27 avril 2008

Mai

Imaginez. 40 ans après Mai 68, une nouvelle révolte éclate en France. Les étudiants et lycéens entrent en grève. La jeunesse veut du changement, de la liberté, les fleurs qui rient et les oiseux qui chantent et puis aussi la nouvelle Play-Station parce qu'y a Steven, le type de terminale S qui sort avec Julie qui m'a dit qu'elle était très bien. Bref. Darcos, t'es foutu-la-jeunesse-est-dans-la-rue, Pecresse, pas mieux. Peu à peu, le mouvement s'amplifie. Se radicalise. La Sorbonne est occupée. Paris tremble. Le Pape aussi, mais ça compte pas. En geste de solidarité pour les étudiants, Bernard-Henri Lévy déclare Saint-Germain-des-Près République Populaire dans une tribune du « Nouvel Observateur ». Les rangs des manifestants grossissent. L'opinion les soutient. Paniqué, le Président réunit ses collaborateurs dans son bureau, et François Fillon, pour servir le café. La décision, radicale, est prise: Brice Hortefeux videra ses charters de sans-papiers maliens pour tenter de les remplir de racaille gauchiste. Indignation. Polémique. Bernard Kouchner démissionne en direct à la télévision. Le SMS que le Président lui envoie, pour le retenir, « Si tu reviens, j'annule tout », dévoilé par Airy Routier, ne suffit pas à faire changer d'avis le French Doctor. Carla Bruni exprime dans « L'Express » sa solidarité avec le mouvement étudiant. C'est la crise. On est mi-mai, et le pays vacille.


Le Quartier Latin s'embrase. A la Mairie du V eme, les Tibéri sont séquestrés. Les images des cortèges sans cesse plus fournis passent en boucle à la télévision.En voyant les actualités, Eric Zemmour fait une syncope: le choc est trop fort. Heureusement pour lui, et malheureusement pour SOS Racisme, c'est bénin. Aussitôt, pourtant,Jean-Pierre Elkabach annonce le décès du journaliste à l'antenne d'Europe 1, déclenchant une grogne furieuse chez ses employés. La station se met en grève, bientôt imitée par toutes les grandes rédactions parisiennes. Jean-Pierre Pernault est en fuite. Jean-Marc Sylvestre se cache. Jean-Michel Apathie s'exile. La contestation prend de l'ampleur.


Dans les rangs des étudiants, on se cherche un chef. On croit le trouver quand Olivier Besancenot rencontre par hasard Cohen-Bendit au salon Rotschild du « Fouquet's », mais, la jeunesse se prend à rêver d'un autre, symbole de toutes les injustices, de toutes les humiliations qu'ils subissent: David Martinon, bientôt surnommé « David le Rouge » qui fait son grand come-back . Surprise et étonnement. Le jeune rebelle met au défi la police et le gouvernement chaque jour devant les caméras, en tête des cortèges. Du côté du pouvoir, justement, on s'inquiète. L'exécutif a peur. On hésite. On se tâte. On parle de nouveaux accords de Grenelle, confiés à Denis Gauthier-Sauvagnac, mais le projet tourne court. Au 20 h, on annonce gravement que le Président s'est rendu à Badeno-Badeno (Lybie) avec un avion prêté par Vincent Bolloré. L'interrogation est à son comble, la France doute.


Sarkozy parti, Lionel Jospin se propose, pour prendre la tête d'un gouvernement provisoire. Mais la situation politique est soudainement bouleversée. Alors que dans les usines, Gentil Xavier Bertrand réussit peu à peu à remettre les feignasses de cégétistes au boulot, les troupes estudiantines de David le Rouge se déchaînent. Trop. Face aux CRS, les étudiants ravagent le Boulevard Saint-Michel. Les voitures sont brûlées, les arbres arrachés, les pavés, descellés. L'opinion, soudain, change d'avis comme le proclame le Figaro en une de son édition du 30 Mai: « Selon un sondage Opinion-Way: 85% des Français sont contre la violence: Sarkozy est conforté. »Du coup, le Président revient et provoque des législatives anticipées. Pour l'UMP, c'est un triomphe. La révolte s'arrête net, la jeunesse repart bachoter et les ouvriers reprennet le travail. Mai 2008 a tourné court. A croire que c'est une manie.


A la semaine prochaine.

20 avril 2008

Var

Vu que tout le monde parle de sa région à lui, Dany Boon du Nord-Pas-de-Calais, ou même Alain Rémond de sa Bretagne natale, cette semaine dans « Marianne »; et vu que jusqu'à preuve du contraire, j'ai le droit de faire à peu près ce dont j'ai envie sur mon blog, il n'y a strictement aucune raison pour que ne puisse pas parler de ma région à moi-même personnellement, de ce département où chantent les cigales et où poussent les immeubles, au charme exotique envoûtant, le plus beau de France, vous voyez forcément duquel je veux parler, surtout que c'est écrit en bien gros au dessus de cette chronique, oui, amis lecteurs, intéressons-nous aujourd'hui au Var (83).


En effet, j'habite le Var, non pas pour de basse raisons touristico-climatiques mais parce que c'est un des rares endroits de notre beau pays où l'on peut être sûr de ne pas avoir de voisins communistes, c'est plus pratique, le libraire nous fait un prix de groupe pour « Le Figaro ».


Donc, le Var. Le Var se situe au Sud de la France, dans la partie la plus civilisée du territoire français. Néanmoins, aussi surprenant que cela puisse paraître, le Var est franchement limitrophe du Grand Nord. En effet, arrêtez donc un Varois dans la rue, pas trop fort, en le tenant par le déambulateur, et demandez-lui où se situe pour lui le Nord. Immanquablement, celui-ci vous répondra (si vous avez la chance de tomber sur un Varois qui ne soit pas sourd) la chose suivante: au dessus, environ, d'une ligne Montpellier-Grenoble, la neige tombe, l'hiver dure quatorze mois et les autochtones se nourrissent de phoques qu'ils pêchent en perçant la banquise.

Déjà, le Varois divise généralement son beau département en trois partie: la côte, régulièrement envahie par les hordes sales et bruyantes de Congés Payés gras et laids, le Moyen-Var, territoire encore à peu près civilisé et enfin, le Haut-Var, zone mystérieuse, noyée sous une forêt épaisse où s'ébrouent des sauvages cannibales dans des cascades d'eau turquoise.

Fort de cette assurance tranquille, le Varois mène une vie calme et douce dans sa belle villa les pieds dans l'eau , où il bronze en lisant les différents représentants journalistiques des sensibilités politiques varoises: « Var Matin », pour l'UMP; « Var Matin », pour l'UMP, et enfin « Var Matin », pour l'UMP. Régulièrement, le Varois choisit quel candidat UMP sera son maire, ou son conseiller général. Parfois, malheureusement, l'UMP perd l'élection et c'est un bolchevik Divers-Droite qui gagne. Les élus varois de droite, pardon je bafouille, sont des gens très bien et très sérieux. Ils ne font pas de culture (bahhhhhh, un truc de gauchistes) ou de social (bêrk!) par contre, ils ravissent leurs électeurs en plantant artistiquement des palmiers et en illuminant des guirlandes de Noël. Cependant, les élus varois sont assez dépressifs, et il leur arrive trop souvent de se suicider de deux balles dans le dos.


Les Varois parlent le Varois. Exemple: la phrase française « Je voudrais un café, s'il vous plait » se traduit en varois par « Non merci, vu les prix, je prends de l'eau ». En français, on dit « Excusez-moi monsieur, puis-je vous aider, vous semblez avoir besoin d'aide » alors qu'en varois on préférera « Non, désolé, débrouillez-vous, je donne jamais rien, moi, je suis pas intéressé. »; « jeune » se dit chez nous « moins de 50 ans »; « génial! Si on allait à la plage! » se traduit par «oh, non! encore? »; «horrible fachiste» par «sympathique militant légèrement radical» et « logements sociaux », euh.. le mot n'existe pas.


N'importe qui peut pas devenir Varois: il faut obligatoirement remplir les conditions suivantes a)être riche b) être vieux c) être de droite (certains me diront que les deux premiers critères induisent le troisième, c'est mesquin, chers amis). Je signale quand même que des dérogations sont exceptionnellement accordés aux citoyens corses, et aux membres de l'UDF. De ce fait, les Varois sont tous vieux et riches. Attention, quand un jeune riche mais vulgaire habite dans le Var, ce n'est pas un varois: c'est Nicolas Sarkozy qui vient au Fort de Brégançon.


Enfin, le Varois dispose d'un cadre de vie tout à fait exceptionnel, assez peu comparable à celui d'un habitant de Vierzon. En effet, le Varois peut aller à la Mer, visiter de superbes villages, tester ses connaissances pyrotechniques dans des fôrets où gambadent sous les cigales de rigolards et ventrus sangliers, ou même François Léotard.

Voilà, chers amis, c'était ma minute « j'habite un endroit plus joli que vous, et j'ai envie d'en parler ». Merci de m'avoir écouté.

A la semaine prochaine.

13 avril 2008

Tibet

Vous avez remarqué? Le monde médiatique français fonctionne éternellement de la même façon. Toujours. C'est inamovible. Tout commence par un événement spectaculaire et dramatique. Dernier exemple en date, les JO. La Chine. Le Tibet. Les athlètes chinois qui, dans un louable souci de changement et d'innovation, remplacent les cibles du tir à la carabine par des moines bouddhistes. Un bonze tibétain remplace-t-il avantageusement une cible de tir à la carabine? Oui, à condition, que le bonze tibétain ne soit pas au courant. Mis au parfum, le bonze rechigne, bouge, et bon, pour tirer dans de bonnes conditions, il faut quand même une cible un minimum immobile. Bref. La Chine massacre nos amis les Tibétains, événement tragique auquel s'intéressent tous les grands médias sérieux et indépendants, ou même TF1.


Première temps: des ames éplorées s'indignent tandis que des esprits indignés s'éplorent. Ainsi, au dessous d'une ligne Perpignan-Ajaccio,dès que le sang coule, que des dictateurs répriment, que la démocratie est mise à mal et la liberté sous les verrous, aussitôt accourent sur les ondes hertziennes ces Robert Ménard, Renaud, éternel rebelle qui ne tolérera jamais par exemple une quelconque augmentation des tarifs du Café de Flore, Cali, Bernard-Henri Lévy, qui regrettera toute sa vie de ne pas avoir pu assister au génocide arménien, il en aurait fait trois best-seller, Bernard Kouchner (ah, plus trop, bizarrement), et j'en passe et des plus cathodiques qui viennent, scandalisés par notre passivité molle, nous inciter, nous qui ne faisons honteusement rien, à rejoindre des causes grandioses où l'on pourra enfin et à peu de frais racheter notre pauvre conscience.Pour eux, trouver une situation inacceptable et révoltante chez Ardisson, entre une vendeuse d'albums et un acteur qui répète que si tout le monde trouve son film à succès complètement nul, c'est « parce que c'est typiquement français, comme réaction », ce rôle d'agitateur humanitaire télévisuel peut constituer un véritable métier ou un simple passe-temps pour artistes engagés, entre deux concerts dans le Massif central et un dîner chez Séguéla.


Deuxième temps: les politiques réagissent. En général, Ségolène Royal sort une proposition qui fait doucement rigoler les porte-paroles de l'UMP plus si triomphante que ça et les analystes politiques rigoureux, qui sur RTL, qui chez Calvi, qui dans « Le Monde ». Ensuite, immanquablement, Rama Yade fait une gaffe, Fillon la rattrape et le mari de Carla Bruni, lui, s'empare de l'affaire: « Je ne tolérerai pas de tels agissements. Parce que, c'est quand même extraordinaire, hin, parce que, qu'est ce que je dois faire M'ame Chabot? Alors, moi je vous le dis, je n'ai qu 'un message à adresser à nos amis les Chinois: « Cassez vous du Tibet, pov'con. » »Les dirigeants socialistes populaires et légitimes et constructifs, comme euh....enfin....euh, François Hollande et ses copains interpellent le gouvernement. « C'est un nouveau constat d'échec pour Nicolas Sarkozy et François Fillon....pendant la campagne électorale le président avait promis...du temps de Lionel Jospin, ah ça, c'était différent...et je constate que sur ce sujet sensible.... la majorité est divisée... »


Troisième temps: les ronchons qui débarquent au bout de quelques temps, en face des indignés professionnels, en nous racontant totalement le contraire. Et bien non, pas du tout, ce n'est pas aussi simple que cela, vu de France, bien sûr, c'est facile, etc. Tout d'un coup, en l'espace de deux déclarations de Jean-Luc Mélenchon, d'une intervention d'Eric Zemmour et trois articles de « Marianne »,ça fait soudainement plus chic d'avoir la pensée opposée sur un sujet pourtant consensuel. Les Tibétains sont des feignasses, les Chinois des victimes du racisme de la pensée unique. Comme leurs amis les scandalisés professionnels, les rétablisseurs de vérités-honteusement-tues-par-les-médias-bien-pensants infligent alors à nos yeux fatigués et à nos oreilles dubitatives leur vision iconoclaste de telle situation internationale ou événement planétaire Trouver la part d'ombre enfouie, retourner les situations, inverser le rôle des « gentils » et des « méchants », voilà leur unique passion. Ils sont « anti-conformistes ». Qu'est ce qu'un anti-conformiste, me direz-vous? Et bien quand quelqu'un tient des propos racistes, on dit qu'il est raciste. Quand Eric Zemmour tient des propos racistes, on l'acclame en tant qu' « anti-conformiste ». Nuance.


Dernier temps, enfin: On oublie. Le Darfour, la Birmanie, et bientôt, donc le Tibet, tous connaissent lentement et inexorablement ce curieux phénomène. Peu à peu, on passe à autre chose. Les morts s'entassent toujours mais les médias français n'en parlent plus. Au 20h, les reportages concernent d'autres sujets. BHL ré-ajuste sa chemise. Robert Ménard tente de trouver un sujet qui lui assure 2minutes de plus chez Ruquier. Kouchner s'achète un nouveau sac de riz. Georges Frêche retourne à ses préoccupations languedocciennes. Déjà, les débatteurs de Pascal Clarck boive leur café autour d'un autre sujet. La France se rendort, en attendant la prochaine fois. Comme toujours.


A la semaine prochaine.

07 avril 2008

Abréviations

Cette semaine, Alain Rémond, dans une incroyable chronique, qui ferait même rire François Fillon, nous fait part d'une de ses passionnantes lectures, « Sigles, abréviations et faux-amis, dans les domaines du logement, de la retraite, du social et du médico-social » de M. Yves-Philippe de Laporte. M. de Laporte s'est en effet amusé pendant de longues années à recenser tous les organismes étatiques aux acronymes les plus divers (n'en tirons aucune conclusion sur l'état de la vie sociale de M. de Laporte). Ce qui laisse songeur Alain Rémond, qui, lui, a ses petits préférés, comme la MARTHE (Mission d'Appui à la Réforme de la Tarification de l'Hebergement en Etablissement pour personnes âgées), le PLAISIR (Planification Informatisée des Soins Infirmiers Requis), le PEDALO (Programme Excel des Aides au Logement), l'UPATOU (Unité de Proximité, de Traitement et d'Orientation des Urgences) ou encore le COCUBU (Commission du Contrôle Budgétaire).


Des acronymes poétiques et loufouques, c'est bien, mais il y a mieux. Il y a russe. Il y a le Niiomtplaboparmbetzhelbetrabsbomonimonkonotdtekhstromont, une vénérable institution soviétique, dont l'acronyme, 56 lettres, le plus long du monde, pourrait être traduire en français par : « Le laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composées-monolithiques et monolithiques du département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l'institut de recherche scientifique de l'organisation pour la mécanisation de bâtiment et l'aide technique de l'académie du bâtiment et de l'architecture de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques ».


A l'heure qu'il est, merci messieurs les tombeurs de Mur et d'URSS, il est malheureusement probable que cet auguste laboratoire n'existe plus. Il a du disparaître en 1989, en même temps que les rêves de Robert Hue. Est-ce une bonne chose (le fait que le laboratoire ait disparu, pas les rêves de Robert Hue, suivez un peu, je vous en prie)? Probablement: pour le directeur de l'institut, que je nommerai arbitrairement avec de ridicule idées reçues, Monsieur Piotr Villonivitch, ça a du être un grand soulagement. Pourquoi, me direz vous, car vous êtes de bonne volonté et vous voulez que cette chronique sorte lentement des sables où elle menace de s'enliser, lentement également, hin, pourquoi? Mais c'est très simple. Prenez la vie quotidienne de cet homme. Vous n'imaginez donc pas le calvaire qu'endurait M. Villonovitch? Le coût de ses cartes de visites (78cm X 45cm), par exemple. Et puis les petites humiliations en société: « Et toi alors, Piotr, tu fais quoi dans la vie? ». Dans l'administration « Camarade Villonivitch, pouvez vous indiquer sur notre formulaire votre profession, sur la ligne en pointillés. Merci. » . Le chemin de croix de ses enfants dans la cour de l'école: « Mais, vas-y, dis le ce qu'il fait ton père, hin! Pourquoi tu le dis pas? ». Un vrai supplice, vous-dis-je. Donc, tant mieux. Reste quand même une dernière interrogation: qu'est donc devenu M. Villonovitch? Je pense personnellement, et si j'étais vous, je me ferais confiance, qu'il doit être désormais président du PaRaDem. Ou peut-être est-ce le directeur de l'UCRLTC (Union des Chroniqueurs qui Rament Lamentablement pour Trouver une Chute). Mystère.


A la semaine prochaine

30 mars 2008

Moustache

Quand j'ai vu le titre de la chronique d'Alain Rémond, « adieu moustache », je me suis dit, tiens, serait-ce donc là un nouveau décès tragique? (oui, je m'auto-interroge intérieurement, c'est très sympa, vous devriez essayer). Après Thierry Gilardi et Françoise de Panafieu, encore une disparition prématurée? (Au passage, je fais décidemment bien des parenthèses hors de propos, à l'occasion du décès du sympathique commentateur sportif, on nous a repassé plusieurs grands matchs de foot, dont un de 1995, où le PSG marquait des beaux buts en construisant des actions, et où Nantes jouait en 1ere division. C'est à ce genre de détails qu'on voit que l'on a changé de siècle). Alain Rémond aurait-il perdu un être cher? Vastes questions dont j'ai eu les réponses deux lignes plus bas.


Et bien, en fait, pas du tout. Alain Rémond parlait simplement de ce qui constitue l'un des plus importants phénomènes socio-culturo-psychologique du XXIe siècle,je veux bien sûr parler, vous l'aurez compris puisque c'est dans le titre, de la disparition sournoise mais certaine de la moustache. En effet, le taux de gens moustachus tend subrepticement de plus en plus vers Zéro. Et Alain Rémond de citer pour étayer son propos, si il en était besoin, quelques exemples. Ainsi, plus de ministres moustachus au gouvernement. Aucun, même en cherchant bien. Erik Orsenna est désormais imberbe.Régis Debray, qui était moustachu depuis peut-être sa propre naissance, est lui aussi à présent sans moustache ce qui, je pense a du faire retourner Che Guevara dans sa tombe. Remarquez, sachant qu'en 2007, Che Guevara avait déjà du se retourner dans sa tombe en voyant les scores de l'extrême gauche française aux présidentielles, il doit être à présent dans le bon sens, mais, je m'égare d'Austerlitz.


Donc, o rage o desepoir, o vieillesse ennemie, bisque bisque rage, damned, plus de moustache. C'est terrible. C'est affreux. Enfin, pour Alain Rémond, du moins. Parce que moi, franchement, je dis que ce n'est pas plus mal. Car je pose la question: Les moustachus sont-ils bien des gens comme nous? Précisons que je n'ai pas peur de réponde: non. Les barbus sont étranges. Bizarres. Le matin, ils passent de longs instants face au miroir, dans leur salle de bains. Ils font peur aux enfants. Des fois, ils votent à gauche. Quand je leur dit bonjour, ça pique. Attention, hin, j'ai de très bons amis moustachus. Mais quand même. Quand ils viennent, on range le service en argent et les bibelots de valeur. Pas par manque de confiance. Par précaution.


Bon, ne faisons pas d'amalgames hâtifs. C'est vrai qu'il y a des moustachus très bien. Tenez, Alain Rémond lui même, avoue cette semaine avoir été moustachu. Mais, quelques cas isolés peuvent-ils vraiment racheter tous leurs congénères? Je ne le crois pas. Les moustachus sont des gens méchants et dangereux. Chut, ne le répetez pas, c'est un secret, mais les moustachus font partie du vaste complot gauchisto-bolcheviko-islamisto-franc-maçonnique pour la domination du monde. Je le tiens de source sure. C'est Eric Zemmour qui me l'a dit.


A la semaine prochaine.



24 mars 2008

Fosses

Donc, la droite a perdu les municipales. La gauche aussi, dans certaines villes (la mienne,au hasard). Dans les deux cas, c'est parfois plutôt bêtement, comme nous le raconte « Le Canard Enchaîné » (oui, parce que des fois, je lis également le « Canard Enchaîné »): « A Sceaux (Hauts-de-Seine), la candidate PS qui avait recueilli 24% des voix au premier tour, a oublié de déposer sa liste pour le second. Du coup, le maire sortant, Philippe Laurent, a été réélu dans un fauteuil[...]. Le candidat UMP arrivé en tête au premier tour à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) ne s'est pas inscrit à temps, lui non plus, pour le second tour. Idem pour la liste PS aux Sables-d'Olonne (Vendée). Et pour le conseiller général sortant de Vézelise (Meurthe-et-Moselle). »


Alors là, je dois dire que je suis perplexe. Ça me dépasse. En dehors du fait que ça n'ait strictement rien à voir, de près ou de loin, avec Alain Rémond (qui nous raconte lui, la vente du château de Giscard, pour un prix qui doit égaler la valeur d' au moins trois diamants de Bokassa), dont je suis pourtant censé vous expliquer le talent incommensurable dans ces chroniques, ça me laisse pantois. Dubitatif. Pour réaliser, j'essaie un peu d'imaginer la scène. Prenons par hasard le candidat UMP à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) qui s'appelle apparemment M. Michel Traversino, comme je l'ai découvert à la suite d'une palpitante et périlleuse enquête d'investigation, car je suis un vrai journaliste, comme Charles Villeneuve. Mettons que nous sommes quelques temps après le premier tour, le jour où les candidats doivent s'inscrire en préfecture avant une heure indiquée. Précisons que nous sommes quelques minutes après cette heure fatidique, que je fixerai à 18h tapante, comme ça, au feeling. Donc, si vous avez suivi, nous sommes le 11 Mars, à 18h03, chez Monsieur Traversino qui vient justement de rentrer, les hasards sont merveilleux, de sa permanence électorale, et qui trouve, attendri, Madame Traversino et M. Traversino Junior en train de l'attendre patiamment pour regarder « Des chiffres et des lettres» (si tant est que ça soit toujours à l'antenne à 18h). M. Traversino à Mme Traversino: « Bonjour, chérie». Mme Traversino à M. Traversino: « Bonjour, chéri ». M.Traversino à M. Traversino Junior: « Bonjour, mon chéri ». ( Pourquoi les Traversino se disent-ils « bonjour », alors qu'un minimum de logique devrait les pousser à dire « bonsoir » à18h? Mystère ). Reprenons. M. Traversino: « Ah, quelle excellente journée de campagne, je la sens plutôt bien cette élection, puisque je le rappelle, au risque de ne pas paraître naturel du tout quand je m'exprime dans un cadre familiale , j'ai remporté 44% des suffrages! Ne trouves-tu pas, chérie? » Mme Traversino, d'un ton innocent, sans penser aux tragiques conséquences de ces paroles : « Oui, bien sûr. Au fait, Michel, comment s'est passé le dépôt de ta liste à la préfecture comme tu devais le faire impérativement avant 18h, tiens, c'est vrai que ce chroniqueur ne sait absolument pas écrire des dialogues naturels et que les siens sont pour le moins poussifs, alors, comment ça s'est passé? » M.Traversino: « Diantre! Fichtre! J'ai oublié de déposer ma liste! Argh! Me voilà fichu! Et puis,vivement que ce dialogue s'arrête, je parle d'une façon de plus en plus ridicule! ». Mme Traversino: « Mon dieu! ». M. Traversino Junior: « Bonne chance, mon papa. » Bertrand Renard à Laurent Romejko, dans le poste TV: « C'est très bien, Patrice. Le compte est bon ».


Le pire pour M. Traversino, ça a quand même du être la réaction de la ville de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants). Imaginons le pauvre homme dans sa permanence. Réunion stratégique au QG de M.Traversino, avec toute l'équipe de campagne, pas encore au courant de l'affreuse boulette de leur champion, qui se fait interpellé par un de ses co-listiers « Bon, ben, Michel (M. Traversino, avais-je oublié de le préciser, s'appelle Michel), écoute je pense que c'est faisable, hier tiens, avec toute l'équipe on s'est couché à 2h du matin pour être au top niveau tract et démarchage, et vu tout l'argent et l'énergie qu'on a investi dans cette campagne depuis un an, ça serait une catastrophe que nos adversaires gagnent. T'es d''accord avec moi, Michel, non? ».... Pauvre M. Traversino. A l'heure qu'il est, je pense qu'il a du déménager. Si c'est le cas, j'espère que ce sera lui le candidat de l'UMP dans ma ville, en 2014. Ça serait sympa. Rêvons-un peu.


Sinon, M.Barros* et M.Vaillant (oui, j'aime bien mettre des « M. » partout, ça fait genre, j'écris comme « Le Monde ») les adversaires (PS et DVG) de M. Traversino ont du bien rire.(Je précise que M. Barros, après un dépouillement d'un suspens insoutenable a remporté 100% des suffrages exprimés et 29 des 29 sièges du conseil municipal. Comme quoi, la Russie n'est pas si loin que ça de Paris.) Les militants UMP, moins. Les habitants de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) eux, ont accueilli la nouvelle avec une lueur d'ennui poli, malgré le caractère extraordinaire de la nouvelle, car avez-vous déjà vu des habitants de Fosses sceptiques? Pas moi, en tous cas.


A la semaine prochaine.

18 mars 2008

Défaite

Les défaites, ce n'est jamais très agréable à vivre, les supporters parisiens en savent quelque chose. Mais, parmi tous les genres de défaites, les sportives sont peut-être les plus faciles à encaisser: futilité du sujet, et puis, après tout est-on vraiment responsable du fait que Trézeguet tire mal ses coup francs? Non, assurément. En plus, vos ennemis, les gagnants, sont généralement loin, très loin, et ce n'est vraiment pas de chance si trois fleuves, un océan ou cinq départements ne vous séparent pas d'eux. Alors que les défaites électorales, c'est beaucoup plus embêtant. Même celles d'enjeu a priori modeste, mais qui revêtent tout à coup une importance folle. D'abord, c'est, je pense, le stress et l'angoisse du dépouillement, qui sont le pire. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé dans un bureau de vote lors de municipales dans un petit village. Il est 19h30, vous arrivez gaiement et joyeusement insouciant, pauvre malheureux. Et là, aux mines sombres de vos amis, de vos proches, des gens partageant les mêmes sensibilités politiques que vous, vous prenez comme un gros coup de poing très douloureux dans l'estomac. On devient blanc, la gorge nouée. On s'approche, près des bulletins en train d'être dé pouillés. On écoute les gens parler « Oui, il a deux voix de retard, mais je tiens d'une source sûre, qu'à l'école maternelle, il est devant, etc. ». On espère secrètement, que dans les dernières centaines, un miracle survienne. On regarde, un peu écœuré, les adversaires du camp d'en face sourire jusqu'au oreilles, et sortir à leurs amis, en vous regardant sadiquement, « Alors, t'as mis le champagne au frais? ». Les plus démoralisés vont à la mairie, où à la permanence électorale, en attente des résultats définitifs qui tombent, dans le hall, sous les hourras qui ne sont pas les vôtres, acclamant le nouveau champion qui fait un discours très émouvant disant qu'il est très ému d'être très ému, et que si ses adversaires sont émus, lui aussi est très ému, comme quoi, on est tous ému, qu'on peut tous ensemble être très ému, qu'il faut être tous ensemble très ému, et que ça prouve bien qu'il sera le maire, en cet instant très ému, de tous ses concitoyens eux aussi tous très ému, ce qui l'émeut beaucoup, comme c'est émouvant, il en est tout ému.


Bon, le pire (vous me direz: « vous avez dit: le pire... il y pas trois lignes, faudrait savoir, vous pourriez dire: le plus désagréable, etc. », peut-être, c'est pas faux, mais je vous répondrai de me ménager quand même un peu, hin, je suis sous le choc) ce sont les gens, persuadés qu'on a gagné qui vous appellent: « Alors, c'est bon, hin, on a combien d'avance? », auxquels il faut expliquer gentillement toute l'étendue du désastre. Et puis, il y a après. Que faire? Quand on gagne, on sait très bien que faire. On fait la fête en buvant (avec modération, bien sûr) du champagne. On fait le tour de la ville en klaxonnant. On passe devant les adversaires en criant des slogans très peu en conformité avec des règles de fair-play et d'esprit sportif. Bref, c'est la joie, l'ivresse, la déraison. Toute chose dont on s'aperçoit avec horreur que ce sont les adversaires qui vont en user, sur votre dos, dans de révoltantes réjouissances.


Et oui, on s'imaginait déjà à leur place, en train de saluer une belle victoire, et rien que d'imaginer ce qu'ils sont en train de passer en mousseux, ça vous met hors de vous. D'autant plus que là, vous êtes affalé dans un coin d'une salle sombre, ambiance quasi-funèbre, entre deux assiettes de cacahuètes, écoutant votre voisin dire que lui, depuis le début, il savait, il l'avait bien dit, il avait vu juste.


Après, c'est aussi, la semaine qui suit. Gros changements dans la vie de votre commune, qui d'une manière ou d'une autre vous touchent, plus ou moins directement. Chasse aux sorcières et perte de repères.

En plus, vous vous apercevez avec effroi que vos adversaires se sont affreusement infiltrés dans votre vie quotidienne, ce qu'ils vous font la semaine suivante cruellement et incessamment ressentir avec des phrases du genre, le lundi matin, au boulot: « On vous a bien eu, pas vrai? » ou « Ben dis donc, pas trop triste? Moi je suis crevé, si tu savais à quelle heure je me suis couché... ». Mais bien sûr que oui, je suis triste bande d'infâmes charognards, pas la peine de s'appesantir là dessus, quand même, ça va oui! (remarquez, je fais moi-même exactement pareil quand je me retrouve en position de force. A partir de là, est-ce tout à fait morale de faire ces reproches à mes collègues?, me direz-vous. Et bien, c'est gentil de votre sollicitude en de tels instants, votre soutien me touche beaucoup).


Mais bon, 6 ans, ça passe vite. Vous verrez la prochaine fois. Qui rira bien, rigolera vers la fin.

12 mars 2008

Vache

A quoi sert-donc le progrès si on ne peut même pas empêcher les vaches de roter? C'est la délicate question que se pose Alain Rémond dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne ». En effet, les vaches, passez moi l'expression, rotent. Jusque là, rien de bien inquiétant. Quel est le problème, alors, me direz-vous? C'est que le rot de vache contient du méthane (CH4). Beaucoup de méthane (CH4). C'est pourquoi, la prochaine que, sur une petite route d'une de nos belles campagnes,en allant chercher par une belle journée de printemps, un peu de pain au village voisin dont on entend sonner la cloche de l' église ancestrale aux murs couverts de glyscine, à l'ombre d'un vieux pommier, les pîeds crottés de boue, accoudé à la barrière nacré d'un champ à l'herbe grasse, regardant les blés dorés s'agiter au soleil de mai, vous croisez par hasard le regard tendre et chafouin d'un de ces lourds bovins, noble et majestueux, au pas tranquille de sénateur radical-socialiste, approchez vous de lui, n'hésitez pas, et dès que vous êtes suffisament prêt de sa grosse tête pour apercevoir la lueur d'affection douceureuse qu'il y a dans ses yeux, jetez lui donc une pierre, paf dans sa tête. Et oui, cette bête ignoble, malgré son aspect fort sympathique qui plait tant aux enfants est en train de réchauffer patiamment et sadiquement la planète, mettant ainsi à l'épreuve la biodiversité, et faisant fondre la banquise, où vivent nos amis les ours polaires, qui eux, ne rotent pas du méthane, ou alors, si, mais c'est une histoire de fous.


Donc, il faut empêcher les vaches de roter. « Il est bien difficile d'agir sur les ruminants » se désole « Le Monde », le poids de l'ennui, le choc des paupières. Difficile d'agir sur les ruminants? Dans la France du « Monde », peut-être! Dans celle du conservatisme et de l'immobilsime cégétisite, sans aucun doute! Mais dans celle de Nicolas Sarkozy, sûrement pas. Nicolas Sarkozy peut tout faire. N'a-t-il pas augmenté, depuis le début de son mandat, de façon phénoménale le pouvoir d'achat comme le ressentent tous les Français? La croissance dans notre pays n'est-t-elle pas de 3,5%? Si, puisque Jean-Marc Sylvestre l'a dit, et moi, je crois tout ce que me dit Jean-Marc Sylvestre. Or, si Nicolas Sarkozy a sauvé la France de la crise où elle s'enfonçait, il peut bien sauver le monde des rots des vaches.Certains affreux grincheux cependant crieront tout de suite qu' ils ne voient pas comment il peut faire, que c'est impossible, etc. Tttttttt. De tels propos sont désolants. Bien sûr que Nicolas Sarkozy a une solution pour tout. Et pour notre problème, celui qui nous intéresse (en tous cas, moi) depuis le début de cette chronique, également. C'est très simple. Pourquoi les vaches rotent? Parce qu'elles mangent. Par conséquent, empêchons les de manger. Pour toujours. De boire, oui, à la limite, on est pas sans coeur, non plus. Mais manger, ça non. Comme ça, plus aucun rot. Je sais ce que vous allez me dire: les vaches mourront. Et bien non, là est l'astuce. Elles se nourriront par intra-veineuse. De cette façon, non seulement plus de rot, mais nos campagnes auront toujours des vaches (sous perfusion, certes, mais on va pas chipoter). Et puis, si il y en a ne serait-ce qu'une seule vache qui s'avise de roter, on appelle le Président, et alors là, prenant son jet présidentiel, il atterit en pleine campagne corrézienne, il se plante devant la vache, sort délicatement la guitare de Carla Bruni, commence à lui jouer un air (le président sait tout faire) et dès que la vache est en confiance, paf la guitare sur la tête, et hop là, la vache, Brice Hortefeux, il l'envoie au Mali, on verra bien si elle continue à roter, non mais des fois.


Alors, ensemble, tout-ne devient-il pas possible?


02 mars 2008

Campagne

Ambiance champêtre cette semaine dans la chronique d'Alain Rémond, Salon de l'Agriculture oblige. Ce qui nous amène tout naturellement à cette interrogation bien obsédante, " Au fait, c'est quoi la campagne" ?. Et bien, c'est une excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée, en plus, petits veinards, vous avez le droit à la réponse pas plus tard que tout de suite.


La campagne, c'est où? La campagne est une vaste zone s'étendant de là à là, et d'ici à d'ici. Exemple: Paris n'est pas à la campagne.


La campagne, pour quoi faire? Ah, ça, c'est une bonne question. On peut raisonnablement dire que la campagne n'est pas très utile, puisque dès que l'on veut y construire une autoroute ou un Palais des Congrès, certains rouspètent. Donc, la campagne sert uniquement à faire joli. Ah, non, suis-je bête, la campagne sert aussi à faire vivre Jean-Pierre Pernault.


La campagne, ça ressemble à quoi? C'est assez beau. Il y a des champs de betteraves mais aussi des champs de maïs sans oublier des champs de blé, et bien sûr des champs de tournesols. De temps en temps, quelques fermes. Mais, le plus intéressant à la campagne, c'est la flore et la faune. Exemple de flore remarquable: arbre, fleur, buisson, brindille, très rarement un palmier. Exemple de faune sympathique et familière: veau, vache, cochon, poule, lapin, militant du RPR, etc.


Il y a des choses à voir, à la campagne? Pas grand chose, ah si, dans certaines campagnes, les rivières sont vertes et sentent étrange, c'est assez splendide. Bon, avec un peu de chance, tentez tout de même l'expérience suivante: allongez vous dans un champ de maïs par temps chaud. Là, deux possibilités:1) Si il fait vraiment très chaud et que vous êtes vraiment très chanceux, vous pourrez déguster du pop-corn gratuitement 2) Sinon, plus vraisemblablement, vous pourrez très bien aussi assister à un affrontement entre faucheur d'OGM et CRS, un spectacle inoubliable dont la narration fera le sel de vos dîners de famille.


La campagne, c'est bien? Bof, c'est salissant. Et puis on mange des aliments qui n'ont pas tellement le goût d'E78 et de colorant B56. En plus, c'est bruyant. Pourquoi? Mais enfin n'entendez-vous pas dans nos campagnes mugir ces féroces soldats?


Et qui vit à la campagne? Les paysans, qu'on appellera affectueusement " péquenauds " ou " bouseux ", ou encore d'une manière plus officielle "agriculteur ". Qu'est-ce qu'un agriculteur? C'est quelqu'un qui conduit un tracteur, comme François Bayrou, mais pour de vrai. Comment reconnaître un agriculteur? Faîtes un test tout simple: en présence d'un individu d'apparence paysanne, prononcez dans la même phrase: Chirac, TF1 et Bruxelles, et testez sa réaction. Si dans ses yeux passe une lueur d'ennui poli, ce n'est pas un agriculteur. Si il a pleuré au son de " Chirac " et sauté à votre coup en tentant manifestement de vous étrangler en entendant " Bruxelles ", pas de doute, c'est un agriculteur.


Sont-ils dangereux? Comme les chiens ou les contrôleurs fiscaux, les agriculteurs sont tout à fait pacifiques si on ne les énerve pas. Cependant, si un agriculteur vous agresse parce que vous auriez refusé le sympathique bout de fromage qu'il vous proposait, s'il se fait menaçant, n'hésitez pas, balancez lui un « Casse-toi pauv' con », normalement, cela fonctionne très bien (nous déclinons quand même toute responsabilité en cas d'échec et de coup de fusil intempestif).


Bon, ben alors, si c'est pas terrible, pourquoi nous en parler? Mais, amis lecteurs, je vous rappelle que c'est vous qui m'avez posé la question sur ce sujet, en début de chronique. Faudrait quand même savoir ce que vous voulez.

24 février 2008

Télévision

Nicolas Sarkozy va s'inspirer de la télé des années 60 pour réformer l'audio-visuel public. C'est l'incroyable pari que fait Alain Rémond cette semaine dans sa chronique de Marianne, pari mis en relief par une plongée subtilement narrée dans l'intimité présidentielle. Ce qui donne un chef de l'état ordonnant à Henri Guaino de remettre au goût du jour « Thierry la Fronde » ou « Les Rois Maudits », tout en cherchant à joindre le ministre Alain Peyreffite pour lui parler de la re-progammation d' « Intervilles ». Cruelle désillusion pour le président quand il apprend que Guy Lux est mort. A quoi, cela tient, quand même, une réforme de l'audio-visuel public.


Cependant, je n'ai pas peur de dire (je suis quand même vachement courageux) que le Président se tromperait en voulant exhumer les figures de l'ORTF. Non, on pourrait utiliser des talents actuels inemployés. Tenez, au hasard, un journaliste talentueux. Vous avez deviné? Non, pas Jean-Michel Apathie. Oui, amis lecteurs, vous avez trouvé, pourquoi pas Alain Rémond pour ré-hausser le niveau du service public?


Mais où, me direz vous? Un peu partout, vous répondrai-je, avec le sourire, car en plus d'être courageux, je suis poli. Au 20h, par exemple. Je vois ça d'ici : « Madame, monsieur, bonsoir, dans l'actualité de ce jeudi 28 Avril, nouvelle agression de cintres, cette fois sur une riveraine de Montargis, sur place, nos envoyés spéciaux... ». Et puis, à « C'est pas sorcier ». C'est vrai, les deux rigolos sont assez sympathiques, mais sont-ils rééllement aussi compétents pour expliquer comment fonctionne une centrale thermo-nucléaire qu'Alain Rémond? Bien évidemment, dans le rôle du deuxième comparse qui va sur le terrain, Guy Konopnicki serait parfait, au beau milieu de la forêt amazonienne. La pédagogie mérite tous les sacrifices. Dans un autre genre, Alain Rémond serait également très bien en présentateur météo: « Et il ne pleuvra pas du tout sur la Bretagne, hin, parce qu'il ne pleut pratiquement jamais en Bretagne, contrairement à ces clichés indignes qui... ».


Sinon, Alain Rémond remplacerait avantageusement Joël Robluchon dans « Bon apétit bien sûr », où il nous apprendrait (presque) comment ouvrir des huîtres sans perdre un bras ou nous dévoilerait sa recette exclusive du kouign-amann de son enfance. Je le verrais très bien aussi à la place de Jean-Luc Delarue. Un plateau d'invités aux témoignages bouleversants, avec des sujets comme « J'ai un conflit relationnel avec trois cintres de ma penderie, que faire? » ou « Une taupe a sauvagement éliminé mon parterre de bégonias, peut-on éviter que cela se reproduise? ».


Tout bien réflechi, je crois que le plus simple, ça serait de nommer Alain Rémond ministre de la Culture à la faveur du prochain remaniment. Alors, vivement le 17 Mars!

17 février 2008

Resto

Alain Rémond, dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne » nous laisse de précieux indices quant au déroulement de sa vie passionnante de star de la presse française et internationale. Oui les amis, comment peut donc bien se passer l'existence, quand tu es Alain Rémond? C'est la bouleversante question qui déterminait, je le sens, votre raison d'être et que nous allons tenter de résoudre aujourd'hui.


Alors, pour commencer, quand tu es Alain Rémond, tu bouscules régulièrement les règles figées de l'orthographe française en de géniales trouvailles dont l'Académie Française prend note, par exemple, tu écris à la 7eme ligne de ta chronique « super sympa » tout attaché. « Oh, lalala, vous jouez à Maître Cappello, maintenant, me direz-vous, ce n'est sûrement qu'une banale erreur typographique pour laquelle Alain Rémond n'y est probablement pour rien, et c'est très mesquin de votre part de relevez ça. Oui c'est très décevant, on s'attendait quand même à mieux», ce en quoi vous avez totalement raison. Des fois, je me demande ce que je ferais sans vous.


Où en étais-je? Oui, quand tu es Alain Rémond, et bien, le midi, quand tu as fini ta demi-journée de travail, tu ne rentres pas chez toi manger. Tu vas au restaurant. Donc on peut en déduire que a) un journaliste de « Marianne » a les moyens de manger tous les jours au restaurant b) Alain Rémond habite loin de son lieu de travail c) plus vraisemblable: qu'il a des collègues « supersympas » ce qui l'incite à déjeuner avec eux d) que si ça continue on trouvera bientôt « Le Guide Alain Rémond des restos de l'Est parisien ».


Ensuite quand tu es Alain Rémond, tu mènes des enquêtes d'investigation hyper poussées pour voir, si oui ou non, ce resto de la Rue Beaurepaire qui vient de passer par un « changement de propriétaire », il est pas mal ou totalement affreux. Et oui, être un journaliste d'investigation doit te pousser à faire n'importe quel sacrifice.


Sinon, quand tu es Alain Rémond et que tu as quitté tes charmants petits bistrots où tu as tes habitudes et où tu es volontiers casanier, tu remarques avec une lueur de désapprobation que le patron de ta nouvelle cantine met du Dalida en fond sonore et te place sur la banquette qui est visible de la rue, pour attirer les clients. Quand tu es Alain Rémond, tu as perdu toutes illusions sur les patrons de restos et le genre humain en général.


Et puis quand tu es Alain Rémond et que tu vas au resto avec deux copains, tu prends trois harengs pommes à l'huile en entrée et deux foies de veau et un confit de canard, avec, c'est tellement mieux, des pommes sautées. Oui, quand tu es Alain Rémond, tu vis dangereusement, tu t'en fous de ton cholestérol et de ton bilan cardio-vasculaire, tu n'en as que faire des cinq fruits et légumes par jour, et tu manges lourd et gras, comme les messages du ministère de la santé te le déconseillent sévèrement, mais Alain Rémond est un rebelle.( Cependant, un homme comme Alain Rémond peut-il vraiment avoir du cholestérol comme n'importe quel autre mortel? J'en doute.)


Enfin, quand tu es Alain Rémond, tu n'hésites pas à aller dans un établissement en difficulté, à le redresser, à l'aider à le faire entrer dans les champs fertiles de la prospérité rayonnante. Tu viens en secours à ces artisans culinaires, au nom des valeurs immarcescibles de liberté d' entreprendre et d'audace économique. En un mot, quand tu es Alain Rémond, tu fais vivre le petit commerce. Et rien que pour ça, tu es un type bien.

10 février 2008

Mails

Cette semaine, dans "Marianne ", Alain Rémond nous entretient de deux mails qu'il a reçu, le premier indiquant comment " dominer ses émotions par des excercices ludiques", le second n'étant qu'un sombre galimatias d'obscurs termes informatiques comme "répartiteur de charge applicatif" et "ferme" (je tenais bêtement le mot "ferme" pour un des mots les plus limpides et les plus sympas du dictionnaire, associé dans mon esprit à tout un tas de chouettes trucs, en réalité, le scélérat, il peut vouloir dire d'autres choses bien plus mystérieuses), le tout traité évidemment avec le brio habituel, ce que je précise uniquement pour le rythme de ma phrase.

Ceci intervient quelques semaines après une chronique sur un mail traitant du "speed networking", et d'autres encore, au sujet, elles aussi, de mails étranges. D'où quelques interrogations et réfelexions que l'on peut en tirer:

1)Alain Rémond ne varie pas beaucoup ses sources d'inspiration, et a tendance à faire une chronique sur absolument tout ce qui lui tombe sur la main, notamment ses mails. Et bien c'est une remarque très désobligeante que, voyez vous, je ne me serais jamais permise, c'est vous qui l'avez dite, d'abord.

2) On a l'air de se méprendre tout à fait sur la personnalité d' Alain Rémond pour lui envoyer des mails pareils. Apparemment, il passe pour un chef d'entreprise cardiaque et super doué en informatique.

3) Alain Rémond est vraiment une homme très ouvert, pour prendre le temps de lire des messages comme ça. Remarquez, un chroniqueur à l'affut du moindre sujet de chronique se doit de scruter sa boîte aux lettres électroniques, la preuve.

4) Les relations homme-cintres doivent aller mieux, vu qu'Alain Rémond ne leur consacre plus ses chroniques.

5) Pour en revenir aux mails, les gens qui les envoient espèrent-ils vraiment une réponse d'Alain Rémond du genre: "Désolé mais dans ma ferme, le répartiteur de charges applicatifs garantit déjà la haute disponibilité des serveurs à la criticité performante."

6) Si, la semaine prochaine, Alain Rémond reçoit un nouveau mail du style de ceux déjà tournés en dérision, pourra-t-on en conclure que la lecture de "Marianne" n'est pas très courante dans le milieu des services informatiques?

7) Y a-t-il réélement des gens intéressés par ce genre de mails? Si vous êtes dans ce cas, ne culpabilisez pas, contactez une assistance psychologique spécialisée.

8) Si Alain Rémond reçoit des mails, on peut légitimement en déduire qu'il possède un ordinateur en parfait état de marche, avec une connexion internet fonctionnant à merveille. Cette découverte ne vient elle pas réduire en cendres les affreuses insinuations d'incompétences informatiques d'Alain Rémond, formulées par quelques malveillants?

9) L'émetteur de ces mails ne serait il pas Nicolas Sarkozy? Et oui, pendant que Alain Rémond ne parle plus des cintres mais de ses mails, silence aussi sur les agissements autrefois ridiculisés du président français...D'où ce vaste stratagème mis en place par le chef de l'état pour détourner l'attention du chroniqueur sarcastique (Il paraît qu'il a fait pareil avec des SMS pour le "Nouvel Observateur". Bizarre, bizarre.)

10) C'est très bien de se gausser des mails que reçoit Alain Rémond mais ne viens-je pas de m'en servir honteusement pour en faire l'essence de ma chronique? Ces pratiques schizophrènes sont elles bien raisonnables?

11) Vu que je suis à cours d'idées, ne vaudrait-il pas mieux que je me taise avant de dire d'autres choses moins pertinentes.? Mais, écoutez, puisque c'est vous qui le dîtes, les amis, à la semaine prochaine, alors!

02 février 2008

Cheval

Pascal Meunier de Nantes (44) écrit cette semaine à « Marianne » en ces tes termes: « J'adore Alain Rémond[...], si il parlait des chevaux, j'irais au PMU », courrier à ne toutefois pas confondre avec celui, assez similaire, sur la même page, de Philippe Boniface de Dijon (31): « J'adore Maurice Szafran, [..], si il soutenait le président, j'irais à l'UMP. »


Et bien on peut dire que Pascal Meunier de Nantes (44) nous ouvre un horizon de possibiltés surprenantes, si tant est, mais j'en doute, que l'on puisse sérieusement et sans se blesser, « ouvrir un horizon », mais ça doit être une image poétique. En effet, bien que cette éventualité (un brusque départ d'Alain Rémond pour « Paris-Turf » ou « L'hebdo du cheval » ) ne soit vraisemblablement plausible-Alain Rémond spécialiste hippique, et puis quoi encore, critique de cinéma, peut-être?- c'est à n'en pas douter une éventualité tout à fait intéressante. Oui, mes amis, imaginons un instant un monde fantastique, où, si l'on ouvrait un magazine dédié aux turfistes, on pourrait peut-être lire ceci:



« Les Meilleurs chances du jour, par Alain Rémond*.

Les meilleurs chances du jour sont, comme on dit, à chercher dans la 5eme, à Vincennes( A propos, avez vous déjà pris le RER jusqu'à Vincennes? Moi, oui. Grâce à mon Pass Navigo. Dans la station de métro, y a une publicité étrange. Qui intrigue les gens curieux. Et moi, voyez-vous je suis curieux. Terriblement. Mais, me direz vous, que vient faire le métro dans cet article? Vous avez raison,je m'égare.) Bref, les meilleurs chances du jour. Qui sont donc à Vincennes. Je voudrais pas paraître tatillon mais le concept de meilleurs chances, qui, comme mues par un instinct animal, se retrouverait toutes, là, comme ça, dans la même ville, au même instant moi franchement ça me laisse songeur. C'est comme la textique. Avouez que ce sont de drôles de concept. Mais, que disais-je donc? Oui, les meilleurs chances du jour, qui sont, quelque chose me dit que vous aviez un pressentiment, à Auteuil. Donc, dans la cinquième, pour le quinté, dans l'ordre: l'As « Lady First », qui s'était illustrée, on s'en souvient, au Grand Prix d'Amérique (j'étais arrivé en retard, à ce fameux grand prix. Pourquoi? Devinez: un gros problème de cintres. Très gros.Mais je sens que ce n'est pas le moment de l'aborder.). Bon, le quinté. Alors, l'as, le numéro 3, « Sophie d'Anjou »-ah! L'Anjou. J'y étais allé une fois, en train, un truc incroyable. Décidément, j'ai une forte tendance à parler de moi. On dirait Ségolène Royal chez Drucker. Vous l'avez vue? Oups! Je recommence- Alors le quinté, l'As, le numéro 3, le numéro 5 (c'est marrant c'est tous les chiffres impairs. Il y a des hasards, des fois. Tenez, hier, j'étais dans la file d'attente du cinoche quand...zut, je me laisse encore aller.)Bon, je récapitule (j'aime bien récapituler). Dans les courses, à Vincennes, ça donne dans l'ordre, l'As,le 3, le 5 et le 6.

C'est bon? C'est noté? C'était légèrement laborieux, vous me direz. Mais, bon, il faut dire que ces temps-ci, je suis un peu troublé. Chamboulé, voyez. Rapport à mon chat. Vous ne connaissez pas sa dernière? Et bien...pffft, voilà, c'est reparti. Je ne m'arrête jamais. Comme Musardin de Villebois, dans le tiercé à Auteuil. Mais je crois qu'il vaut mieux qu'on en parle demain... »


*Certaines personnes s'étonneront qu'Alain Rémond, quand il écrit dans des journaux hippiques, comme plus haut, fasse des fautes de syntaxe, voire d'orthographe, qu'il ait un style assez plat, n'ayant rien à voir avec celui d'ordinaire, et moins d'humour que d'habitude, je leur dirai d'être indulgent...

28 janvier 2008

Match

Match

« Grâce à Paris-Match la philosophie vient de faire un formidable bond conceptuel » écrit cette semaine Alain Rémond dans « Marianne ». En effet, l’hebdomadaire au fameux « poids des mots, choc des photos » vient justement d’annoncer qu’il allait changer ce slogan pour un autre, qui autant le dire tout de suite, est magnifiquement philosophique, délicieusement métaphysique, et même pas de Jean-Pierre Raffarin : « La vie est une histoire vraie ».

C’est, comme l’explique si bien Alain Rémond, un concept épatant. Moi bêtement, par exemple, je croyais naïvement que la vie était vraie. Alors que c’est une histoire, vous voyez la nuance. Une histoire, qui, en plus, peut être fausse. Bon, je sens que ce n’est pas très clair, voici donc quelques exemples judicieux.

Par exemple, quand « Paris-Match » met en couverture Cécilia Sarkozy et Richard Attias à New-York, et bien c’est une histoire fausse. Ce n’est pas la vraie vie. C’est une fable de journalistes. Quand certains disent qu’Alain Genestar, rédacteur en chef du magazine a été viré à cause de cette une, c’est évidemment des ragots. Ce n’est pas « une histoire vraie ». Si Alain Genestar n’est plus rédacteur en chef c’est bien entendu parce que, euh, euh…. Bon, euh, continuons à parler philosophie.

Autre exemple. Les bourrelets de Sarkozy faisant du canoë. Ces bourrelets ne font pas partie de « la vraie vie ». C’est une histoire. Une histoire fausse. Dans sa volonté de toujours coller à l’ « histoire vraie de la vraie vie », Paris Match a enlevé les bourrelets. Ils sont logiques, à Paris Match.

Dernier exemple, quand « Paris-Match » fait des reportages à la Ceausescu sur Sarkozy qui auraient choqué un lecteur de « La Pravda », il ne faut pas s’en offusquer. C’est la vie réelle, puisque c’est « Paris Match » qui le dit. Ce sont des histoires vraies. C’est merveilleux.

Ainsi, la prochaine fois que vous irez chez votre coiffeur ou votre dentiste, vous saurez à quoi vous en tenir : tout ce qu’il y a dans Paris Match, c’est la vraie vie. Une vie remplie de défilés de hautes coutures, de soirées mondaines, d’appartements cossus, de vacances tropicales et d’après-midi shoppings de luxe. Une vie sans chômage, sans racisme, sans problème de logement, de pouvoir d’achat. Une vie où l’information essentielle de cette semaine, ce n’est ni la crise financière, ni le débat sur la campagne municipale, ni les déboires de Notre Président, mais la mort de Carlos. Une vie super, avec des trucs supers. Paris Match, le poids de l’hypocrisie, le choc de la complaisance.

21 janvier 2008

Questions

Questions

François Fillon est un type épatant (bien que ce fait n’ait absolument aucun rapport, même en cherchant bien, avec Alain Rémond, sujet supposé de toutes ces chroniques, mais, que voulez vous ? François Fillon mérite qu’on ne s’arrête pas à ce genre de détails). Sous ses airs de Snoopy dépressif, c’est un franc gai-luron. Vous avez vu sa conférence de presse ? Un truc incroyable. Tout le monde s’attendait à une oraison mortifère plus déprimant encore que la météo marine sur France-Inter ("pour Shannon, virant 7 à 8 mollissant 5 à 6 l'après-midi... grains localement agités... pour German, de fortes rafales puis des grains localement orageux... pour Amber 4 à 5, puis virant 7 à 8 l'après-midi... pour Tamise 3 virant sud-ouest... pour Pas-de-Calais et Antifer sud à sud-est 4... pour Iroise mer devenant violente...") ; les journalistes présents avaient été tirés à la courte paille, les mines étaient sombres, les regards tristes, l’ambiance à filer le cafard à tout le monde, même, c’est dire, à Xavier Bertrand (« les cheminots, ils sont super, mais la grève, c’est pas très gentil, parce que les usagers, ils sont super, et moi, les faire souffrir, ça m’arrache le cœur »).

Or, voilà que François Fillon arrive, souriant, détendu voir décontracté ( !). François Fillon, le Premier Ministre de la « faillite », des grèves, des réformes difficiles, que l’on ne voit à la télé uniquement pour annoncer un avec un rictus sadique et des yeux exorbité un nouveau «plan de réduction du nombre de fonctionnaire », des fermetures de tribunaux ou « l’établissement de nouveaux objectifs sur le dossier de l’immigration, gnêck, gnêck » (ces derniers mots constituent une tentative de retranscription d’un rire sardonique, dans « Tintin », ils font pareil). Notre François Fillon, celui qui, même mis entre Vladimir Poutine et Claude Guéant, paraît froid et distant, le même. Ou alors, comme il y aurait un sosie de Nicolas Sarkozy, selon SAS Alain Rémond, il y aurait également un sosie de François Fillon, c’est possible aussi. En tous cas ça expliquerait un tel revirement, un tel changement d’attitude. Car non content de sourire, il a enchaîné dans un discours que l’on peut qualifier sans mentir d’hilarant, marchant ainsi dans les pas illustres de son génial prédécesseur, Jean Pierre Raffarin (qui a analysé finement cette semaine les élections municipales prochaines dans une de ses formules ou la pertinence le dispute à l’audace : « La politisation des enjeux ne signifie pas la nationalisation des sujets »). En effet, au lieu d’une banale conférence de presse, le Premier Ministre a préféré décliné cet exercice sur un mode très particulier, l’auto-interview, un exercice de style étonnant et hautement comique. Le principe est très simple : pour commencer, le premier ministre introduit son sketch par un sarcastique « Comme vous n'avez pas eu le temps de ciseler des questions, je vais les poser moi-même», il marque un arrêt pour une salve de rires, puis prend une mine pincée et interroge, l’air benoît « comment fonctionne le couple exécutif ?", aussitôt il se reprend, se drape dans sa dignité gouvernementale, et sourire aux lèvres : « Très bien ». Et comme ça 17 fois, pour finir par un magistral "Etes-vous un Premier ministre heureux ?" "Oui quand je suis avec vous." Im-pay-able, vous dis-je. Un véritable succès, en plus : des rires à profusion et des passages multi-diffusés dans les médias. Dans l’histoire de l’humour français, il y avait « le 22 à Asnières », « l’Auto-stoppeur » et « Paulette », il y aura désormais le déjà célèbre « Je fais moi-même les questions et les réponses ».

De plus, c’est un concept facilement adaptable pour notre Premier Ministre, qui pourrait s’assurer ainsi un triomphe à l’Assemblée : « Monsieur le Député du Parti Socialiste, vous alliez m’interrogez sur le manque de résultat de mon gouvernement et du peu d’efficacité de mes réformes. Et bien, je vous répondrai que… » ou encore « Mon cher ami le député de ma majorité, vous avez une question fayote qui vous brûle les lèvres, et bien sachez que…. ». Sans compter des variations possibles dans d’autres domaines. Par exemple lors des enquêtes de police, finis les interrogatoires fastidieux : « Monsieur l’inspecteur, vous allez me demander si j’ai bien assassiné mon épouse, mais je vous dirais que… ». Lors des entretiens d’embauche « Mais pour devancer toutes vos questions, mes différents diplômes et mes motivations sont… », ou enfin dans les jeux télévisés « Et bien Jean-Pierre, pour répondre aux questions que vous ne manquerez pas de me poser, je dirais pour la question 1, Napoléon III, pour la question2… »

Je ne sais pas quelle note obtiendra donc François Fillon lors des évaluations gouvernementales, mais à n’en pas douter, dans la catégorie « humour et originalité », ses résultats seront excellents (voire même supérieurs à ceux d’André Santini).

14 janvier 2008

Voeux

Vœux

Le journalisme d’investigation est une noble cause, sans cesse malmenée, en Irak, en Chine, dans toutes les dictatures du globe ou dans les conférences de presse de Nicolas Sarkozy, que l’on doit défendre même si cela passe par de grands sacrifices. C’est ainsi que vendredi dernier, rempli d’une abnégation totale et d’un courage résolu, notre envoyé spécial a assisté à un étrange rituel, provincial et dangereux, empreint d’exotisme mais néanmoins redoutable, que les indigènes d’outre-périphérique ont la coutume d’appeler « cérémonie des vœux du Maire », une appellation d’allure respectable qui cache sous sa couverture d’officialité, une violence à peine contenue.

« Il est 19h moins dix. Salle des fêtes bondée. A gauche, à droite : deux longues rangées de table, nappe blanche, en elle-même plutôt banales, mais que pourtant, tout le monde regarde. Un examen sommaire donne l’explication : dessus, se trouve une quantité inimaginable de galette des rois, dorées et luisantes, coupées finement, plus finement en tous cas que l’année dernière, « c’est pour économiser qu’ils ont fait des tranches plus petites, les salauds » me confie à ce propos un autochtone. L’estrade, au fond, un pupitre, les conseillers municipaux, le maire qui serre les mains. Au milieu, sous les guirlandes, la fosse aux lions : les « chers administrés ». Une marée humaine, plutôt, une foule compacte et féroce dont on ne distingue que le dessus : un dégradé de blanc, gris et poivre-sel. Ils sont vieux. Ils ont faim. Ils s’impatientent. Les yeux, myopes, presbytes ou astigmates se plissent pour distinguer le Président du Club de Pétanque et sa femme, qui eux, les infâmes, ont eu des places assises, et comme si ça ne devait pas suffire, à portée de main du buffet. Tout l’enjeu est là : s’en approcher, pour pouvoir en manger, mais pas trop près et pas trop vite, pour ne pas se faire railler le lendemain, à l’Amicale des joueurs de tarot. Quadrature du cercle. La voix du Maire. On rebranche les sonotones, qu’on avait mis en veille, quand le représentant en assurance s’était approché. C’est la phase de préparation. Une fois entendu « …et c’est pour cela, mes chers concitoyens que je me félicite du bilan de cette année », ils se redressent, font cliqueter leur déambulateur. Après « … et je me permets de signaler la conduite de ceux qui préféraient les lauriers aux platanes pour l’Avenue de Gaulle » (regard flottant, mine gênée dans les rangs de l’opposition dont on vient de prouver l’inconséquence), la tension augmente, la foule aux abois trouve comme exutoire de fusiller du regard la femme du colonel de gendarmerie au portable intempestif. Les respirations deviennent haletantes ; enfin, l’espéré « …je vous invite pour finir à lever le verre de l’amitié », retentit, signal discret et précis d’une cohue incroyable. Bousculade. Croche patte à coup de béquilles, rotation ferme des épaules, coup de dentier, tout est permis, c’est la loi du plus fort. Moment où tout se joue et qui est justement choisi par un proche ou une connaissance pour vouloir absolument vous monter la photo de son petit-fils et vous présenter à son neveu. Vous avez alors un regard triste pour le buffet, inatteignable désormais, ou un de ces grands fauves et précisément en train de manger votre part, la votre, celle qui avait l’air si bien et que vous aviez repéré. Ce phénomène, la rencontre inopportune d’un ami, est très fréquemment observable, et à y réfléchir, c’est presque normal : tous les gens composant votre vie quotidienne, proches, artisans, commerçants, docteurs, personnel de l’administration, collègues d’association ou de club sportif, tous sont réunis là, enfermés avec vous dans cette salle, en cet instant précis. Tout une masse de gens, qui, pris séparément, sont facilement identifiables mais qui, là, par une opération diabolique, se ressemblent tous affreusement, d’où des moments d’angoisse intense quand vous rencontrez une personne que vous ne reconnaissez pas. Evidemment, si quelqu’un vous tend sa main, et lance, jovial : « Alors, on se voit demain, ça sera comme d’habitude deux baguettes bien cuites, hein ?», vous pouvez raisonnablement penser qu’il s’agit de votre sympathique boulanger que d’ailleurs, vous tenez aussitôt à féliciter pour les galettes de ce soir, une bourde affreuse, car à son regard noir, vous comprenez que le fournisseur de la mairie, ce n’est pas lui, mais bien son concurrent et mortel ennemi de la Place de l’Hôtel de Ville. Par contre, si vous croyez reconnaître le charmant assistant-boucher qui vous sert chaque semaine et que vous l’abordez gaiement par un « Bonjour, mon vieux, comment ça va, tu seras là dimanche», il y a toute les chances pour que celui-ci vous réponde, glacial : « Voyez vous, cela m’étonnerait, je déjeune chez M. le député ». Raté, c’était ce conseiller municipal, qui effectivement à un vague air de ressemblance avec votre commerçant, et qu’on donne, manque de bol comme le futur adjoint aux finances. D’ailleurs, c’est un peu le sujet de toutes les conversations, nous sommes en période électorale, d’où ce curieux pas de danse pour ne pas se rencontre d’un adjoint au maire, trois pas en avant, un à gauche, « Bonjour, vous me parliez d’un lampadaire cassé » et du membre de l’opposition, un en arrière et trois à gauche « Mais voyons, on ne vous a toujours pas rénové votre trottoir ? ».

Tout cela, bien sûr dure longtemps. Vers 8h 30, on commence à compter les blessés. C’est Waterloo. Les tables et les serveurs se remettent à peine de la razzia. Plus rien ne reste, « c’est nos impôts, on en profite » se justifie un contribuable gourmand. Les rassasiés triomphent. Parmi eux, il y en a un horriblement énervant, celui qui, on ne sait comment, prend toujours la part où il ya la fève, ce qui est vite insupportable, surtout pour tous ces collectionneurs, qui le cou pivoté à droite, font le tour des tables en pas chassé, essayant de repérer les santons, les yeux plissés, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un autre collectionneur, qui lui, a la nuque tourné à gauche, et va dans l’autre sens, provoquant un collision fâcheuse. Bâillements. Tout le monde se décide à partir, il ne faudrait pas louper « Thalassa ». La salle se vide lentement, on range, on balaie. Dehors, les heureux rescapés se disent au revoir, se serrent les mains et surtout, pensent en souriant que demain, à propos de cette bataille sanglante, de cette lutte violente et harassante, de cet épisode empli de larmes et de douleur, ils pourront dire demain, dans la file d’attente à la Poste, radieux : « Comment, tu n’y étais pas, quel dommage, c’était siiiiiiiiiiiiii charmant ! »

05 janvier 2008

Miracle

Miracle

Face à cette nouvelle année qui commence, face à son lot rituel de déprimants et atroces événements comme les guerres, les attentats, les famines, les catastrophes naturelles, l’élection de Miss France, pour ne pas sombrer dans un profond désespoir et un morne découragement, pour faire face, il faut tenter de puiser au plus profond de nous une force nouvelle, une spiritualité retrouvée, une grande « espérance ».

Oui, mes amis, vous qui peut-être lisez Alain Rémond, mais dans « La Croix », c’est, osons le mot, par la religion, en retrouvant nos « racines chrétiennes » comme nous l’a si bien dit Henri Guaino par Président interposé, que nous pourrons positiver, rebondir, aller de l’avant. Oui, être catholique, c’est super, par exemple, comment pouvoir extraire la puissance de l’âme obligatoire, l’énergie de l’esprit nécessaire, l’abnégation totale qu’il est indispensable de posséder pour pouvoir supporter de serrer la main de Jean-Marie Bigard, sinon que par la religion ? Ainsi, dans le prolongement de cette foi retrouvée, pourquoi donc ne pas s’intéresser à cet anniversaire dont vous cesserez d’ignorer l’existence dans 3-4 mots, à cette célébration du cent-cinquantenaire de l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette Soubirous à Lourdes, en 1858, donc, si je sais bien compter ? En effet, tout le monde ou presque connaît vaguement l’histoire de cette bergère béarnaise rencontrant la Vierge et qui, tous les ans donne lieu à un vaste pèlerinage attirant des centaines de cas désespérés, de lésés par l’existence, d’handicapés par la Vie : aveugles (je les salue au passage car je sais qu’ils sont nombreux à lire ces lignes chaque semaine), sourds, muets, manchots paralysés ou même Philippe Douste-Blazy. Cependant, très peu de gens finalement savent les faits exacts, les détails précis, les anecdotes croustillantes, tout cet amas de petits effets de conversation qui vous permettront, à n’en pas douter, de briller lors des dîner du Rotary Club (ou du Club Youri Gagarine pour la Paix des Peuples Libres, pour nos amis communistes), toutes ces choses que vous trouverez dans le brillant et rigoureusement exact récit suivant :

Nous sommes en 1858 (c’est une figure de style, nous ne sommes pas réellement, aujourd’hui, en 1858), Bernadette Soubirous, jeune paysanne du Béarn, mène une vie simple et douce entre la Ligue de Soutien Local à François Bayrou, pour ainsi dire une assoc’ béarnaise (c’est un jeu de mots assez poussif, voire franchement pathétique pour lequel je remercie mon voisin d’en face) et la vie des champs, dure et triste comme une chronique de Jean-Marc Sylvestre. Mais le 11 Février, sa vie bascule. Ce jour là, la jeune Bernadette doit aller porter, à la demande de sa mère Louise, une galette et un petit pot de beurre à sa mère-grand, et elle prend par conséquent la route sinueuse de la chaumière. Sautillante, guillerette, elle gambade gaiement. Seulement, voilà qu’un pli soucieux s’inscrit sur son doux visage, ses pas en effet l’ont mené tout près du Gave de Pau, figé par la glace. Elle hésite à s’engager sur le sol glissant, reste interdite, quand brutalement, soudain, là, tout à coup, brusquement, tenez vous bien, c’est le moment intense du récit, la Vierge lui apparut. L’être auréolé de lumière, rayonnant, céleste, qui se désignera au cours d’une seconde apparition « l’Immaculada Councepciou »(le fait que la Vierge lui parla avec le même patois que Gérard Schivardi ne doit pas arrêter votre esprit) se tenait face à Bernadette, qui elle restait interdite. Après quelques instants la Vierge, « vêtue de blanc »qui, selon les dires de Bernadette, « portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied », la Vierge, donc rompit alors le silence d’une voix douce au rythme lent : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. » puis, après une respiration : « Mais, je vous le dis avec des mots simples, parce que la religion, c’est compliqué, faîtes-le sans manque de bravitude et dans le respect de l’ordre juste, pour établir un système gagnant-gagnant avec la fontaine. »

Méditons donc le message que nous enseigne cette histoire, un message de paix, d’amour et d’amitié ; une histoire qui nous prouve ce que chacun devrait admettre depuis longtemps : que les miracles existent, et ce, plus encore que la liaison Bruni-Sarkozy.

26 décembre 2007

Fêtes

Ah, la fin décembre! Le moment tant attendu par les chroniqueurs et les blogeurs pour avoir une bonne excuse de ne rien faire honteusement; et oui, mes amis, en raison des fêtes de fin d'année et de scandaleuses envies de fainéantise, l'Alain Rémond Fan Club ne sera remis à jour qu'à partir du 8 janvier...En attendant,joyeux noël et bonne année.

17 décembre 2007

Brevet

Brevet

Créé en 1947 puis supprimé en 1977, puis rétabli en 1986, le diplôme national du brevet (BEPC) est un examen se déroulant à la fin du cycle secondaire. Son taux de réussite moyen est de 78,9% .Il se est composé du B2I(Brevet d’Informatique ), d’une épreuve en langue étrangère du contrôle continu et de trois épreuves : mathématiques histoire, et français. Cette dernière est généralement la plus redoutée. Elle se déroule ainsi : questions de compréhension sur un texte, réécriture puis dictée, rédaction, durée 3 h, coefficient 2. Les textes choisis pour cette épreuve appartiennent généralement à la littérature française reconnue et faisant l’unanimité, classique ou contemporaine. Ainsi, Guy de Maupassant en 2003, Edmond Rostand et J-M G Le Clézio en 2002, Jean-Claude Izzo et Alexandre Dumas en 2001, Victor Hugo en 2000, ou encore Alain Rémond, en 2005. Oui mes amis, vous avez bien lu, nos chères petites têtes blondes ont eu à planché sur ce chef-d’œuvre incommensurable de la littérature française, la « Gloire de mon père, le Château de ma Mère »breton, le « Du côté de chez Swann » armoricain, je veux bien sûr parler de « Chaque Jour est un adieu ».

Ainsi dans un souci louable de faire partager à notre jeunesse les lumières éternelles de la Littérature Française, le sujet du Brevet portant sur un extrait de ce roman permet de saisir tout à fait le sens du texte présenté, de le comprendre à fond, de l’étudier jusqu’au moindre détail, de le disséquer et de lui faire subir d’étranges expériences stylistiques. Cette analyse indispensablement sérieuse d’une telle œuvre est donc proposée dans ce sujet, à travers des questions et des exercices d’une rare poésie et d’une logique admirable. Néanmoins, parfois les questions ont besoin d’être complémentés pour explorer de façon vraiment complète l’extrait choisi. C’est ce que nous nous sommes permis de faire, voilà donc le sujet de l’épreuve du brevet de français 2005, portant sur un passage de « Chaque jour est un adieu » :

« Question 1 a) A quel temps est-écrit ce texte ?b) Donnez deux valeurs de ce temps ? » Aide : pour la question b), nous vous proposons un choix de réponse : a)la valeur travail b) la valeur imparfait d’habitude c) la valeur imparfait d’actions longues d) ce temps est immoral et n’a donc pas de valeurs.

« Question 2 : « Fallait surtout pas être pressés ». a)De quel niveau de langue relève cette phrase ?justifiez votre réponse. b) Dans le premier paragraphe relevez deux expressions du même niveau de langue. c) Pourquoi le narrateur utilise-t-il ce niveau de langue ?d) Réécrivez cette phrase dans un autre niveau de langue. » Oui c’est vrai ça, pourquoi, un tel niveau de langue et pas un autre ? Et puis est-ce qu’on n’apprécierait pas un peu mieux cette phrase dans un autre niveau de langue ? Et d’abord, est-ce bien raisonnable d’utiliser ce niveau de langue ? Justifiez vos réponses.

« Question 3 : Dans l’expression « ça impressionnait, remplacez le pronom « ça » par un substitut nominal plus approprié. »C’est tout à fait juste cette remarque. Il est vrai qu’Alain Rémond est un grand écrivain/journaliste/homme. Mais dans son œuvre, aussi admirable soit-elle, les substituts nominaux sont-ils bien appropriés ? N’en abuse-t-il pas trop, des substituts nominaux ? Ces interrogations sont elles aussi valables pour les substituts adverbiaux ? Ou pronominaux ? Et d’abord, est-ce que ça existe des substituts adverbiaux ou pronominaux ? Barème sur 3points.

Passons sur la 4 et la 5 et arrêtons nous à la sixième : « 6)Quel rapport logique unit les deux propositions de la première phrase du texte ? » Mais avant toute chose, y-a-t-il bien un rapport logique entre ces deux propositions (pour rappel « Quand on voulait se faire couper les cheveux, on allait chez le menuisier ») ? Cette phrase est-elle : a)tout à fait admirable b) admirable, sans plus c) un tout petit peu admirable d) bien, mais je trouve qu’il y a trop de substituts nominaux (rayez les mentions inutiles). « 6 b) Quel est l’effet produit ? »Autrement dit, cette phrase vous a-t-elle :a)fait rire b) rappeler des mauvais souvenirs c)je ne suis pas un grand sensible d) je n’ai pas compris la question (si vous avez répondu petit d), relevez en à la place les substituts nominaux transitifs directs du texte. En cas d’échec, passez à la question suivante, sans passer par la case prison.

« 7.a) Dans l’expression : « ils y passeraient à leur tour »(ligne 9), identifiez la forme verbale « ils y passeraient » ». Est-ce une forme verbale a) simple b) moyennement simple c) pas si simple que ça d) ce n’est pas une forme verbale, mais un substitut nominal. « 7 b) Que veut dire le narrateur par cette expression ? » Question subsidiaire : Le narrateur veut-il vraiment dire quelque chose par cette expression ? Si vous avez répondu oui, passez à la question suivante qui est la précédente, après avoir justifié votre réponse, sans utiliser de substituts nominaux. Si vous avez répondu non, vous ne pouvez pas répondre à la question 7b). Appliquez alors la même procédure que pour la question 6 ; si vous avez déjà effectué la procédure indiquée lors de votre réponse à la question 6, recommencez en relevant cette fois les substituts nominaux transitifs indirects. Si vous doutez de l’existence de substituts nominaux transitifs indirects, vous êtes un esprit tatillon. Passez alors à la question 8).

« Question 8 : Relevez quatre indices qui situent ce texte en 1952. » Précision : le fait que par une étrange coïncidence on vous pose justement cette question ne peut en aucun cas figurer comme indice. NB : Si vous n’en relevez que trois, rajoutez pour compenser deux substituts nominaux intransitifs directs.

« Question 9 : Quelles sont les deux activités pratiqués dans la cour du boucher ? »Coup de pouce : ce n’est pas de l’aquagym. « 9.b) Dans la phrase « Mais la cour du boucher, c’était aussi le rite de la lessiveuse » (ligne 14), justifiez l’emploi des liens logiques « mais » et « aussi » ». Questions complémentaires : « Mais » et « aussi » sont-ils réellement des liens logiques ? Ne serait-ce plutôt des substituts nominaux adjectivaux ? Si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’Alain Rémond abuse des substituts nominaux de toutes sortes ? Tirez en des conclusions logiques en vous servant des mots « gratte-papier », »écrivaillon » « indigne », « pathétique », « France-Soir ». (Sur 3pts)

« Question 10.a) Quelle figure de style constitue l’expression « un feu d’enfer » ». Faisceau d’indice :a)un triple salto cabré b) je ne voudrais pas paraître lourd, mais je crois bien que c’est un substitut nominal c)une métaphore. « 10.b) Expliquez l’expression « le rite de la lessiveuse .c) Faîtes une phrase ou le mot « rite » sera employé dans un autre contexte » Coup de pouce : exemple de phrase : J’ai fais une phrase ou le mot rite est employé dans un autre contexte.

« Question 11.a) Dans le passage des lignes 17 à 22 relevez des répétitions de verbes conjugués à des modes différents. b) Par ces répétitions que cherche à exprimer le narrateur ? » Questions bonus : De cette façon, le narrateur ne va-t-il pas mettre des significations obscures un peu n’importe où ? Est-ce bien sérieux de mettre des sens cachés en plein milieu d’une répétition de verbes conjugués à des modes différents (ligne 17 à 22) ? ».

Dernière question : Qu’avez-vous pensez de ce texte ? Etait –il a) affligeant b) un peu affligeant c) beaucoup affligeant d) un tout petit peu affligeant mais moi j’ai bien aimé le passage où il tue l’agneau e) serait-il déplacé de reparler de l’abondance excessive de substituts nominaux ?

Pour finir, rédaction : A l’aide du texte d’Alain Rémond, en respectant le style de l’auteur, la ponctuation, la syntaxe, mais surtout l’ambiance du texte présenté, racontez vos vacances en 2O lignes. Sujet facultatif : « L’emploi des substituts nominaux, un tabou dans les sociétés occidentales ? »

Voilà, tout est clair je pense, dans deux heures et demi je ramasse les copies, bonne chance, Brichot et Cottard, c’est bien, vous avez gagné, vous viendrez me voir en heure de retenue lundi de quatre heures et demi à cinq heures et demi.