01 juin 2008

Blog

Cette semaine, la lecture de « Marianne » nous révèle d'agréables surprises. Ainsi, dans la rubrique « Idées », quelques blagues philosophiques (oui parce que quand « Marianne » publie des blagues, c'est philosophique, que croyez-vous, ce n'est tout de même pas « l'Express »), blagues que je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire: « Docteur, prévient la secrétaire, un homme invisible vient d'entrer en salle d'attente.-Je suis surchargé, répond le docteur. Dîtes lui que je ne peux pas le voir! », « Un savant et sa femme font un tour en voiture à la campagne. Oh, regarde! S'écrie la femme. Ces moutons ont été tondus!-Oui, répond le scientifique, de ce côté » ou encore « Un Américain entre dans un bar, un superbe perroquet exotique juché sur son épaule. Whaou! Fait le barman. Vous l'avez déniché où?-En Amérique, répond le perroquet, des types comme lui, on en trouve des millions ».


Des blagues hilarantes donc, mais pas seulement: il y aussi, dans la rubrique d'Alain Rémond, quelques indiscrétions confidentielles (vous savez, les petites phrases ou anecdotes qu'on trouve dans les pages « Politique » de la grande presse) que le chroniqueur distille pour s'en moquer, du genre: « Tel ministre a dit de tel député que.... » ou « Des témoins privilégiés ont vu tel personnage important du gouvernement déjeuner avec tel membre éminent de l'opposition.... ». Bref, comme le dit l'auteur lui-même: « Du ragot de chez ragot ». Or, personnellement, je trouve cela ignoble: si Alain Rémond publie des ragots, que va faire Jean-Marc Morandini? Une émission sur France 5, peut-être? Non, je plaisante, mais enfin tout de même.


Mais le plus surprenant, dans cette chronique, ce sont les derniers phrases qui la conclue: (Alain Rémond apostrophe ses lecteurs: « Qu'a-t-il voulu dire par là? Pour le savoir, chers lecteurs, branchez vous sur mon blog ultraconfidentiel. Comment ça, je n'en ai pas? Vous êtes surs? »


Alors là, je dis « Non! » (pas trop fort quand même, j'ai des voisins à l'ouïe hypersensible). Je dis « Non! » et j'ajoute aussitôt: « C'est un peu fort de café » (car j'aime employer des expressions totalement désuètes et vieillottes, mais aussi, ce qui ne gâche rien, barbouiller mes chroniques de parenthèses hors de propos). Alain Rémond tenant un blog? Ca serait inouï! Il aurait donc réussi à vaincre le démon Informatique au point d'alimenter un site oueb et accessoirement, de me piquer mon fond de commerce? Excusez moi d'en douter. Mais d'un autre côté, il est tout à fait possible qu'Alain Rémond n'ait dit cela uniquement parce qu'arrivé en fin de chronique, là, pressé par le temps, il ait à la hâte griffonné ces quelques lignes abscondes, pour rejoindre illico presto Guy Konopnicki qui racontait ses vacances au Vénzuéla à Jean-François Khan devant la machine à café. Possible mais pas probable car Alain Rémond qui bâcle une chronique, je n'ose y croire. Donc voilà, bystère et moule de gomme, je m'en pers en conjectures et en hypothèses que de suppositions en suppositions je ne puis écarter tant l'incertitude et le mystère sont grands, et ici, Patrick, selon les sources proches du dossier tenant à rester anonyme, il pourrait y avoir un dénouement rapide à cette tragique affaire, mais encore une fois, l'incertitude règne ici , et donc voilà, je n'en sais pas plus mais je périphrase encore quelques instants pour garder l'antenne parce c'est pas tous les jours que je passe à la télé en duplex de Vierzon-sur-Loire.


Reste mes amis, une dernière hypothèse: Alain Rémond pourrait bien parler de ce blog-ci. Et bien après en avoir discuté avec les plus hautes autorités religieuses, politiques, civiles et militaires présentes dans mon bureau, à savoir, mon chat et moi, j'ai courageusement pris la décision d'écarter cette hypothèse. En effet, ce blog n'est, je crois, pas celui d'Alain Rémond (à moins que je soie moi-même, sans le savoir Alain Rémond et que j'aie un esprit incroyablement machiavélique, mais ça m'étonnerait tout de même un peu) et en plus, il n'est pas « ultraconfidentiel ». Donc, toujours autant de mystère. Ca serait une bonne affaire pour l'Inspecteur Derrick. Enfin, je crois.


A la semaine prochaine.

26 mai 2008

Pantalons

Alain Rémond est une espèce en voie de disparition. C'est ce que l'on apprend cette semaine dans « Marianne ». Pourquoi? Me diront les lecteurs curieux; An bon? Feront les lecteurs incrédules et Quand est-ce-qu'on mange? s'interrogeront les lecteurs gourmands. Je ne répondrai si vous le voulez bien qu'à la première de ces questions: Alain Rémond mesure 1,72m, ce qui est tout à fait honorable, car comme le dit Corneille dans « Le Cid chez les Ch'tis », je cite de mémoire: « aux âmes bien nées, sur la valeur n'influe pas la longueur des pieds ». Donc, Alain Rémond est un moyen Grand Homme, qui met du W33-L30 en ce qui concerne la longueur de ses pantalons (car si l'élégance et la distinction sont naturelles chez Alain Rémond, mettre des pantalons ça fait quand même plus classe).


Il fait du W33-L30 pour 1,77m? J'aurais dit un petit W-33-L32, moi!me diront les lecteurs tailleurs-couturiers (car je sens bien que des lecteurs tailleurs-couturiers me lisent par milliers. J'aime beaucoup les tailleurs. D'ailleurs, quand j'étais petit, mon père était tailleur, mais ma mère, elle était là, c'est le principal). Mais où veux-je donc en venir? Voulais-je simplement vous communiquer les mensurations épatantes d'Alain Rémond comme ça, pour le plaisir, pour que la France entière sache que son tour de taille est digne d'un athlète filiforme? Non, c'est uniquement une donnée d'un vaste problème: pour faire court, Alain Rémond ne trouve plus de pantalons à sa taille car lui dit-on «les gens portant du L-30 sont de moins en moins nombreux, d'où une baisse de rentabilité à fabriquer des pantalons de cette taille et une tendance à la disparition du L-30 », et d'où aussi son cri du coeur déchirant: « Je suis une espèce en voie de disparition ». Oui, je sais, mes amis, les déboires d'Alain Rémond, c'est triste, comme le cyclone birman et le séisme chinois, mais moins quand même, parce que je n'ai jamais vu un paysan birman ou un écolier chinois un tant soit peu fichu d'écrire une chronique sur les cintres, alors, bon, tout de même.


De ce fait, je pourrais aussitôt entamer, sur ce sujet brûlant: la disparition des L-30, l'éternel couplet trostkisto-besancenotiste: « oui c'est honteux, rentabilité à tous prix, les grands patrons s'engraissent sur le dos des petites gens, profit faramineux, cadeaux fiscaux, paquet fiscal, taxer les stocks-options.... » je préférerais plutôt m'interroger sur les raisons profondes cette situation, à savoir que la France grandit. De plus en plus. Très vite. Les grands nous envahissent. Moi par exemple, je suis quand même très grand. Très très grand. Enfin juste assez grand pour me prendre la tête dans le lustre du salon, nom de dieu nom de dieu.


Quant à Alain Rémond, si je puis me permettre, je n'ai qu'un seul conseil à lui donner: se faire prêter des pantalons par Nicolas Sarkozy. Je ne vois que ça.


A la semaine prochaine.


19 mai 2008

Cannes

« -Bonjour, bienvenue amis téléspectateurs dans notre émission, exceptionnellement en direct de de la plage du Martinez de Cannes, enfin presque puisque nous vous accueillons dans l'hôtel Formule 1 de Mandelieu-la-Napoule! (applaudissements du public)Ce soir encore, à l'occasion bien sûr du Festival de Cannes, on aura du beau monde pour parler cinéma avec notamment Olaf Peklowski, réalisateur du magnifique « Minuit moins 5 » documentaire slovaque sur les conditions d'arrachage des dents de sagesse en Europe de l'Est et dont on parle pour la Palme d'Or, James Sherwood et Mike Dubsky, respectivement acteur principal et réalisateurs américains du très attendu dernier volet des « Aventures des Aventuriers Aventureux, épisode 6 »qui sera présenté demain hors-compétition, lesquels toucheront leur oreillette pour signaler des problèmes techniques et prononceront la traditionnel phrase de tous les acteurs étrangers en visite chez nous: « Yes, I like a lot France, Paris, Tour Eiffel, baguette, I love.... », et puis, Jeanne Chalon, jeune et jolie espoir du cinéma français, qui est à l'affiche de « Parle-moi d'amour à Deauville puisque je t'aime un peu pour le meilleur et le pire » une comédie avec Pierre Arditi et Audrey Tautou, un autre réalisateur, vieux et très apprécié de Télérama qui présente ici son dernier film d'auteur ennuyeux et très bien mais dont j'ai malheureusement oublié le nom, Jacques Villemeny pour son dessin animé magnifique « Ivan, l'enfant-sauterelle, contre la Sorcière des Ténèbres » accompagné d' Alain Chabat qui double le héros, Arthur, l'homme-ragondin musqué d'Amazonie occidentale, l'humoriste Gad Elmaleh, qu'on fera tous semblant de ne pas reconnaître puisqu'il vient déguiser lourdement pour une imitation à mourir de rire d'un restaurateur chypriote du XVIIIeme de sa connaissance, Jennifer Hushley pour l'adaptation cinéma de la série culte « Chérie, j'ai envie d'avoir des poissons rouges », Stéphane Bern qui nous dira que le festival, c'était quand même mieux avant, un jeune chanteur issu de la télé-réalité qui bougera les lèvres sur le play bac de sont tub « Truc de ouf », un DJ et sa femme, un membre du jury que nous allons harceler en toute impudeur pour savoir quelles sont ses impressions sur les films déjà projetés, un écrivain-philosophe fêtard qui nous dira qui il a vu au bar du « Jimmiz », un duo de comiques que nous nous efforcerons de trouver drôle, un critique cinéma snob de la presse écrite, un acteur favori pour la palme d'or mais qui ne l'aura pas à la surprise générale, Franck Rihcard l'agitateur polémique qui choquera nos consciences en direct sur le plateau, Michèle Mercier, qui joue une cliente de La Poste dans « Bienvenue chez les Chtis » et qui nous dira quelles ont été ses impressions de tournage, et puis un écrivain auteur d'un livre sur Mai 68 puisqu'il faut bien en parler. Ha! Cannes éternelle magie du cinéma! »

12 mai 2008

Gallo

« Horniy, j'an soe horniy dou cou-la !
-
Qhi qé n-i a corr, don ??!??”
- “ Avizz ! n’an vennla corr unn vnaeü a pâssae, pa” E yèll-si qé d’anségnae o son daï unn vouèliéy de gouéziaù qi taen a s'antt-pourgalae olmon la rabinn. »


Vous n'avez sans doute rien compris à ce dialogue (Fabien Lécuyer, in La souaètt dou bouaé-jouaerr) . Rassurez vous. C'est normal. Vous venez de lire de la littérature écrite en gallo, la langue des Bretons, notre sujet du jour. Or, pour déchiffrer le gallo, il faut être capable, si l'on ne fait pas partie des quelques initiés, de démêler un sombre et complexe écheveau syntaxique et langagier, tâche dans laquelle même de brillants esprits comme Pierre et Marie Curie n'auraient probablement pas réussi. Ainsi, comment donc retrouver l'écheveau au gallo, dans les Curie (1), sans en faire tout un foin? C'est mes chers amis toute la question.


Le gallo, comme je le disais, est la langue parlée en Basse-Bretagne, en Haute-Bretagne, ou même en Moyenne-Bretagne, en Bretagne-du-Milieu sans parler de la Bretagne-en-haut-un-peu-vers-la-gauche ou de la Bretagne-deuxième-porte-à-droite, et enfin, dans un bureau de « Marianne », par Alain Rémond car, en effet, le chroniqueur parle le gallo, il l'écrit même, la semaine dernière, dans sa rubrique, par exemple, ce qui a suscité un nombre tout a fait impressionnant de réactions de lecteurs indignés et éffarouchés par la qualification de « patois » qu' Alain Rémond a employé pour définir le gallo., si j'ai envie de faire une phrase encore plus longue.


Donc, le gallo n'est pas un patois, mais une langue, une vraie, reconnue par l'Union Européenne, et tout et tout. Alain Rémond le saura et a d'ailleurs rectifié sa petite erreur (vous avez bien lu: Alain Rémond et « erreur » sont dans la même phrase, incroyable mais vrai) dans sa chronique de cette semaine. Personnellement, (lecteurs impatients, c'est le passage où je donne mon avis) je n'ai rien contre les patois. Cette façon qu'ont les paysans analphabètes voir communistes d'outre-périphériques de converser en braillant des mots affreux m'est très sympathique. D'ailleurs, je parle moi-même quelques dialectes provinciaux. Oui, tout à fait, je connais par exemple parfaitement le patois du Gard, le fameux patois nîmois .(2)


Pour finir, je dois dire que pour ma part, j'attends impatiemment un « Bienvenue chez les Gallos », déclinaison bretonne du succès de Dany Boon, avec Alain Rémond dans le rôle titre. Ca serait bien. Rêvons un peu...


A la semaine prochaine.



(1)Ce brillant jeu de mot a été déposé au titre de la Loi su la Propriété Intellectuelle, article B-687, alinée E52, chez Maître Lefranc, du cabinet « Lefranc, Lefranc et Dupré », Paris VIIIeme.

(2)Ce jeu de mots ci est d'un ami nîmois que je tiens à remercier particulièrement non pas pour tenter piteusement de masquer le vide effarant de cette chronique, mais parce que c'est vraiment sincère.

05 mai 2008

Critique

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais Alain Rémond sort un nouveau livre. Ca s'appelle « Le cintre était sur la banquette arrière », une petite anthologie de ses billets hebdomaires de « Marianne ». Alain Rémond a une chance extraordinaire: il n'a même pas besoin d'écrire ses livres. Il n'a qu'à rouvrir ses tiroirs qui grincent, exhumer ses dossiers poussiéreux, chercher dans ses placards fatigués, pas dans sa penderie, cintres obligent, et en extirper quelques une de ses hilarantes chroniques qu'il envoie fissa à son éditeur-bien-aimé-l'augmentation-faudrait-y-penser.


Le nouveau livre d'Alain Rémond, je dirais mieux, « le nouveau Rémond », comme on dit « le nouveau Nothomb », « le nouveau Houellebecq », « le nouveau Sarkozy », etc... est donc un recueil de chroniques parues dans " Marianne ", vendu à un prix dont la modicité vous fera sourire. Je précise que je ne l'ai pas lu, vous non plus, car on ne pourra l'acheter que le 30 Mai, jour qui, hasard heureux, se trouve exactement à quatre mois trois semaines et deux jours de l'anniversaire de mon grand-oncle, il y a de ces coïncidences, quand même, et qu'est ce que je sers à Madame Bouchard, le bonjour de ma part à Bouchard, ah ça, m'dame, y a plus de saison, on vit une drôle d'époque, une hirondelle fait pas le printemps, comme je dis toujours petit à petit l'oiseau fait son nid, laissez donc, ça tombera pas plus bas.


Ce livre, je ne l'ai pas lu, mais monsieur Antoine Perraud, si. Monsieur Antoine Perraud est journaliste. Sa passion dévorante pour la littérature et un besoin irrésistible de faire son intéressant le pousse, comme beaucoup, à commettre régulièrement quelques réflexions sur le monde des livres, dans son blog de Mediapart, le site participatif mais payant, faut pas déconner.


Or, Monsieur Perraud, je le bouscule un peu mais c'est sûrement quelqu'un très bien, n'a pas trop aimé le livre d'Alain Rémond. Enfin, pour être rigoureux comme Jean-Pierre Elkabach, je dirais que c'est plus nuancé. C'est à dire que dans l'ensemble, le livre lui a plutôt plu, mais en fait, il trouve que ça fait immédiatement plus branché si il adopte pour en parler cette distance condescendante de critique littéraire à qui on ne la fait pas, cette ironie de salon qui jauge en pouffant le travail des autres, en trouvant deux bons mots méchants qu'on pourra répéter au « Masque et la Plume ».


Mais, je suis peut-être injuste car Monsieur Perraud, entre deux digressions hasardeuses, ne parle pas tant du livre que de l'auteur. Un auteur qu'il épingle une ou deux fois de façon lourdingue, à l'aide de sa plume émoussée et de citations hors-contexte, puis, Fouquier-Tinville repenti, se ressaisit heureusement aussitôt, et attendri, complimente emphatiquement l'écrivain en usant de métaphores quasi-homèriques, deux points ouvrez les guillemets attention, c'est beau comme du Hervé Villard: « Comme un personnage de Jacques Tati transplanté dans un spot publicitaire, tel un enfant né juste avant l’élection de Vincent Auriol qui se retrouve juste après celle de Nicolas Sarkozy, Alain Rémond, Peter Sellers de la chronique qui aurait lu Barthes (NDLR: Monsieur Perraud parle visiblement de Roland, pas de Fabien), continuera de mordre la vie à belles dents tant qu’il y aura un contrôleur, dans un tortillard à l’approche d’Auray, pour nous gratifier, par voie de haut-parleur, du message suivant : « Avant de descendre du train, veuillez vous assurer de la présence effective du quai. »


Conclusion chers lecteurs, amis fidèles et nouveaux venus, toujours les bienvenus: je n'en ai pas. De conclusion, j'entends, très bien même, merci les sonotones Robert Hossein. Tout juste vous recommanderai-je, si le courage de mes convictions m'y poussait, de lire le dernier Alain Rémond, pour vous faire une idée. Mais ça serait sûrement une basse incitation commerciale.


A la semaine prochaine, ou plutôt, A lundi si le coeur vous en dit (je tente le superbanco).

27 avril 2008

Mai

Imaginez. 40 ans après Mai 68, une nouvelle révolte éclate en France. Les étudiants et lycéens entrent en grève. La jeunesse veut du changement, de la liberté, les fleurs qui rient et les oiseux qui chantent et puis aussi la nouvelle Play-Station parce qu'y a Steven, le type de terminale S qui sort avec Julie qui m'a dit qu'elle était très bien. Bref. Darcos, t'es foutu-la-jeunesse-est-dans-la-rue, Pecresse, pas mieux. Peu à peu, le mouvement s'amplifie. Se radicalise. La Sorbonne est occupée. Paris tremble. Le Pape aussi, mais ça compte pas. En geste de solidarité pour les étudiants, Bernard-Henri Lévy déclare Saint-Germain-des-Près République Populaire dans une tribune du « Nouvel Observateur ». Les rangs des manifestants grossissent. L'opinion les soutient. Paniqué, le Président réunit ses collaborateurs dans son bureau, et François Fillon, pour servir le café. La décision, radicale, est prise: Brice Hortefeux videra ses charters de sans-papiers maliens pour tenter de les remplir de racaille gauchiste. Indignation. Polémique. Bernard Kouchner démissionne en direct à la télévision. Le SMS que le Président lui envoie, pour le retenir, « Si tu reviens, j'annule tout », dévoilé par Airy Routier, ne suffit pas à faire changer d'avis le French Doctor. Carla Bruni exprime dans « L'Express » sa solidarité avec le mouvement étudiant. C'est la crise. On est mi-mai, et le pays vacille.


Le Quartier Latin s'embrase. A la Mairie du V eme, les Tibéri sont séquestrés. Les images des cortèges sans cesse plus fournis passent en boucle à la télévision.En voyant les actualités, Eric Zemmour fait une syncope: le choc est trop fort. Heureusement pour lui, et malheureusement pour SOS Racisme, c'est bénin. Aussitôt, pourtant,Jean-Pierre Elkabach annonce le décès du journaliste à l'antenne d'Europe 1, déclenchant une grogne furieuse chez ses employés. La station se met en grève, bientôt imitée par toutes les grandes rédactions parisiennes. Jean-Pierre Pernault est en fuite. Jean-Marc Sylvestre se cache. Jean-Michel Apathie s'exile. La contestation prend de l'ampleur.


Dans les rangs des étudiants, on se cherche un chef. On croit le trouver quand Olivier Besancenot rencontre par hasard Cohen-Bendit au salon Rotschild du « Fouquet's », mais, la jeunesse se prend à rêver d'un autre, symbole de toutes les injustices, de toutes les humiliations qu'ils subissent: David Martinon, bientôt surnommé « David le Rouge » qui fait son grand come-back . Surprise et étonnement. Le jeune rebelle met au défi la police et le gouvernement chaque jour devant les caméras, en tête des cortèges. Du côté du pouvoir, justement, on s'inquiète. L'exécutif a peur. On hésite. On se tâte. On parle de nouveaux accords de Grenelle, confiés à Denis Gauthier-Sauvagnac, mais le projet tourne court. Au 20 h, on annonce gravement que le Président s'est rendu à Badeno-Badeno (Lybie) avec un avion prêté par Vincent Bolloré. L'interrogation est à son comble, la France doute.


Sarkozy parti, Lionel Jospin se propose, pour prendre la tête d'un gouvernement provisoire. Mais la situation politique est soudainement bouleversée. Alors que dans les usines, Gentil Xavier Bertrand réussit peu à peu à remettre les feignasses de cégétistes au boulot, les troupes estudiantines de David le Rouge se déchaînent. Trop. Face aux CRS, les étudiants ravagent le Boulevard Saint-Michel. Les voitures sont brûlées, les arbres arrachés, les pavés, descellés. L'opinion, soudain, change d'avis comme le proclame le Figaro en une de son édition du 30 Mai: « Selon un sondage Opinion-Way: 85% des Français sont contre la violence: Sarkozy est conforté. »Du coup, le Président revient et provoque des législatives anticipées. Pour l'UMP, c'est un triomphe. La révolte s'arrête net, la jeunesse repart bachoter et les ouvriers reprennet le travail. Mai 2008 a tourné court. A croire que c'est une manie.


A la semaine prochaine.

20 avril 2008

Var

Vu que tout le monde parle de sa région à lui, Dany Boon du Nord-Pas-de-Calais, ou même Alain Rémond de sa Bretagne natale, cette semaine dans « Marianne »; et vu que jusqu'à preuve du contraire, j'ai le droit de faire à peu près ce dont j'ai envie sur mon blog, il n'y a strictement aucune raison pour que ne puisse pas parler de ma région à moi-même personnellement, de ce département où chantent les cigales et où poussent les immeubles, au charme exotique envoûtant, le plus beau de France, vous voyez forcément duquel je veux parler, surtout que c'est écrit en bien gros au dessus de cette chronique, oui, amis lecteurs, intéressons-nous aujourd'hui au Var (83).


En effet, j'habite le Var, non pas pour de basse raisons touristico-climatiques mais parce que c'est un des rares endroits de notre beau pays où l'on peut être sûr de ne pas avoir de voisins communistes, c'est plus pratique, le libraire nous fait un prix de groupe pour « Le Figaro ».


Donc, le Var. Le Var se situe au Sud de la France, dans la partie la plus civilisée du territoire français. Néanmoins, aussi surprenant que cela puisse paraître, le Var est franchement limitrophe du Grand Nord. En effet, arrêtez donc un Varois dans la rue, pas trop fort, en le tenant par le déambulateur, et demandez-lui où se situe pour lui le Nord. Immanquablement, celui-ci vous répondra (si vous avez la chance de tomber sur un Varois qui ne soit pas sourd) la chose suivante: au dessus, environ, d'une ligne Montpellier-Grenoble, la neige tombe, l'hiver dure quatorze mois et les autochtones se nourrissent de phoques qu'ils pêchent en perçant la banquise.

Déjà, le Varois divise généralement son beau département en trois partie: la côte, régulièrement envahie par les hordes sales et bruyantes de Congés Payés gras et laids, le Moyen-Var, territoire encore à peu près civilisé et enfin, le Haut-Var, zone mystérieuse, noyée sous une forêt épaisse où s'ébrouent des sauvages cannibales dans des cascades d'eau turquoise.

Fort de cette assurance tranquille, le Varois mène une vie calme et douce dans sa belle villa les pieds dans l'eau , où il bronze en lisant les différents représentants journalistiques des sensibilités politiques varoises: « Var Matin », pour l'UMP; « Var Matin », pour l'UMP, et enfin « Var Matin », pour l'UMP. Régulièrement, le Varois choisit quel candidat UMP sera son maire, ou son conseiller général. Parfois, malheureusement, l'UMP perd l'élection et c'est un bolchevik Divers-Droite qui gagne. Les élus varois de droite, pardon je bafouille, sont des gens très bien et très sérieux. Ils ne font pas de culture (bahhhhhh, un truc de gauchistes) ou de social (bêrk!) par contre, ils ravissent leurs électeurs en plantant artistiquement des palmiers et en illuminant des guirlandes de Noël. Cependant, les élus varois sont assez dépressifs, et il leur arrive trop souvent de se suicider de deux balles dans le dos.


Les Varois parlent le Varois. Exemple: la phrase française « Je voudrais un café, s'il vous plait » se traduit en varois par « Non merci, vu les prix, je prends de l'eau ». En français, on dit « Excusez-moi monsieur, puis-je vous aider, vous semblez avoir besoin d'aide » alors qu'en varois on préférera « Non, désolé, débrouillez-vous, je donne jamais rien, moi, je suis pas intéressé. »; « jeune » se dit chez nous « moins de 50 ans »; « génial! Si on allait à la plage! » se traduit par «oh, non! encore? »; «horrible fachiste» par «sympathique militant légèrement radical» et « logements sociaux », euh.. le mot n'existe pas.


N'importe qui peut pas devenir Varois: il faut obligatoirement remplir les conditions suivantes a)être riche b) être vieux c) être de droite (certains me diront que les deux premiers critères induisent le troisième, c'est mesquin, chers amis). Je signale quand même que des dérogations sont exceptionnellement accordés aux citoyens corses, et aux membres de l'UDF. De ce fait, les Varois sont tous vieux et riches. Attention, quand un jeune riche mais vulgaire habite dans le Var, ce n'est pas un varois: c'est Nicolas Sarkozy qui vient au Fort de Brégançon.


Enfin, le Varois dispose d'un cadre de vie tout à fait exceptionnel, assez peu comparable à celui d'un habitant de Vierzon. En effet, le Varois peut aller à la Mer, visiter de superbes villages, tester ses connaissances pyrotechniques dans des fôrets où gambadent sous les cigales de rigolards et ventrus sangliers, ou même François Léotard.

Voilà, chers amis, c'était ma minute « j'habite un endroit plus joli que vous, et j'ai envie d'en parler ». Merci de m'avoir écouté.

A la semaine prochaine.

13 avril 2008

Tibet

Vous avez remarqué? Le monde médiatique français fonctionne éternellement de la même façon. Toujours. C'est inamovible. Tout commence par un événement spectaculaire et dramatique. Dernier exemple en date, les JO. La Chine. Le Tibet. Les athlètes chinois qui, dans un louable souci de changement et d'innovation, remplacent les cibles du tir à la carabine par des moines bouddhistes. Un bonze tibétain remplace-t-il avantageusement une cible de tir à la carabine? Oui, à condition, que le bonze tibétain ne soit pas au courant. Mis au parfum, le bonze rechigne, bouge, et bon, pour tirer dans de bonnes conditions, il faut quand même une cible un minimum immobile. Bref. La Chine massacre nos amis les Tibétains, événement tragique auquel s'intéressent tous les grands médias sérieux et indépendants, ou même TF1.


Première temps: des ames éplorées s'indignent tandis que des esprits indignés s'éplorent. Ainsi, au dessous d'une ligne Perpignan-Ajaccio,dès que le sang coule, que des dictateurs répriment, que la démocratie est mise à mal et la liberté sous les verrous, aussitôt accourent sur les ondes hertziennes ces Robert Ménard, Renaud, éternel rebelle qui ne tolérera jamais par exemple une quelconque augmentation des tarifs du Café de Flore, Cali, Bernard-Henri Lévy, qui regrettera toute sa vie de ne pas avoir pu assister au génocide arménien, il en aurait fait trois best-seller, Bernard Kouchner (ah, plus trop, bizarrement), et j'en passe et des plus cathodiques qui viennent, scandalisés par notre passivité molle, nous inciter, nous qui ne faisons honteusement rien, à rejoindre des causes grandioses où l'on pourra enfin et à peu de frais racheter notre pauvre conscience.Pour eux, trouver une situation inacceptable et révoltante chez Ardisson, entre une vendeuse d'albums et un acteur qui répète que si tout le monde trouve son film à succès complètement nul, c'est « parce que c'est typiquement français, comme réaction », ce rôle d'agitateur humanitaire télévisuel peut constituer un véritable métier ou un simple passe-temps pour artistes engagés, entre deux concerts dans le Massif central et un dîner chez Séguéla.


Deuxième temps: les politiques réagissent. En général, Ségolène Royal sort une proposition qui fait doucement rigoler les porte-paroles de l'UMP plus si triomphante que ça et les analystes politiques rigoureux, qui sur RTL, qui chez Calvi, qui dans « Le Monde ». Ensuite, immanquablement, Rama Yade fait une gaffe, Fillon la rattrape et le mari de Carla Bruni, lui, s'empare de l'affaire: « Je ne tolérerai pas de tels agissements. Parce que, c'est quand même extraordinaire, hin, parce que, qu'est ce que je dois faire M'ame Chabot? Alors, moi je vous le dis, je n'ai qu 'un message à adresser à nos amis les Chinois: « Cassez vous du Tibet, pov'con. » »Les dirigeants socialistes populaires et légitimes et constructifs, comme euh....enfin....euh, François Hollande et ses copains interpellent le gouvernement. « C'est un nouveau constat d'échec pour Nicolas Sarkozy et François Fillon....pendant la campagne électorale le président avait promis...du temps de Lionel Jospin, ah ça, c'était différent...et je constate que sur ce sujet sensible.... la majorité est divisée... »


Troisième temps: les ronchons qui débarquent au bout de quelques temps, en face des indignés professionnels, en nous racontant totalement le contraire. Et bien non, pas du tout, ce n'est pas aussi simple que cela, vu de France, bien sûr, c'est facile, etc. Tout d'un coup, en l'espace de deux déclarations de Jean-Luc Mélenchon, d'une intervention d'Eric Zemmour et trois articles de « Marianne »,ça fait soudainement plus chic d'avoir la pensée opposée sur un sujet pourtant consensuel. Les Tibétains sont des feignasses, les Chinois des victimes du racisme de la pensée unique. Comme leurs amis les scandalisés professionnels, les rétablisseurs de vérités-honteusement-tues-par-les-médias-bien-pensants infligent alors à nos yeux fatigués et à nos oreilles dubitatives leur vision iconoclaste de telle situation internationale ou événement planétaire Trouver la part d'ombre enfouie, retourner les situations, inverser le rôle des « gentils » et des « méchants », voilà leur unique passion. Ils sont « anti-conformistes ». Qu'est ce qu'un anti-conformiste, me direz-vous? Et bien quand quelqu'un tient des propos racistes, on dit qu'il est raciste. Quand Eric Zemmour tient des propos racistes, on l'acclame en tant qu' « anti-conformiste ». Nuance.


Dernier temps, enfin: On oublie. Le Darfour, la Birmanie, et bientôt, donc le Tibet, tous connaissent lentement et inexorablement ce curieux phénomène. Peu à peu, on passe à autre chose. Les morts s'entassent toujours mais les médias français n'en parlent plus. Au 20h, les reportages concernent d'autres sujets. BHL ré-ajuste sa chemise. Robert Ménard tente de trouver un sujet qui lui assure 2minutes de plus chez Ruquier. Kouchner s'achète un nouveau sac de riz. Georges Frêche retourne à ses préoccupations languedocciennes. Déjà, les débatteurs de Pascal Clarck boive leur café autour d'un autre sujet. La France se rendort, en attendant la prochaine fois. Comme toujours.


A la semaine prochaine.

07 avril 2008

Abréviations

Cette semaine, Alain Rémond, dans une incroyable chronique, qui ferait même rire François Fillon, nous fait part d'une de ses passionnantes lectures, « Sigles, abréviations et faux-amis, dans les domaines du logement, de la retraite, du social et du médico-social » de M. Yves-Philippe de Laporte. M. de Laporte s'est en effet amusé pendant de longues années à recenser tous les organismes étatiques aux acronymes les plus divers (n'en tirons aucune conclusion sur l'état de la vie sociale de M. de Laporte). Ce qui laisse songeur Alain Rémond, qui, lui, a ses petits préférés, comme la MARTHE (Mission d'Appui à la Réforme de la Tarification de l'Hebergement en Etablissement pour personnes âgées), le PLAISIR (Planification Informatisée des Soins Infirmiers Requis), le PEDALO (Programme Excel des Aides au Logement), l'UPATOU (Unité de Proximité, de Traitement et d'Orientation des Urgences) ou encore le COCUBU (Commission du Contrôle Budgétaire).


Des acronymes poétiques et loufouques, c'est bien, mais il y a mieux. Il y a russe. Il y a le Niiomtplaboparmbetzhelbetrabsbomonimonkonotdtekhstromont, une vénérable institution soviétique, dont l'acronyme, 56 lettres, le plus long du monde, pourrait être traduire en français par : « Le laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composées-monolithiques et monolithiques du département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l'institut de recherche scientifique de l'organisation pour la mécanisation de bâtiment et l'aide technique de l'académie du bâtiment et de l'architecture de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques ».


A l'heure qu'il est, merci messieurs les tombeurs de Mur et d'URSS, il est malheureusement probable que cet auguste laboratoire n'existe plus. Il a du disparaître en 1989, en même temps que les rêves de Robert Hue. Est-ce une bonne chose (le fait que le laboratoire ait disparu, pas les rêves de Robert Hue, suivez un peu, je vous en prie)? Probablement: pour le directeur de l'institut, que je nommerai arbitrairement avec de ridicule idées reçues, Monsieur Piotr Villonivitch, ça a du être un grand soulagement. Pourquoi, me direz vous, car vous êtes de bonne volonté et vous voulez que cette chronique sorte lentement des sables où elle menace de s'enliser, lentement également, hin, pourquoi? Mais c'est très simple. Prenez la vie quotidienne de cet homme. Vous n'imaginez donc pas le calvaire qu'endurait M. Villonovitch? Le coût de ses cartes de visites (78cm X 45cm), par exemple. Et puis les petites humiliations en société: « Et toi alors, Piotr, tu fais quoi dans la vie? ». Dans l'administration « Camarade Villonivitch, pouvez vous indiquer sur notre formulaire votre profession, sur la ligne en pointillés. Merci. » . Le chemin de croix de ses enfants dans la cour de l'école: « Mais, vas-y, dis le ce qu'il fait ton père, hin! Pourquoi tu le dis pas? ». Un vrai supplice, vous-dis-je. Donc, tant mieux. Reste quand même une dernière interrogation: qu'est donc devenu M. Villonovitch? Je pense personnellement, et si j'étais vous, je me ferais confiance, qu'il doit être désormais président du PaRaDem. Ou peut-être est-ce le directeur de l'UCRLTC (Union des Chroniqueurs qui Rament Lamentablement pour Trouver une Chute). Mystère.


A la semaine prochaine

30 mars 2008

Moustache

Quand j'ai vu le titre de la chronique d'Alain Rémond, « adieu moustache », je me suis dit, tiens, serait-ce donc là un nouveau décès tragique? (oui, je m'auto-interroge intérieurement, c'est très sympa, vous devriez essayer). Après Thierry Gilardi et Françoise de Panafieu, encore une disparition prématurée? (Au passage, je fais décidemment bien des parenthèses hors de propos, à l'occasion du décès du sympathique commentateur sportif, on nous a repassé plusieurs grands matchs de foot, dont un de 1995, où le PSG marquait des beaux buts en construisant des actions, et où Nantes jouait en 1ere division. C'est à ce genre de détails qu'on voit que l'on a changé de siècle). Alain Rémond aurait-il perdu un être cher? Vastes questions dont j'ai eu les réponses deux lignes plus bas.


Et bien, en fait, pas du tout. Alain Rémond parlait simplement de ce qui constitue l'un des plus importants phénomènes socio-culturo-psychologique du XXIe siècle,je veux bien sûr parler, vous l'aurez compris puisque c'est dans le titre, de la disparition sournoise mais certaine de la moustache. En effet, le taux de gens moustachus tend subrepticement de plus en plus vers Zéro. Et Alain Rémond de citer pour étayer son propos, si il en était besoin, quelques exemples. Ainsi, plus de ministres moustachus au gouvernement. Aucun, même en cherchant bien. Erik Orsenna est désormais imberbe.Régis Debray, qui était moustachu depuis peut-être sa propre naissance, est lui aussi à présent sans moustache ce qui, je pense a du faire retourner Che Guevara dans sa tombe. Remarquez, sachant qu'en 2007, Che Guevara avait déjà du se retourner dans sa tombe en voyant les scores de l'extrême gauche française aux présidentielles, il doit être à présent dans le bon sens, mais, je m'égare d'Austerlitz.


Donc, o rage o desepoir, o vieillesse ennemie, bisque bisque rage, damned, plus de moustache. C'est terrible. C'est affreux. Enfin, pour Alain Rémond, du moins. Parce que moi, franchement, je dis que ce n'est pas plus mal. Car je pose la question: Les moustachus sont-ils bien des gens comme nous? Précisons que je n'ai pas peur de réponde: non. Les barbus sont étranges. Bizarres. Le matin, ils passent de longs instants face au miroir, dans leur salle de bains. Ils font peur aux enfants. Des fois, ils votent à gauche. Quand je leur dit bonjour, ça pique. Attention, hin, j'ai de très bons amis moustachus. Mais quand même. Quand ils viennent, on range le service en argent et les bibelots de valeur. Pas par manque de confiance. Par précaution.


Bon, ne faisons pas d'amalgames hâtifs. C'est vrai qu'il y a des moustachus très bien. Tenez, Alain Rémond lui même, avoue cette semaine avoir été moustachu. Mais, quelques cas isolés peuvent-ils vraiment racheter tous leurs congénères? Je ne le crois pas. Les moustachus sont des gens méchants et dangereux. Chut, ne le répetez pas, c'est un secret, mais les moustachus font partie du vaste complot gauchisto-bolcheviko-islamisto-franc-maçonnique pour la domination du monde. Je le tiens de source sure. C'est Eric Zemmour qui me l'a dit.


A la semaine prochaine.



24 mars 2008

Fosses

Donc, la droite a perdu les municipales. La gauche aussi, dans certaines villes (la mienne,au hasard). Dans les deux cas, c'est parfois plutôt bêtement, comme nous le raconte « Le Canard Enchaîné » (oui, parce que des fois, je lis également le « Canard Enchaîné »): « A Sceaux (Hauts-de-Seine), la candidate PS qui avait recueilli 24% des voix au premier tour, a oublié de déposer sa liste pour le second. Du coup, le maire sortant, Philippe Laurent, a été réélu dans un fauteuil[...]. Le candidat UMP arrivé en tête au premier tour à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) ne s'est pas inscrit à temps, lui non plus, pour le second tour. Idem pour la liste PS aux Sables-d'Olonne (Vendée). Et pour le conseiller général sortant de Vézelise (Meurthe-et-Moselle). »


Alors là, je dois dire que je suis perplexe. Ça me dépasse. En dehors du fait que ça n'ait strictement rien à voir, de près ou de loin, avec Alain Rémond (qui nous raconte lui, la vente du château de Giscard, pour un prix qui doit égaler la valeur d' au moins trois diamants de Bokassa), dont je suis pourtant censé vous expliquer le talent incommensurable dans ces chroniques, ça me laisse pantois. Dubitatif. Pour réaliser, j'essaie un peu d'imaginer la scène. Prenons par hasard le candidat UMP à Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) qui s'appelle apparemment M. Michel Traversino, comme je l'ai découvert à la suite d'une palpitante et périlleuse enquête d'investigation, car je suis un vrai journaliste, comme Charles Villeneuve. Mettons que nous sommes quelques temps après le premier tour, le jour où les candidats doivent s'inscrire en préfecture avant une heure indiquée. Précisons que nous sommes quelques minutes après cette heure fatidique, que je fixerai à 18h tapante, comme ça, au feeling. Donc, si vous avez suivi, nous sommes le 11 Mars, à 18h03, chez Monsieur Traversino qui vient justement de rentrer, les hasards sont merveilleux, de sa permanence électorale, et qui trouve, attendri, Madame Traversino et M. Traversino Junior en train de l'attendre patiamment pour regarder « Des chiffres et des lettres» (si tant est que ça soit toujours à l'antenne à 18h). M. Traversino à Mme Traversino: « Bonjour, chérie». Mme Traversino à M. Traversino: « Bonjour, chéri ». M.Traversino à M. Traversino Junior: « Bonjour, mon chéri ». ( Pourquoi les Traversino se disent-ils « bonjour », alors qu'un minimum de logique devrait les pousser à dire « bonsoir » à18h? Mystère ). Reprenons. M. Traversino: « Ah, quelle excellente journée de campagne, je la sens plutôt bien cette élection, puisque je le rappelle, au risque de ne pas paraître naturel du tout quand je m'exprime dans un cadre familiale , j'ai remporté 44% des suffrages! Ne trouves-tu pas, chérie? » Mme Traversino, d'un ton innocent, sans penser aux tragiques conséquences de ces paroles : « Oui, bien sûr. Au fait, Michel, comment s'est passé le dépôt de ta liste à la préfecture comme tu devais le faire impérativement avant 18h, tiens, c'est vrai que ce chroniqueur ne sait absolument pas écrire des dialogues naturels et que les siens sont pour le moins poussifs, alors, comment ça s'est passé? » M.Traversino: « Diantre! Fichtre! J'ai oublié de déposer ma liste! Argh! Me voilà fichu! Et puis,vivement que ce dialogue s'arrête, je parle d'une façon de plus en plus ridicule! ». Mme Traversino: « Mon dieu! ». M. Traversino Junior: « Bonne chance, mon papa. » Bertrand Renard à Laurent Romejko, dans le poste TV: « C'est très bien, Patrice. Le compte est bon ».


Le pire pour M. Traversino, ça a quand même du être la réaction de la ville de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants). Imaginons le pauvre homme dans sa permanence. Réunion stratégique au QG de M.Traversino, avec toute l'équipe de campagne, pas encore au courant de l'affreuse boulette de leur champion, qui se fait interpellé par un de ses co-listiers « Bon, ben, Michel (M. Traversino, avais-je oublié de le préciser, s'appelle Michel), écoute je pense que c'est faisable, hier tiens, avec toute l'équipe on s'est couché à 2h du matin pour être au top niveau tract et démarchage, et vu tout l'argent et l'énergie qu'on a investi dans cette campagne depuis un an, ça serait une catastrophe que nos adversaires gagnent. T'es d''accord avec moi, Michel, non? ».... Pauvre M. Traversino. A l'heure qu'il est, je pense qu'il a du déménager. Si c'est le cas, j'espère que ce sera lui le candidat de l'UMP dans ma ville, en 2014. Ça serait sympa. Rêvons-un peu.


Sinon, M.Barros* et M.Vaillant (oui, j'aime bien mettre des « M. » partout, ça fait genre, j'écris comme « Le Monde ») les adversaires (PS et DVG) de M. Traversino ont du bien rire.(Je précise que M. Barros, après un dépouillement d'un suspens insoutenable a remporté 100% des suffrages exprimés et 29 des 29 sièges du conseil municipal. Comme quoi, la Russie n'est pas si loin que ça de Paris.) Les militants UMP, moins. Les habitants de Fosses (Val d'Oise, 10 000 habitants) eux, ont accueilli la nouvelle avec une lueur d'ennui poli, malgré le caractère extraordinaire de la nouvelle, car avez-vous déjà vu des habitants de Fosses sceptiques? Pas moi, en tous cas.


A la semaine prochaine.

18 mars 2008

Défaite

Les défaites, ce n'est jamais très agréable à vivre, les supporters parisiens en savent quelque chose. Mais, parmi tous les genres de défaites, les sportives sont peut-être les plus faciles à encaisser: futilité du sujet, et puis, après tout est-on vraiment responsable du fait que Trézeguet tire mal ses coup francs? Non, assurément. En plus, vos ennemis, les gagnants, sont généralement loin, très loin, et ce n'est vraiment pas de chance si trois fleuves, un océan ou cinq départements ne vous séparent pas d'eux. Alors que les défaites électorales, c'est beaucoup plus embêtant. Même celles d'enjeu a priori modeste, mais qui revêtent tout à coup une importance folle. D'abord, c'est, je pense, le stress et l'angoisse du dépouillement, qui sont le pire. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé dans un bureau de vote lors de municipales dans un petit village. Il est 19h30, vous arrivez gaiement et joyeusement insouciant, pauvre malheureux. Et là, aux mines sombres de vos amis, de vos proches, des gens partageant les mêmes sensibilités politiques que vous, vous prenez comme un gros coup de poing très douloureux dans l'estomac. On devient blanc, la gorge nouée. On s'approche, près des bulletins en train d'être dé pouillés. On écoute les gens parler « Oui, il a deux voix de retard, mais je tiens d'une source sûre, qu'à l'école maternelle, il est devant, etc. ». On espère secrètement, que dans les dernières centaines, un miracle survienne. On regarde, un peu écœuré, les adversaires du camp d'en face sourire jusqu'au oreilles, et sortir à leurs amis, en vous regardant sadiquement, « Alors, t'as mis le champagne au frais? ». Les plus démoralisés vont à la mairie, où à la permanence électorale, en attente des résultats définitifs qui tombent, dans le hall, sous les hourras qui ne sont pas les vôtres, acclamant le nouveau champion qui fait un discours très émouvant disant qu'il est très ému d'être très ému, et que si ses adversaires sont émus, lui aussi est très ému, comme quoi, on est tous ému, qu'on peut tous ensemble être très ému, qu'il faut être tous ensemble très ému, et que ça prouve bien qu'il sera le maire, en cet instant très ému, de tous ses concitoyens eux aussi tous très ému, ce qui l'émeut beaucoup, comme c'est émouvant, il en est tout ému.


Bon, le pire (vous me direz: « vous avez dit: le pire... il y pas trois lignes, faudrait savoir, vous pourriez dire: le plus désagréable, etc. », peut-être, c'est pas faux, mais je vous répondrai de me ménager quand même un peu, hin, je suis sous le choc) ce sont les gens, persuadés qu'on a gagné qui vous appellent: « Alors, c'est bon, hin, on a combien d'avance? », auxquels il faut expliquer gentillement toute l'étendue du désastre. Et puis, il y a après. Que faire? Quand on gagne, on sait très bien que faire. On fait la fête en buvant (avec modération, bien sûr) du champagne. On fait le tour de la ville en klaxonnant. On passe devant les adversaires en criant des slogans très peu en conformité avec des règles de fair-play et d'esprit sportif. Bref, c'est la joie, l'ivresse, la déraison. Toute chose dont on s'aperçoit avec horreur que ce sont les adversaires qui vont en user, sur votre dos, dans de révoltantes réjouissances.


Et oui, on s'imaginait déjà à leur place, en train de saluer une belle victoire, et rien que d'imaginer ce qu'ils sont en train de passer en mousseux, ça vous met hors de vous. D'autant plus que là, vous êtes affalé dans un coin d'une salle sombre, ambiance quasi-funèbre, entre deux assiettes de cacahuètes, écoutant votre voisin dire que lui, depuis le début, il savait, il l'avait bien dit, il avait vu juste.


Après, c'est aussi, la semaine qui suit. Gros changements dans la vie de votre commune, qui d'une manière ou d'une autre vous touchent, plus ou moins directement. Chasse aux sorcières et perte de repères.

En plus, vous vous apercevez avec effroi que vos adversaires se sont affreusement infiltrés dans votre vie quotidienne, ce qu'ils vous font la semaine suivante cruellement et incessamment ressentir avec des phrases du genre, le lundi matin, au boulot: « On vous a bien eu, pas vrai? » ou « Ben dis donc, pas trop triste? Moi je suis crevé, si tu savais à quelle heure je me suis couché... ». Mais bien sûr que oui, je suis triste bande d'infâmes charognards, pas la peine de s'appesantir là dessus, quand même, ça va oui! (remarquez, je fais moi-même exactement pareil quand je me retrouve en position de force. A partir de là, est-ce tout à fait morale de faire ces reproches à mes collègues?, me direz-vous. Et bien, c'est gentil de votre sollicitude en de tels instants, votre soutien me touche beaucoup).


Mais bon, 6 ans, ça passe vite. Vous verrez la prochaine fois. Qui rira bien, rigolera vers la fin.

12 mars 2008

Vache

A quoi sert-donc le progrès si on ne peut même pas empêcher les vaches de roter? C'est la délicate question que se pose Alain Rémond dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne ». En effet, les vaches, passez moi l'expression, rotent. Jusque là, rien de bien inquiétant. Quel est le problème, alors, me direz-vous? C'est que le rot de vache contient du méthane (CH4). Beaucoup de méthane (CH4). C'est pourquoi, la prochaine que, sur une petite route d'une de nos belles campagnes,en allant chercher par une belle journée de printemps, un peu de pain au village voisin dont on entend sonner la cloche de l' église ancestrale aux murs couverts de glyscine, à l'ombre d'un vieux pommier, les pîeds crottés de boue, accoudé à la barrière nacré d'un champ à l'herbe grasse, regardant les blés dorés s'agiter au soleil de mai, vous croisez par hasard le regard tendre et chafouin d'un de ces lourds bovins, noble et majestueux, au pas tranquille de sénateur radical-socialiste, approchez vous de lui, n'hésitez pas, et dès que vous êtes suffisament prêt de sa grosse tête pour apercevoir la lueur d'affection douceureuse qu'il y a dans ses yeux, jetez lui donc une pierre, paf dans sa tête. Et oui, cette bête ignoble, malgré son aspect fort sympathique qui plait tant aux enfants est en train de réchauffer patiamment et sadiquement la planète, mettant ainsi à l'épreuve la biodiversité, et faisant fondre la banquise, où vivent nos amis les ours polaires, qui eux, ne rotent pas du méthane, ou alors, si, mais c'est une histoire de fous.


Donc, il faut empêcher les vaches de roter. « Il est bien difficile d'agir sur les ruminants » se désole « Le Monde », le poids de l'ennui, le choc des paupières. Difficile d'agir sur les ruminants? Dans la France du « Monde », peut-être! Dans celle du conservatisme et de l'immobilsime cégétisite, sans aucun doute! Mais dans celle de Nicolas Sarkozy, sûrement pas. Nicolas Sarkozy peut tout faire. N'a-t-il pas augmenté, depuis le début de son mandat, de façon phénoménale le pouvoir d'achat comme le ressentent tous les Français? La croissance dans notre pays n'est-t-elle pas de 3,5%? Si, puisque Jean-Marc Sylvestre l'a dit, et moi, je crois tout ce que me dit Jean-Marc Sylvestre. Or, si Nicolas Sarkozy a sauvé la France de la crise où elle s'enfonçait, il peut bien sauver le monde des rots des vaches.Certains affreux grincheux cependant crieront tout de suite qu' ils ne voient pas comment il peut faire, que c'est impossible, etc. Tttttttt. De tels propos sont désolants. Bien sûr que Nicolas Sarkozy a une solution pour tout. Et pour notre problème, celui qui nous intéresse (en tous cas, moi) depuis le début de cette chronique, également. C'est très simple. Pourquoi les vaches rotent? Parce qu'elles mangent. Par conséquent, empêchons les de manger. Pour toujours. De boire, oui, à la limite, on est pas sans coeur, non plus. Mais manger, ça non. Comme ça, plus aucun rot. Je sais ce que vous allez me dire: les vaches mourront. Et bien non, là est l'astuce. Elles se nourriront par intra-veineuse. De cette façon, non seulement plus de rot, mais nos campagnes auront toujours des vaches (sous perfusion, certes, mais on va pas chipoter). Et puis, si il y en a ne serait-ce qu'une seule vache qui s'avise de roter, on appelle le Président, et alors là, prenant son jet présidentiel, il atterit en pleine campagne corrézienne, il se plante devant la vache, sort délicatement la guitare de Carla Bruni, commence à lui jouer un air (le président sait tout faire) et dès que la vache est en confiance, paf la guitare sur la tête, et hop là, la vache, Brice Hortefeux, il l'envoie au Mali, on verra bien si elle continue à roter, non mais des fois.


Alors, ensemble, tout-ne devient-il pas possible?


02 mars 2008

Campagne

Ambiance champêtre cette semaine dans la chronique d'Alain Rémond, Salon de l'Agriculture oblige. Ce qui nous amène tout naturellement à cette interrogation bien obsédante, " Au fait, c'est quoi la campagne" ?. Et bien, c'est une excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée, en plus, petits veinards, vous avez le droit à la réponse pas plus tard que tout de suite.


La campagne, c'est où? La campagne est une vaste zone s'étendant de là à là, et d'ici à d'ici. Exemple: Paris n'est pas à la campagne.


La campagne, pour quoi faire? Ah, ça, c'est une bonne question. On peut raisonnablement dire que la campagne n'est pas très utile, puisque dès que l'on veut y construire une autoroute ou un Palais des Congrès, certains rouspètent. Donc, la campagne sert uniquement à faire joli. Ah, non, suis-je bête, la campagne sert aussi à faire vivre Jean-Pierre Pernault.


La campagne, ça ressemble à quoi? C'est assez beau. Il y a des champs de betteraves mais aussi des champs de maïs sans oublier des champs de blé, et bien sûr des champs de tournesols. De temps en temps, quelques fermes. Mais, le plus intéressant à la campagne, c'est la flore et la faune. Exemple de flore remarquable: arbre, fleur, buisson, brindille, très rarement un palmier. Exemple de faune sympathique et familière: veau, vache, cochon, poule, lapin, militant du RPR, etc.


Il y a des choses à voir, à la campagne? Pas grand chose, ah si, dans certaines campagnes, les rivières sont vertes et sentent étrange, c'est assez splendide. Bon, avec un peu de chance, tentez tout de même l'expérience suivante: allongez vous dans un champ de maïs par temps chaud. Là, deux possibilités:1) Si il fait vraiment très chaud et que vous êtes vraiment très chanceux, vous pourrez déguster du pop-corn gratuitement 2) Sinon, plus vraisemblablement, vous pourrez très bien aussi assister à un affrontement entre faucheur d'OGM et CRS, un spectacle inoubliable dont la narration fera le sel de vos dîners de famille.


La campagne, c'est bien? Bof, c'est salissant. Et puis on mange des aliments qui n'ont pas tellement le goût d'E78 et de colorant B56. En plus, c'est bruyant. Pourquoi? Mais enfin n'entendez-vous pas dans nos campagnes mugir ces féroces soldats?


Et qui vit à la campagne? Les paysans, qu'on appellera affectueusement " péquenauds " ou " bouseux ", ou encore d'une manière plus officielle "agriculteur ". Qu'est-ce qu'un agriculteur? C'est quelqu'un qui conduit un tracteur, comme François Bayrou, mais pour de vrai. Comment reconnaître un agriculteur? Faîtes un test tout simple: en présence d'un individu d'apparence paysanne, prononcez dans la même phrase: Chirac, TF1 et Bruxelles, et testez sa réaction. Si dans ses yeux passe une lueur d'ennui poli, ce n'est pas un agriculteur. Si il a pleuré au son de " Chirac " et sauté à votre coup en tentant manifestement de vous étrangler en entendant " Bruxelles ", pas de doute, c'est un agriculteur.


Sont-ils dangereux? Comme les chiens ou les contrôleurs fiscaux, les agriculteurs sont tout à fait pacifiques si on ne les énerve pas. Cependant, si un agriculteur vous agresse parce que vous auriez refusé le sympathique bout de fromage qu'il vous proposait, s'il se fait menaçant, n'hésitez pas, balancez lui un « Casse-toi pauv' con », normalement, cela fonctionne très bien (nous déclinons quand même toute responsabilité en cas d'échec et de coup de fusil intempestif).


Bon, ben alors, si c'est pas terrible, pourquoi nous en parler? Mais, amis lecteurs, je vous rappelle que c'est vous qui m'avez posé la question sur ce sujet, en début de chronique. Faudrait quand même savoir ce que vous voulez.

24 février 2008

Télévision

Nicolas Sarkozy va s'inspirer de la télé des années 60 pour réformer l'audio-visuel public. C'est l'incroyable pari que fait Alain Rémond cette semaine dans sa chronique de Marianne, pari mis en relief par une plongée subtilement narrée dans l'intimité présidentielle. Ce qui donne un chef de l'état ordonnant à Henri Guaino de remettre au goût du jour « Thierry la Fronde » ou « Les Rois Maudits », tout en cherchant à joindre le ministre Alain Peyreffite pour lui parler de la re-progammation d' « Intervilles ». Cruelle désillusion pour le président quand il apprend que Guy Lux est mort. A quoi, cela tient, quand même, une réforme de l'audio-visuel public.


Cependant, je n'ai pas peur de dire (je suis quand même vachement courageux) que le Président se tromperait en voulant exhumer les figures de l'ORTF. Non, on pourrait utiliser des talents actuels inemployés. Tenez, au hasard, un journaliste talentueux. Vous avez deviné? Non, pas Jean-Michel Apathie. Oui, amis lecteurs, vous avez trouvé, pourquoi pas Alain Rémond pour ré-hausser le niveau du service public?


Mais où, me direz vous? Un peu partout, vous répondrai-je, avec le sourire, car en plus d'être courageux, je suis poli. Au 20h, par exemple. Je vois ça d'ici : « Madame, monsieur, bonsoir, dans l'actualité de ce jeudi 28 Avril, nouvelle agression de cintres, cette fois sur une riveraine de Montargis, sur place, nos envoyés spéciaux... ». Et puis, à « C'est pas sorcier ». C'est vrai, les deux rigolos sont assez sympathiques, mais sont-ils rééllement aussi compétents pour expliquer comment fonctionne une centrale thermo-nucléaire qu'Alain Rémond? Bien évidemment, dans le rôle du deuxième comparse qui va sur le terrain, Guy Konopnicki serait parfait, au beau milieu de la forêt amazonienne. La pédagogie mérite tous les sacrifices. Dans un autre genre, Alain Rémond serait également très bien en présentateur météo: « Et il ne pleuvra pas du tout sur la Bretagne, hin, parce qu'il ne pleut pratiquement jamais en Bretagne, contrairement à ces clichés indignes qui... ».


Sinon, Alain Rémond remplacerait avantageusement Joël Robluchon dans « Bon apétit bien sûr », où il nous apprendrait (presque) comment ouvrir des huîtres sans perdre un bras ou nous dévoilerait sa recette exclusive du kouign-amann de son enfance. Je le verrais très bien aussi à la place de Jean-Luc Delarue. Un plateau d'invités aux témoignages bouleversants, avec des sujets comme « J'ai un conflit relationnel avec trois cintres de ma penderie, que faire? » ou « Une taupe a sauvagement éliminé mon parterre de bégonias, peut-on éviter que cela se reproduise? ».


Tout bien réflechi, je crois que le plus simple, ça serait de nommer Alain Rémond ministre de la Culture à la faveur du prochain remaniment. Alors, vivement le 17 Mars!

17 février 2008

Resto

Alain Rémond, dans sa chronique hebdomadaire de « Marianne » nous laisse de précieux indices quant au déroulement de sa vie passionnante de star de la presse française et internationale. Oui les amis, comment peut donc bien se passer l'existence, quand tu es Alain Rémond? C'est la bouleversante question qui déterminait, je le sens, votre raison d'être et que nous allons tenter de résoudre aujourd'hui.


Alors, pour commencer, quand tu es Alain Rémond, tu bouscules régulièrement les règles figées de l'orthographe française en de géniales trouvailles dont l'Académie Française prend note, par exemple, tu écris à la 7eme ligne de ta chronique « super sympa » tout attaché. « Oh, lalala, vous jouez à Maître Cappello, maintenant, me direz-vous, ce n'est sûrement qu'une banale erreur typographique pour laquelle Alain Rémond n'y est probablement pour rien, et c'est très mesquin de votre part de relevez ça. Oui c'est très décevant, on s'attendait quand même à mieux», ce en quoi vous avez totalement raison. Des fois, je me demande ce que je ferais sans vous.


Où en étais-je? Oui, quand tu es Alain Rémond, et bien, le midi, quand tu as fini ta demi-journée de travail, tu ne rentres pas chez toi manger. Tu vas au restaurant. Donc on peut en déduire que a) un journaliste de « Marianne » a les moyens de manger tous les jours au restaurant b) Alain Rémond habite loin de son lieu de travail c) plus vraisemblable: qu'il a des collègues « supersympas » ce qui l'incite à déjeuner avec eux d) que si ça continue on trouvera bientôt « Le Guide Alain Rémond des restos de l'Est parisien ».


Ensuite quand tu es Alain Rémond, tu mènes des enquêtes d'investigation hyper poussées pour voir, si oui ou non, ce resto de la Rue Beaurepaire qui vient de passer par un « changement de propriétaire », il est pas mal ou totalement affreux. Et oui, être un journaliste d'investigation doit te pousser à faire n'importe quel sacrifice.


Sinon, quand tu es Alain Rémond et que tu as quitté tes charmants petits bistrots où tu as tes habitudes et où tu es volontiers casanier, tu remarques avec une lueur de désapprobation que le patron de ta nouvelle cantine met du Dalida en fond sonore et te place sur la banquette qui est visible de la rue, pour attirer les clients. Quand tu es Alain Rémond, tu as perdu toutes illusions sur les patrons de restos et le genre humain en général.


Et puis quand tu es Alain Rémond et que tu vas au resto avec deux copains, tu prends trois harengs pommes à l'huile en entrée et deux foies de veau et un confit de canard, avec, c'est tellement mieux, des pommes sautées. Oui, quand tu es Alain Rémond, tu vis dangereusement, tu t'en fous de ton cholestérol et de ton bilan cardio-vasculaire, tu n'en as que faire des cinq fruits et légumes par jour, et tu manges lourd et gras, comme les messages du ministère de la santé te le déconseillent sévèrement, mais Alain Rémond est un rebelle.( Cependant, un homme comme Alain Rémond peut-il vraiment avoir du cholestérol comme n'importe quel autre mortel? J'en doute.)


Enfin, quand tu es Alain Rémond, tu n'hésites pas à aller dans un établissement en difficulté, à le redresser, à l'aider à le faire entrer dans les champs fertiles de la prospérité rayonnante. Tu viens en secours à ces artisans culinaires, au nom des valeurs immarcescibles de liberté d' entreprendre et d'audace économique. En un mot, quand tu es Alain Rémond, tu fais vivre le petit commerce. Et rien que pour ça, tu es un type bien.

10 février 2008

Mails

Cette semaine, dans "Marianne ", Alain Rémond nous entretient de deux mails qu'il a reçu, le premier indiquant comment " dominer ses émotions par des excercices ludiques", le second n'étant qu'un sombre galimatias d'obscurs termes informatiques comme "répartiteur de charge applicatif" et "ferme" (je tenais bêtement le mot "ferme" pour un des mots les plus limpides et les plus sympas du dictionnaire, associé dans mon esprit à tout un tas de chouettes trucs, en réalité, le scélérat, il peut vouloir dire d'autres choses bien plus mystérieuses), le tout traité évidemment avec le brio habituel, ce que je précise uniquement pour le rythme de ma phrase.

Ceci intervient quelques semaines après une chronique sur un mail traitant du "speed networking", et d'autres encore, au sujet, elles aussi, de mails étranges. D'où quelques interrogations et réfelexions que l'on peut en tirer:

1)Alain Rémond ne varie pas beaucoup ses sources d'inspiration, et a tendance à faire une chronique sur absolument tout ce qui lui tombe sur la main, notamment ses mails. Et bien c'est une remarque très désobligeante que, voyez vous, je ne me serais jamais permise, c'est vous qui l'avez dite, d'abord.

2) On a l'air de se méprendre tout à fait sur la personnalité d' Alain Rémond pour lui envoyer des mails pareils. Apparemment, il passe pour un chef d'entreprise cardiaque et super doué en informatique.

3) Alain Rémond est vraiment une homme très ouvert, pour prendre le temps de lire des messages comme ça. Remarquez, un chroniqueur à l'affut du moindre sujet de chronique se doit de scruter sa boîte aux lettres électroniques, la preuve.

4) Les relations homme-cintres doivent aller mieux, vu qu'Alain Rémond ne leur consacre plus ses chroniques.

5) Pour en revenir aux mails, les gens qui les envoient espèrent-ils vraiment une réponse d'Alain Rémond du genre: "Désolé mais dans ma ferme, le répartiteur de charges applicatifs garantit déjà la haute disponibilité des serveurs à la criticité performante."

6) Si, la semaine prochaine, Alain Rémond reçoit un nouveau mail du style de ceux déjà tournés en dérision, pourra-t-on en conclure que la lecture de "Marianne" n'est pas très courante dans le milieu des services informatiques?

7) Y a-t-il réélement des gens intéressés par ce genre de mails? Si vous êtes dans ce cas, ne culpabilisez pas, contactez une assistance psychologique spécialisée.

8) Si Alain Rémond reçoit des mails, on peut légitimement en déduire qu'il possède un ordinateur en parfait état de marche, avec une connexion internet fonctionnant à merveille. Cette découverte ne vient elle pas réduire en cendres les affreuses insinuations d'incompétences informatiques d'Alain Rémond, formulées par quelques malveillants?

9) L'émetteur de ces mails ne serait il pas Nicolas Sarkozy? Et oui, pendant que Alain Rémond ne parle plus des cintres mais de ses mails, silence aussi sur les agissements autrefois ridiculisés du président français...D'où ce vaste stratagème mis en place par le chef de l'état pour détourner l'attention du chroniqueur sarcastique (Il paraît qu'il a fait pareil avec des SMS pour le "Nouvel Observateur". Bizarre, bizarre.)

10) C'est très bien de se gausser des mails que reçoit Alain Rémond mais ne viens-je pas de m'en servir honteusement pour en faire l'essence de ma chronique? Ces pratiques schizophrènes sont elles bien raisonnables?

11) Vu que je suis à cours d'idées, ne vaudrait-il pas mieux que je me taise avant de dire d'autres choses moins pertinentes.? Mais, écoutez, puisque c'est vous qui le dîtes, les amis, à la semaine prochaine, alors!

02 février 2008

Cheval

Pascal Meunier de Nantes (44) écrit cette semaine à « Marianne » en ces tes termes: « J'adore Alain Rémond[...], si il parlait des chevaux, j'irais au PMU », courrier à ne toutefois pas confondre avec celui, assez similaire, sur la même page, de Philippe Boniface de Dijon (31): « J'adore Maurice Szafran, [..], si il soutenait le président, j'irais à l'UMP. »


Et bien on peut dire que Pascal Meunier de Nantes (44) nous ouvre un horizon de possibiltés surprenantes, si tant est, mais j'en doute, que l'on puisse sérieusement et sans se blesser, « ouvrir un horizon », mais ça doit être une image poétique. En effet, bien que cette éventualité (un brusque départ d'Alain Rémond pour « Paris-Turf » ou « L'hebdo du cheval » ) ne soit vraisemblablement plausible-Alain Rémond spécialiste hippique, et puis quoi encore, critique de cinéma, peut-être?- c'est à n'en pas douter une éventualité tout à fait intéressante. Oui, mes amis, imaginons un instant un monde fantastique, où, si l'on ouvrait un magazine dédié aux turfistes, on pourrait peut-être lire ceci:



« Les Meilleurs chances du jour, par Alain Rémond*.

Les meilleurs chances du jour sont, comme on dit, à chercher dans la 5eme, à Vincennes( A propos, avez vous déjà pris le RER jusqu'à Vincennes? Moi, oui. Grâce à mon Pass Navigo. Dans la station de métro, y a une publicité étrange. Qui intrigue les gens curieux. Et moi, voyez-vous je suis curieux. Terriblement. Mais, me direz vous, que vient faire le métro dans cet article? Vous avez raison,je m'égare.) Bref, les meilleurs chances du jour. Qui sont donc à Vincennes. Je voudrais pas paraître tatillon mais le concept de meilleurs chances, qui, comme mues par un instinct animal, se retrouverait toutes, là, comme ça, dans la même ville, au même instant moi franchement ça me laisse songeur. C'est comme la textique. Avouez que ce sont de drôles de concept. Mais, que disais-je donc? Oui, les meilleurs chances du jour, qui sont, quelque chose me dit que vous aviez un pressentiment, à Auteuil. Donc, dans la cinquième, pour le quinté, dans l'ordre: l'As « Lady First », qui s'était illustrée, on s'en souvient, au Grand Prix d'Amérique (j'étais arrivé en retard, à ce fameux grand prix. Pourquoi? Devinez: un gros problème de cintres. Très gros.Mais je sens que ce n'est pas le moment de l'aborder.). Bon, le quinté. Alors, l'as, le numéro 3, « Sophie d'Anjou »-ah! L'Anjou. J'y étais allé une fois, en train, un truc incroyable. Décidément, j'ai une forte tendance à parler de moi. On dirait Ségolène Royal chez Drucker. Vous l'avez vue? Oups! Je recommence- Alors le quinté, l'As, le numéro 3, le numéro 5 (c'est marrant c'est tous les chiffres impairs. Il y a des hasards, des fois. Tenez, hier, j'étais dans la file d'attente du cinoche quand...zut, je me laisse encore aller.)Bon, je récapitule (j'aime bien récapituler). Dans les courses, à Vincennes, ça donne dans l'ordre, l'As,le 3, le 5 et le 6.

C'est bon? C'est noté? C'était légèrement laborieux, vous me direz. Mais, bon, il faut dire que ces temps-ci, je suis un peu troublé. Chamboulé, voyez. Rapport à mon chat. Vous ne connaissez pas sa dernière? Et bien...pffft, voilà, c'est reparti. Je ne m'arrête jamais. Comme Musardin de Villebois, dans le tiercé à Auteuil. Mais je crois qu'il vaut mieux qu'on en parle demain... »


*Certaines personnes s'étonneront qu'Alain Rémond, quand il écrit dans des journaux hippiques, comme plus haut, fasse des fautes de syntaxe, voire d'orthographe, qu'il ait un style assez plat, n'ayant rien à voir avec celui d'ordinaire, et moins d'humour que d'habitude, je leur dirai d'être indulgent...

28 janvier 2008

Match

Match

« Grâce à Paris-Match la philosophie vient de faire un formidable bond conceptuel » écrit cette semaine Alain Rémond dans « Marianne ». En effet, l’hebdomadaire au fameux « poids des mots, choc des photos » vient justement d’annoncer qu’il allait changer ce slogan pour un autre, qui autant le dire tout de suite, est magnifiquement philosophique, délicieusement métaphysique, et même pas de Jean-Pierre Raffarin : « La vie est une histoire vraie ».

C’est, comme l’explique si bien Alain Rémond, un concept épatant. Moi bêtement, par exemple, je croyais naïvement que la vie était vraie. Alors que c’est une histoire, vous voyez la nuance. Une histoire, qui, en plus, peut être fausse. Bon, je sens que ce n’est pas très clair, voici donc quelques exemples judicieux.

Par exemple, quand « Paris-Match » met en couverture Cécilia Sarkozy et Richard Attias à New-York, et bien c’est une histoire fausse. Ce n’est pas la vraie vie. C’est une fable de journalistes. Quand certains disent qu’Alain Genestar, rédacteur en chef du magazine a été viré à cause de cette une, c’est évidemment des ragots. Ce n’est pas « une histoire vraie ». Si Alain Genestar n’est plus rédacteur en chef c’est bien entendu parce que, euh, euh…. Bon, euh, continuons à parler philosophie.

Autre exemple. Les bourrelets de Sarkozy faisant du canoë. Ces bourrelets ne font pas partie de « la vraie vie ». C’est une histoire. Une histoire fausse. Dans sa volonté de toujours coller à l’ « histoire vraie de la vraie vie », Paris Match a enlevé les bourrelets. Ils sont logiques, à Paris Match.

Dernier exemple, quand « Paris-Match » fait des reportages à la Ceausescu sur Sarkozy qui auraient choqué un lecteur de « La Pravda », il ne faut pas s’en offusquer. C’est la vie réelle, puisque c’est « Paris Match » qui le dit. Ce sont des histoires vraies. C’est merveilleux.

Ainsi, la prochaine fois que vous irez chez votre coiffeur ou votre dentiste, vous saurez à quoi vous en tenir : tout ce qu’il y a dans Paris Match, c’est la vraie vie. Une vie remplie de défilés de hautes coutures, de soirées mondaines, d’appartements cossus, de vacances tropicales et d’après-midi shoppings de luxe. Une vie sans chômage, sans racisme, sans problème de logement, de pouvoir d’achat. Une vie où l’information essentielle de cette semaine, ce n’est ni la crise financière, ni le débat sur la campagne municipale, ni les déboires de Notre Président, mais la mort de Carlos. Une vie super, avec des trucs supers. Paris Match, le poids de l’hypocrisie, le choc de la complaisance.

21 janvier 2008

Questions

Questions

François Fillon est un type épatant (bien que ce fait n’ait absolument aucun rapport, même en cherchant bien, avec Alain Rémond, sujet supposé de toutes ces chroniques, mais, que voulez vous ? François Fillon mérite qu’on ne s’arrête pas à ce genre de détails). Sous ses airs de Snoopy dépressif, c’est un franc gai-luron. Vous avez vu sa conférence de presse ? Un truc incroyable. Tout le monde s’attendait à une oraison mortifère plus déprimant encore que la météo marine sur France-Inter ("pour Shannon, virant 7 à 8 mollissant 5 à 6 l'après-midi... grains localement agités... pour German, de fortes rafales puis des grains localement orageux... pour Amber 4 à 5, puis virant 7 à 8 l'après-midi... pour Tamise 3 virant sud-ouest... pour Pas-de-Calais et Antifer sud à sud-est 4... pour Iroise mer devenant violente...") ; les journalistes présents avaient été tirés à la courte paille, les mines étaient sombres, les regards tristes, l’ambiance à filer le cafard à tout le monde, même, c’est dire, à Xavier Bertrand (« les cheminots, ils sont super, mais la grève, c’est pas très gentil, parce que les usagers, ils sont super, et moi, les faire souffrir, ça m’arrache le cœur »).

Or, voilà que François Fillon arrive, souriant, détendu voir décontracté ( !). François Fillon, le Premier Ministre de la « faillite », des grèves, des réformes difficiles, que l’on ne voit à la télé uniquement pour annoncer un avec un rictus sadique et des yeux exorbité un nouveau «plan de réduction du nombre de fonctionnaire », des fermetures de tribunaux ou « l’établissement de nouveaux objectifs sur le dossier de l’immigration, gnêck, gnêck » (ces derniers mots constituent une tentative de retranscription d’un rire sardonique, dans « Tintin », ils font pareil). Notre François Fillon, celui qui, même mis entre Vladimir Poutine et Claude Guéant, paraît froid et distant, le même. Ou alors, comme il y aurait un sosie de Nicolas Sarkozy, selon SAS Alain Rémond, il y aurait également un sosie de François Fillon, c’est possible aussi. En tous cas ça expliquerait un tel revirement, un tel changement d’attitude. Car non content de sourire, il a enchaîné dans un discours que l’on peut qualifier sans mentir d’hilarant, marchant ainsi dans les pas illustres de son génial prédécesseur, Jean Pierre Raffarin (qui a analysé finement cette semaine les élections municipales prochaines dans une de ses formules ou la pertinence le dispute à l’audace : « La politisation des enjeux ne signifie pas la nationalisation des sujets »). En effet, au lieu d’une banale conférence de presse, le Premier Ministre a préféré décliné cet exercice sur un mode très particulier, l’auto-interview, un exercice de style étonnant et hautement comique. Le principe est très simple : pour commencer, le premier ministre introduit son sketch par un sarcastique « Comme vous n'avez pas eu le temps de ciseler des questions, je vais les poser moi-même», il marque un arrêt pour une salve de rires, puis prend une mine pincée et interroge, l’air benoît « comment fonctionne le couple exécutif ?", aussitôt il se reprend, se drape dans sa dignité gouvernementale, et sourire aux lèvres : « Très bien ». Et comme ça 17 fois, pour finir par un magistral "Etes-vous un Premier ministre heureux ?" "Oui quand je suis avec vous." Im-pay-able, vous dis-je. Un véritable succès, en plus : des rires à profusion et des passages multi-diffusés dans les médias. Dans l’histoire de l’humour français, il y avait « le 22 à Asnières », « l’Auto-stoppeur » et « Paulette », il y aura désormais le déjà célèbre « Je fais moi-même les questions et les réponses ».

De plus, c’est un concept facilement adaptable pour notre Premier Ministre, qui pourrait s’assurer ainsi un triomphe à l’Assemblée : « Monsieur le Député du Parti Socialiste, vous alliez m’interrogez sur le manque de résultat de mon gouvernement et du peu d’efficacité de mes réformes. Et bien, je vous répondrai que… » ou encore « Mon cher ami le député de ma majorité, vous avez une question fayote qui vous brûle les lèvres, et bien sachez que…. ». Sans compter des variations possibles dans d’autres domaines. Par exemple lors des enquêtes de police, finis les interrogatoires fastidieux : « Monsieur l’inspecteur, vous allez me demander si j’ai bien assassiné mon épouse, mais je vous dirais que… ». Lors des entretiens d’embauche « Mais pour devancer toutes vos questions, mes différents diplômes et mes motivations sont… », ou enfin dans les jeux télévisés « Et bien Jean-Pierre, pour répondre aux questions que vous ne manquerez pas de me poser, je dirais pour la question 1, Napoléon III, pour la question2… »

Je ne sais pas quelle note obtiendra donc François Fillon lors des évaluations gouvernementales, mais à n’en pas douter, dans la catégorie « humour et originalité », ses résultats seront excellents (voire même supérieurs à ceux d’André Santini).