plus en plus vers Zéro. Et Alain Rémond de citer pour étayer son propos, si il en était besoin, quelques exemples. Ainsi, plus de ministres moustachus au gouvernement. Aucun, même en cherchant bien. Erik Orsenna est désormais imberbe.Régis Debray, qui était moustachu depuis peut-être sa propre naissance, est lui aussi à présent sans moustache ce qui, je pense a du faire retourner Che Guevara dans sa tombe. Remarquez, sachant qu'en 2007, Che Guevara avait déjà du se retourner dans sa tombe en voyant les scores de l'extrême gauche française aux présidentielles, il doit être à présent dans le bon sens, mais, je m'égare d'Austerlitz.


Donc, o rage o desepoir, o vieillesse ennemie, bisque bisque rage, damned, plus de moustache. C'est terrible. C'est affreux. Enfin, pour Alain Rémond, du moins. Parce que moi, franchement, je dis que ce n'est pas plus mal. Car je pose la question: Les moustachus sont-ils bien des gens comme nous? Précisons que je n'ai pas peur de réponde: non. Les barbus sont étranges. Bizarres. Le matin, ils passent de longs instants face au miroir, dans leur salle de bains. Ils font peur aux enfants. Des fois, ils votent à gauche. Quand je leur dit bonjour, ça pique. Attention, hin, j'ai de très bons amis moustachus. Mais quand même. Quand ils viennent, on range le service en argent et les bibelots de valeur. Pas par manque de confiance. Par précaution.


Bon, ne faisons pas d'amalgames hâtifs. C'est vrai qu'il y a des moustachus très bien. Tenez, Alain Rémond lui même, avoue cette semaine avoir été moustachu. Mais, quelques cas isolés peuvent-ils vraiment racheter tous leurs congénères? Je ne le crois pas. Les moustachus sont des gens méchants et dangereux. Chut, ne le répetez pas, c'est un secret, mais les moustachus font partie du vaste complot gauchisto-bolcheviko-islamisto-franc-maçonnique pour la domination du monde. Je le tiens de source sure. C'est Eric Zemmour qui me l'a dit.


A la semaine prochaine.



24 mars 2008

Fosses

Donc, la droite a perdu les municipales. La gauche aussi, dans certaines villes (la mienne,au hasard). Dans les deux cas, c'est parfois plutôt bêtement, comme nous le raconte « Le Canard Enchaîné » (oui, parce que des fois, je lis également le « Canard Enchaîné »): « A Sceaux (Hauts-de-Seine), la candidate PS qui avait recueilli 24% des voix au premier tour, a oublié de déposer sa liste pour le second. Du coup, le maire sortant, Philippe Laurent, a été réélu dans un fauteuil[...]. Le candidat UMP arrivé en tête au premier tour à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) ne s'est pas inscrit à temps, lui non plus, pour le second tour. Idem pour la liste PS aux Sables-d'Olonne (Vendée). Et pour le conseiller général sortant de Vézelise (Meurthe-et-Moselle). »


Alors là, je dois dire que je suis perplexe. Ça me dépasse. En dehors du fait que ça n'ait strictement rien à voir, de près ou de loin, avec Alain Rémond (qui nous raconte lui, la vente du château de Giscard, pour un prix qui doit égaler la valeur d' au moins trois diamants de Bokassa), dont je suis pourtant censé vous expliquer le talent incommensurable dans ces chroniques, ça me laisse pantois. Dubitatif. Pour réaliser, j'essaie un peu d'imaginer la scène. Prenons par hasard le candidat UMP à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) qui s'appelle apparemment M. Michel Traversino, comme je l'ai découvert à la suite d'une palpitante et périlleuse enquête d'investigation, car je suis un vrai journaliste, comme Charles Villeneuve. Mettons que nous sommes quelques temps après le premier tour, le jour où les candidats doivent s'inscrire en préfecture avant une heure indiquée. Précisons que nous sommes quelques minutes après cette heure fatidique, que je fixerai à 18h tapante, comme ça, au feeling. Donc, si vous avez suivi, nous sommes le 11 Mars, à 18h03, chez Monsieur Traversino qui vient justement de rentrer, les hasards sont merveilleux, de sa permanence électorale, et qui trouve, attendri, Madame Traversino et M. Traversino Junior en train de l'attendre patiamment pour regarder « Des chiffres et des lettres» (si tant est que ça soit toujours à l'antenne à 18h). M. Traversino à Mme Traversino: « Bonjour, chérie». Mme Traversino à M. Traversino: « Bonjour, chéri ». M.Traversino à M. Traversino Junior: « Bonjour, mon chéri ». ( Pourquoi les Traversino se disent-ils « bonjour », alors qu'un minimum de logique devrait les pousser à dire « bonsoir » à18h? Mystère ). Reprenons. M. Traversino: « Ah, quelle excellente journée de campagne, je la sens plutôt bien cette élection, puisque je le rappelle, au risque de ne pas paraître naturel du tout quand je m'exprime dans un cadre familiale , j'ai remporté 44% des suffrages! Ne trouves-tu pas, chérie? » Mme Traversino, d'un ton innocent, sans penser aux tragiques conséquences de ces paroles : « Oui, bien sûr. Au fait, Michel, comment s'est passé le dépôt de ta liste à la préfecture comme tu devais le faire impérativement avant 18h, tiens, c'est vrai que ce chroniqueur ne sait absolument pas écrire des dialogues naturels et que les siens sont pour le moins poussifs, alors, comment ça s'est passé? » M.Traversino: « Diantre! Fichtre! J'ai oublié de déposer ma liste! Argh! Me voilà fichu! Et puis,vivement que ce dialogue s'arrête, je parle d'une façon de plus en plus ridicule! ». Mme Traversino: « Mon dieu! ». M. Traversino Junior: « Bonne chance, mon papa. » Bertrand Renard à Laurent Romejko, dans le poste TV: « C'est très bien, Patrice. Le compte est bon ».


Le pire pour M. Traversino, ça a quand même du être la réaction de la ville de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants). Imaginons le pauvre homme dans sa permanence. Réunion stratégique au QG de M.Traversino, avec toute l'équipe de campagne, pas encore au courant de l'affreuse boulette de leur champion, qui se fait interpellé par un de ses co-listiers « Bon, ben, Michel (M. Traversino, avais-je oublié de le préciser, s'appelle Michel), écoute je pense que c'est faisable, hier tiens, avec toute l'équipe on s'est couché à 2h du matin pour être au top niveau tract et démarchage, et vu tout l'argent et l'énergie qu'on a investi dans cette campagne depuis un an, ça serait une catastrophe que nos adversaires gagnent. T'es d''accord avec moi, Michel, non? ».... Pauvre M. Traversino. A l'heure qu'il est, je pense qu'il a du déménager. Si c'est le cas, j'espère que ce sera lui le candidat de l'UMP dans ma ville, en 2014. Ça serait sympa. Rêvons-un peu.


Sinon, M.Barros* et M.Vaillant (oui, j'aime bien mettre des « M. » partout, ça fait genre, j'écris comme « Le Monde ») les adversaires (PS et DVG) de M. Traversino ont du bien rire.(Je précise que M. Barros, après un dépouillement d'un suspens insoutenable a remporté 100% des suffrages exprimés et 29 des 29 sièges du conseil municipal. Comme quoi, la Russie n'est pas si loin que ça de Paris.) Les militants UMP, moins. Les habitants de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) eux, ont accueilli la nouvelle avec une lueur d'ennui poli, malgré le caractère extraordinaire de la nouvelle, car avez-vous déjà vu des habitants de Fosses sceptiques? Pas moi, en tous cas.


A la semaine prochaine.

18 mars 2008

Défaite

Les défaites, ce n'est jamais très agréable à vivre, les supporters parisiens en savent quelque chose. Mais, parmi tous les genres de défaites, les sportives sont peut-être les plus faciles à encaisser: futilité du sujet, et puis, après tout est-on vraiment responsable du fait que Trézeguet tire mal ses coup francs? Non, assurément. En plus, vos ennemis, les gagnants, sont généralement loin, très loin, et ce n'est vraiment pas de chance si trois fleuves, un océan ou cinq départements ne vous séparent pas d'eux. Alors que les défaites électorales, c'est beaucoup plus embêtant. Même celles d'enjeu a priori modeste, mais qui revêtent tout à coup une importance folle. D'abord, c'est, je pense, le stress et l'angoisse du dépouillement, qui sont le pire. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé dans un bureau de vote lors de municipales dans un petit village. Il est 19h30, vous arrivez gaiement et joyeusement insouciant, pauvre malheureux. Et là, aux mines sombres de vos amis, de vos proches, des gens partageant les mêmes sensibilités politiques que vous, vous prenez comme un gros coup de poing très douloureux dans l'estomac. On devient blanc, la gorge nouée. On s'approche, près des bulletins en train d'être dé pouillés. On écoute les gens parler « Oui, il a deux voix de retard, mais je tiens d'une source sûre, qu'à l'école maternelle, il est devant, etc. ». On espère secrètement, que dans les dernières centaines, un miracle survienne. On regarde, un peu écœuré, les adversaires du camp d'en face sourire jusqu'au oreilles, et sortir à leurs amis, en vous regardant sadiquement, « Alors, t'as mis le champagne au frais? ». Les plus démoralisés vont à la mairie, où à la permanence électorale, en attente des résultats définitifs qui tombent, dans le hall, sous les hourras qui ne sont pas les vôtres, acclamant le nouveau champion qui fait un discours très émouvant disant qu'il est très ému d'être très ému, et que si ses adversaires sont émus, lui aussi est très ému, comme quoi, on est tous ému, qu'on peut tous ensemble être très ému, qu'il faut être tous ensemble très ému, et que ça prouve bien qu'il sera le maire, en cet instant très ému, de tous ses concitoyens eux aussi tous très ému, ce qui l'émeut beaucoup, comme c'est émouvant, il en est tout ému.


Bon, le pire (vous me direz: « vous avez dit: le pire... il y pas trois lignes, faudrait savoir, vous pourriez dire: le plus désagréable, etc. », peut-être, c'est pas faux, mais je vous répondrai de me ménager quand même un peu, hin, je suis sous le choc) ce sont les gens, persuadés qu'on a gagné qui vous appellent: « Alors, c'est bon, hin, on a combien d'avance? », auxquels il faut expliquer gentillement toute l'étendue du désastre. Et puis, il y a après. Que faire? Quand on gagne, on sait très bien que faire. On fait la fête en buvant (avec modération, bien sûr) du champagne. On fait le tour de la ville en klaxonnant. On passe devant les adversaires en criant des slogans très peu en conformité avec des règles de fair-play et d'esprit sportif. Bref, c'est la joie, l'ivresse, la déraison. Toute chose dont on s'aperçoit avec horreur que ce sont les adversaires qui vont en user, sur votre dos, dans de révoltantes réjouissances.


Et oui, on s'imaginait déjà à leur place, en train de saluer une belle victoire, et rien que d'imaginer ce qu'ils sont en train de passer en mousseux, ça vous met hors de vous. D'autant plus que là, vous êtes affalé dans un coin d'une salle sombre, ambiance quasi-funèbre, entre deux assiettes de cacahuètes, écoutant votre voisin dire que lui, depuis le début, il savait, il l'avait bien dit, il avait vu juste.


Après, c'est aussi, la semaine qui suit. Gros changements dans la vie de votre commune, qui d'une manière ou d'une autre vous touchent, plus ou moins directement. Chasse aux sorcières et perte de repères.

En plus, vous vous apercevez avec effroi que vos adversaires se sont affreusement infiltrés dans votre vie quotidienne, ce qu'ils vous font la semaine suivante cruellement et incessamment ressentir avec des phrases du genre, le lundi matin, au boulot: « On vous a bien eu, pas vrai? » ou « Ben dis donc, pas trop triste? Moi je suis crevé, si tu savais à quelle heure je me suis couché... ». Mais bien sûr que oui, je suis triste bande d'infâmes charognards, pas la peine de s'appesantir là dessus, quand même, ça va oui! (remarquez, je fais moi-même exactement pareil quand je me retrouve en position de force. A partir de là, est-ce tout à fait morale de faire ces reproches à mes collègues?, me direz-vous. Et bien, c'est gentil de votre sollicitude en de tels instants, votre soutien me touche beaucoup).


Mais bon, 6 ans, ça passe vite. Vous verrez la prochaine fois. Qui rira bien, rigolera vers la fin.

12 mars 2008

Vache

A quoi sert-donc le progrès si on ne peut même pas empêcher les vaches de roter? C'est la délicate question que se pose Alain Rémond dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne ». En effet, les vaches, passez moi l'expression, rotent. Jusque là, rien de bien inquiétant. Quel est le problème, alors, me direz-vous? C'est que le rot de vache contient du méthane (CH4). Beaucoup de méthane (CH4). C'est pourquoi, la prochaine que, sur une petite route d'une de nos belles campagnes,en allant chercher par une belle journée de printemps, un peu de pain au village voisin dont on entend sonner la cloche de l' église ancestrale aux murs couverts de glyscine, à l'ombre d'un vieux pommier, les pîeds crottés de boue, accoudé à la barrière nacré d'un champ à l'herbe grasse, regardant les blés dorés s'agiter au soleil de mai, vous croisez par hasard le regard tendre et chafouin d'un de ces lourds bovins, noble et majestueux, au pas tranquille de sénateur radical-socialiste, approchez vous de lui, n'hésitez pas, et dès que vous êtes suffisament prêt de sa grosse tête pour apercevoir la lueur d'affection douceureuse qu'il y a dans ses yeux, jetez lui donc une pierre, paf dans sa tête. Et oui, cette bête ignoble, malgré son aspect fort sympathique qui plait tant aux enfants est en train de réchauffer patiamment et sadiquement la planète, mettant ainsi à l'épreuve la biodiversité, et faisant fondre la banquise, où vivent nos amis les ours polaires, qui eux, ne rotent pas du méthane, ou alors, si, mais c'est une histoire de fous.


Donc, il faut empêcher les vaches de roter. « Il est bien difficile d'agir sur les ruminants » se désole « Le Monde », le poids de l'ennui, le choc des paupières. Difficile d'agir sur les ruminants? Dans la France du « Monde », peut-être! Dans celle du conservatisme et de l'immobilsime cégétisite, sans aucun doute! Mais dans celle de Nicolas Sarkozy, sûrement pas. Nicolas Sarkozy peut tout faire. N'a-t-il pas augmenté, depuis le début de son mandat, de façon phénoménale le pouvoir d'achat comme le ressentent tous les Français? La croissance dans notre pays n'est-t-elle pas de 3,5%? Si, puisque Jean-Marc Sylvestre l'a dit, et moi, je crois tout ce que me dit Jean-Marc Sylvestre. Or, si Nicolas Sarkozy a sauvé la France de la crise où elle s'enfonçait, il peut bien sauver le monde des rots des vaches.Certains affreux grincheux cependant crieront tout de suite qu' ils ne voient pas comment il peut faire, que c'est impossible, etc. Tttttttt. De tels propos sont désolants. Bien sûr que Nicolas Sarkozy a une solution pour tout. Et pour notre problème, celui qui nous intéresse (en tous cas, moi) depuis le début de cette chronique, également. C'est très simple. Pourquoi les vaches rotent? Parce qu'elles mangent. Par conséquent, empêchons les de manger. Pour toujours. De boire, oui, à la limite, on est pas sans coeur, non plus. Mais manger, ça non. Comme ça, plus aucun rot. Je sais ce que vous allez me dire: les vaches mourront. Et bien non, là est l'astuce. Elles se nourriront par intra-veineuse. De cette façon, non seulement plus de rot, mais nos campagnes auront toujours des vaches (sous perfusion, certes, mais on va pas chipoter). Et puis, si il y en a ne serait-ce qu'une seule vache qui s'avise de roter, on appelle le Président, et alors là, prenant son jet présidentiel, il atterit en pleine campagne corrézienne, il se plante devant la vache, sort délicatement la guitare de Carla Bruni, commence à lui jouer un air (le président sait tout faire) et dès que la vache est en confiance, paf la guitare sur la tête, et hop là, la vache, Brice Hortefeux, il l'envoie au Mali, on verra bien si elle continue à roter, non mais des fois.


Alors, ensemble, tout-ne devient-il pas possible?


02 mars 2008

Campagne

Ambiance champêtre cette semaine dans la chronique d'Alain Rémond, Salon de l'Agriculture oblige. Ce qui nous amène tout naturellement à cette interrogation bien obsédante, " Au fait, c'est quoi la campagne" ?. Et bien, c'est une excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée, en plus, petits veinards, vous avez le droit à la réponse pas plus tard que tout de suite.


La campagne, c'est où? La campagne est une vaste zone s'étendant de là à là, et d'ici à d'ici. Exemple: Paris n'est pas à la campagne.


La campagne, pour quoi faire? Ah, ça, c'est une bonne question. On peut raisonnablement dire que la campagne n'est pas très utile, puisque dès que l'on veut y construire une autoroute ou un Palais des Congrès, certains rouspètent. Donc, la campagne sert uniquement à faire joli. Ah, non, suis-je bête, la campagne sert aussi à faire vivre Jean-Pierre Pernault.


La campagne, ça ressemble à quoi? C'est assez beau. Il y a des champs de betteraves mais aussi des champs de maïs sans oublier des champs de blé, et bien sûr des champs de tournesols. De temps en temps, quelques fermes. Mais, le plus intéressant à la campagne, c'est la flore et la faune. Exemple de flore remarquable: arbre, fleur, buisson, brindille, très rarement un palmier. Exemple de faune sympathique et familière: veau, vache, cochon, poule, lapin, militant du RPR, etc.


Il y a des choses à voir, à la campagne? Pas grand chose, ah si, dans certaines campagnes, les rivières sont vertes et sentent étrange, c'est assez splendide. Bon, avec un peu de chance, tentez tout de même l'expérience suivante: allongez vous dans un champ de maïs par temps chaud. Là, deux possibilités:1) Si il fait vraiment très chaud et que vous êtes vraiment très chanceux, vous pourrez déguster du pop-corn gratuitement 2) Sinon, plus vraisemblablement, vous pourrez très bien aussi assister à un affrontement entre faucheur d'OGM et CRS, un spectacle inoubliable dont la narration fera le sel de vos dîners de famille.


La campagne, c'est bien? Bof, c'est salissant. Et puis on mange des aliments qui n'ont pas tellement le goût d'E78 et de colorant B56. En plus, c'est bruyant. Pourquoi? Mais enfin n'entendez-vous pas dans nos campagnes mugir ces féroces soldats?


Et qui vit à la campagne? Les paysans, qu'on appellera affectueusement " péquenauds " ou " bouseux ", ou encore d'une manière plus officielle "agriculteur ". Qu'est-ce qu'un agriculteur? C'est quelqu'un qui conduit un tracteur, comme François Bayrou, mais pour de vrai. Comment reconnaître un agriculteur? Faîtes un test tout simple: en présence d'un individu d'apparence paysanne, prononcez dans la même phrase: Chirac, TF1 et Bruxelles, et testez sa réaction. Si dans ses yeux passe une lueur d'ennui poli, ce n'est pas un agriculteur. Si il a pleuré au son de " Chirac " et sauté à votre coup en tentant manifestement de vous étrangler en entendant " Bruxelles ", pas de doute, c'est un agriculteur.


Sont-ils dangereux? Comme les chiens ou les contrôleurs fiscaux, les agriculteurs sont tout à fait pacifiques si on ne les énerve pas. Cependant, si un agriculteur vous agresse parce que vous auriez refusé le sympathique bout de fromage qu'il vous proposait, s'il se fait menaçant, n'hésitez pas, balancez lui un « Casse-toi pauv' con », normalement, cela fonctionne très bien (nous déclinons quand même toute responsabilité en cas d'échec et de coup de fusil intempestif).


Bon, ben alors, si c'est pas terrible, pourquoi nous en parler? Mais, amis lecteurs, je vous rappelle que c'est vous qui m'avez posé la question sur ce sujet, en début de chronique. Faudrait quand même savoir ce que vous voulez.